2021 Test XMG Apex 15 : un PC portable surpuissant mais pas assez pour oublier son écran et son boîtier décevants

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Schenker Technologies XMG Apex 15

La famille XMG, de l’assembleur allemand Schenker Technologies, réunit s es PC portables pour joueurs. Et leur particularité, c’est que vous pouvez vous-même composer leur configuration. Bien entendu, tout n’est pas à votre discrétion, vous devez choisir parmi un panel de composants suggérés en fonction du boîtier que vous aurez préalablement sélectionné.

Parmi eux se trouve l’Apex 15, annoncé à l’été. Avant de nous l’envoyer pour test, victime de son succès, les assembleurs ont dû attendre une nouvelle fournée du processeur que nous avions commandé : le Ryzen 9 3950X, d’AMD. Le plus puissant de sa génération et surtout un processeur pour PC de bureau. Ce n’est pas la première fois que l’on voit une telle prouesse réalisée par la marque. Même Dell s’est amusé à le faire sur l’Area 51m.

Pour le faire rentrer sous le clavier, XMG mise à la fois sur un très bon dispositif de refroidissement, et sur les capacités de la puce à pouvoir consommer moins de watts que nécessaire. Ce qui n’est pas sans contre-partie, mais n’en fait pas un CPU poussif 16 cœurs/32 threads pour autant. Loin de là.

Disponible à partir de 1500 euros environ, l’Apex 15 n’embarque que des processeurs AMD pour PC de bureau. Du Ryzen 5 au Ryzen 9, vous avez le choix. Sachez quenous avons fait assembler un ordinateur qui coûte aux alentours de 2500 euros, Windows 10 compris.

Nous n’avons pas eu le choix de l’écran (et vous ne l’aurez pas non plus) : 15,6 pouces Full HD mat, rafraîchi à 144 Hz et compatible Nvidia G-Sync. Nous avons cependant opté pour 32 Go de mémoire DDR4 de marque Samsung, un SSD 500 Go NVMe 970 EVO Plus, de Samsung, et, enfin, une carte 3D GeForce RTX 2070 Refresh (la GTX 2060 Refresh est aussi disponible). Voyons ce que donne cette association decomposants musclés.

L’Apex 15 ne passe pas du tout inaperçu

Le boîtier de l’Apex 15 aura bien du mal à se fondre dans le décor d’un bureau ou d’une salle de séjour. Et encore plus à se glisser dans une sacoche de transport qui ne soit pas adaptée à son gabarit.
Le format 15,6 pouces ne le destine déjà pas beaucoup à voyager. Si on y ajoute une épaisseur de 4,1 cm au plus haut et un poids de 2,6 kilos pour la machine seule vous vous rendrez à l’évidence : c’est un PC portable pour la maison. Surtout lorsque l’adaptateur secteur pèse à lui seul876 grammes. Si vous aviez prévu de partir en voyage avec l’Apex sous le bras, ce ne sera pas possible.
En plus de quoi, iltient à peine plus de 50 minutes sur batterie en autonomie polyvalente et 39 minutes en lecture vidéo. Juste le temps de regarderun épisode d’une série. Pas plus.

Schenker Technologies XMG Apex 15

Les lignes du boîtier ne sont pas non plus les plus passe-partout que l’on est vues. Elles sont épaisses assez anguleuses, certains les trouveront même grossières. Côté matière de construction, le plastique noir et épais est présent sur toute la moitié inférieure quand un alliage de magnésium recouvre, pour sa part, le plateau interne du clavier et le dos de l’écran. Globalement, la structure est robuste et taillée pour durer. On pourra toutefois lui reprocher un léger manque de rigidité du capot de l’écran qui a tendance à s’affaisser légèrement si on s’appuie un peu trop dessus.

Précisons enfin que le boîtier est particulièrement prompt à conserver lestraces de doigts. Nous ne comptons plus le nombre de fois où nous avons dû nettoyer le capot et le plateau intérieur au cours de notre test. Pénible.

Une ergonomie et un clavier gaming à revoir complètement

Après avoir passé plusieurs heures sur la machine à jouer, surfer, brancher et débrancher nos périphériques, nous avons plusieurs remarques à formuler.

Pour commencer, le fait d’avoir positionner à l’arrière les sorties vidéos HDMI et mini DisplayPort, la seule interface USB Type-C (3.2 Gen 2 pouvant servir de sortie vidéo mais pas dispenser de courant) et la prise d’alimentation de l’Apex est une bonne idée. La prise réseau aurait eu tout à fait sa place là aussi.

À lire aussi – USB : on vous expliquece que peuvent vous offrir les prises de vos PC actuels et à venir

Schenker Technologies XMG Apex 15

Le concepteur a fait le choix de la positionner à gauche, sans doute à cause du gros système de dissipation présent dans les entrailles de la machine. C’est aussi là que siègent les deux prises USB 3.2 Gen 2 de la machine et… un lecteur de carte microSD. Pas banal, mais pourquoi pas.

Schenker Technologies XMG Apex 15

À droite, il y a une prise USB 2.0 (en 2020 quand même !), la prise casque et la prise micro. Il est surprenant de les trouver ici ces deux-là. Surtout qu’elles sont positionnées pile dans l’axe de déplacement latéral de notre souris de joueur. Nous sommes venus heurter pas mal de fois les prises jack de notre casque analogique pendant nos tests, et avons fulminé, évidemment. Enfin, pour les connexions sans-fil, un module combinant à la fois le Wi-Fi 6 et le Bluetooth 5.0 est présent.

Schenker Technologies XMG Apex 15

Le clavier est bien moins bon que celui du modèle NEO 15 reçu et testé en même temps que l’Apex. Les touches nous ont rappelé celles d’un PC portables gaming d’entrée de gamme : molles, pas très réactives et assez désagréables au toucher. Les amateurs de RGB en tout genre seront frustrés : il est impossible de faire varier la couleur du rétroéclairage des touches autrement que d’un bloc.

Schenker Technologies XMG Apex 15

Enfin, le touchpad – serti d’un lecteur d’empreintes digitales – est trop déporté sur la gauche du plateau. Lorsque les mains reposent sur le devant du clavier, il est fréquent que le pouce gauche provoque un mouvement involontaire du curseur. Si vous connectez une souris externe à la machine (et on vous le conseille), sachez qu’il est possible de désactiver le touchpad en pressant simultanément FN+F1. Plus de dérapage incontrôlé possible, et plus de pouce baladeur pour vous faire louper le magnifique headshot que vous apprêtez à placer sur votre adversaire.

Le gros moteur de l’Apex impressionne

Nous ne reviendrons pas en détail sur l’énorme mécanique qui se trouve sous le clavier de l’Apex, nous l’avons déjà détaillée par le menu plus haut. Toutefois, il faut apporter une précision importante : le Ryzen 9 3950X est bridé à 65 watts. C’est assez logique car l’objectif est d’éviter, d’une part,d’avoir besoin d’un second bloc d’alimentation pour nourrir le monstre et, d’autre part, qu’il ne chauffe à outrance… Une surchauffe empêcherait de l’utiliseraux meilleures de ses capacités à cause d’effets de throttling (fréquences abaissées automatiquement pour éviter toute dégradation en cas de chauffe importante).

Le Ryzen 9 turbine ici à 2,6 GHz (contre 3,5 GHz normalement) sur ses 16 cœurs. Et tous les threads sont activés, bien entendu. Toutefois, il ne pourra pas atteindre la vitesse Turbo de 4,7 GHz à laquelle il peut monter dans un PC de bureau. Il se hisse tout de mêmeà 4,1/4,2 GHz. Ce qui est déjà très bien pour la plupart des applications et des jeux vidéo.

XMG a aussi eu le bon goût de glisser de la mémoire à fréquence élevée, et comme les Ryzen d’AMD y sont très sensibles, cela ne pourra que réussir à notre processeur. Enfin, vu la puissance de calcul développée par le 3950X, ce serait un comble que nous constations des soucis de saturation au niveau de la communication entre le processeuret la carte graphique Nvidia, mais le fait que la définition de la dalle ne soit pas plus élevée pourrait bien venir chambouler un peu la donne.

Schenker Technologies XMG Apex 15

Dans notre liste des composants, nous avions simplement oublié de mentionner qu’une puce audio de qualité supérieure était présente dans la machine. Ne vous laissez pas abuser par l’autocollant, ce n’est pas une puce Sound Blaster 6 qui gère les enceintes stéréos de l’Apex. En revanche, le composant audio tire avantage des algorithmes d’amélioration sonores et de qualité audio que le logiciel SB6 peut apporter lorsqu’il est utilisé pour jouer, regarder un film, etc. Il est toutefois à utiliser avec parcimonie et à régler selon vos tympans car les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous.

Place à l’action désormais. Dans les tableaux ci-dessous, nous avons pris comme machines de comparaisons plusieurs PC portables récents, testés par nos soins, qui embarquent les derniers processeurs Intel haut de gamme sur lesquels nous avons pu mettre la main. Et nous avons aussi réutilisé les résultats obtenus lors de notre test du PC de bureau Dell Alienware Aurora Ryzen Edition, équipé d’un Ryzen 7 3700X.

Précisions que toutes les machines embarquent au moins 16 Go de mémoire, que les jeux et applis sont tous installés sur les SSD et, surtout, que toutes ont des puces GeForce RTX 2070, qui sont soit des modèles classiques, soit des versions Super ou encore… Super Max-Q.

Bien, les scores analytiques se passent de tout commentaire, l’Apex 15 reste devant, voire pulvérise les quelques concurrents que nous lui avons opposés et ce, alors qu’il est au régime. Même le PC de bureau Dell/Alienware dont le processeur Ryzen 7 3700X n’est pas un enfant de cœur, se retrouve loin derrière… sauf dans 3D Mark Time Spy, un test qui reflète les performances absolues dans les jeux vidéo DirectX12 et bourrés de polygones complexes. Ca tombe bien, la transition est toute trouvée pour passer aux épreuves vidéoludiques.

Nous avons pris notre panel usuel de jeux, et comme nos réglages demeurent les mêmes à chaque fois, nous pouvons toujours comparer les générations ou les types de machines les unes par rapport aux autres.

Nous nous attendions à retrouver des écarts similaires et, en fait, le Ryzen 9 bridé offre des performances légèrement supérieures à celle d’une configuration équipée de l’un des Core i7 de dernière génération d’Intel, surtout sur les jeux les plus récents. Dirt 3 constitue ici l’exception : le Ryzen 9 s’en donne à cœur joie.

Là où le bridage est flagrant, c’est dans le duel Ryzen 7 contre Ryzen 9. Le processeur logé dans le PC de bureau Alienware n’a pas de limite donc il s’impose assez naturellement face à son grand frère, et parfois de manière assez importante (+20% environ dans The Division).

Toutefois, les scores montrent bien que les jeux sont fluides, rapides et ce, même si vous poussez les graphismes à fond comme nous le faisons pour nos tests. Bilan, peu d’applications parviendront à le mettre à genoux, soyez-en certains.
Avec cette carte graphique à bord vous êtes aussi tranquilles pour un bon bout de temps. Si vous pouvez toutefois encore attendre un peu, il y a des chances que XMG mette à jour sa plate-forme sous peu avec de nouveaux processeurs AMDet peut-être même avecles versions mobiles des actuelles RTX 3000.

Dans les entrailles de l’Apex

Avant d’aborder les questions dubruit, de la chauffe et de laconsommation, parlons évolution. Nous le disions en introduction, vous pouvez choisir les composants de votre recette Apex au moment de l’acheter. C’est super. Mais ce qui est encore mieux c’est que vous pourrez le faire évoluer a posteriori surtout si, comme nous, vous vous êtes limités au strict minimum en matière de stockage par exemple.

Sachez que l’Apex possède un emplacement M.2 pour SSD NVMe supplémentaire, juste en dessous de celui déjà monté sur la carte mère. Stockage encore avec la possibilité d’ajouter un disque dur ou un SSD au format 2,5 pouces dans un emplacement spécialement prévu à cet effet. La connectique SATA et l’alimentation idoine sont déjà installées dans la machine.

L’accès aux barrettes mémoire est enfantin, les ôter aussi. Vous pourrez ainsi passer de 16 à 32 ou de 32 à 64 Go si vos besoins l’exigent.

Schenker Technologies XMG Apex 15

Pour refroidir le Ryzen et la carte graphique Nvidia, l’Apex ne lésine pas sur les moyens. En témoigne la photo ci-dessous. À gauche, le dispositif qui refroidit le processeur Ryzen 9 et, à droite, celui chargé de tempérer les ardeurs du GPU et de sa mémoire GDDR6.

Schenker Technologies XMG Apex 15

La chauffe contenue mais ressentie

Ce dispositif est, vous vous en doutez, efficace. Le GPU ne throttle jamais. Le CPU ? De rares fois. Il reste au-dessus de la valeur que lui impose le manque de watts. Il enclenche en permanence le mode Turbo et essaie d’y rester. Sauf qu’au bout d’un moment, il ne tient plus. Les fréquences s’effondrent pendant 30 secondes à 1 minute et repartent de plus belles à la hausse. Il ne s’est jamais cantonné à sa vitesse de croisière pour éviter ses moments de faiblesse. Un comportement étrange qui pourrait être corrigé par une mise à jour de BIOS.

Sachez toutefois qu’en utilisation classique, même lourde, le Ryzen devrait se conduire normalement. Nos tests de montée en charge sont particulièrement vicieux et sont plus là pour pousser les machines à bout que pour les dorloter.

Nous avons passé l’ensemble du boîtier au pistolet thermique. Sur le plateau du clavier, les zones de chauffe sont principalement situées sur la partie gauche du touchpad (43,1°C), au niveau des reposes-paumes et sur toute la zone centrale et principale (46 à 48°C).

Sous la machine,on monte jusqu’à 56°C, l’essentiel de la chaleur étant concentrée au niveau des caloducs et des ventilateurs. Un conseil ? Surélevez l’Apex 15 légèrement à l’aide d’une petite cale lorsque vous l’utilisez afin que l’air circule mieux sous la machine. Vous limiterez ainsi les effets de chauffe ressentis qui ne sont, à l’usage, que moyennement dérangeants.

Il fait beaucoup trop de bruit

Le système de refroidissement est efficace parce que les ventilateurs n’ont pas peur de donner de la voix. Ils sont même très bruyants quand on commence à trop taper dans les ressources de la machine. Ci-dessous, une capture de l’interface du logiciel,un peu spartiate mais efficace, de la machine. Vous pouvez choisir de laisser la carte mère prendre les commandes et, le cas échéant, lui forcer la main(fonction Offset, capture à gauche de la séparation).

Sinon, vous pouvez pousser les turbines au maximum, en permanence. La solution intermédiaire, que nous vous conseillons : créer votre propre profil de ventilation, en définissant des paliers (capture à droite de la réglette). Cela vous prendra un peu de temps mais vos tympans vous remercieront.

Nous avons effectué nos mesures en laissant le mode automatique activé et en lançant nos tests habituels. La ventilation atteint 57,1 dB ce qui est bien trop élevé pour nos tympans fragiles. C’est même insupportable plus de 15 minutes sans mettre un casque audio pour atténuer le bruit. Carton rouge !

Nous n’avons pas gardé le meilleur pour la fin

Finissons par l’écran 15,6 pouces de l’Apex 15. De loin, il fait illusion. Sa dalle mate permet de limiter les reflets parasites, la charnière offre assez d’inclinaison pour bien adapter l’angle de vue en fonction de votre siège et de votre bureau. Son taux de rafraîchissement rapide et la taille de l’image Full HDoffrent une bonne réactivité en jeu, et la carte graphique est à l’aise, comme nous l’avons vu plus haut.

Si vous activez la technologie G-Sync, la RTX 2070 le sera davantage mais, attention, car dans certains titres le fait que la dalle ne puisse pas dépasser les 144 Hz (et donc que la carte ne débite pas plus de 144 ips) pourra gêner les plus exigeants… ou fous de performances.

Schenker Technologies XMG Apex 15

Nous avons mesuré la luminosité maximale moyenne à 279 cd/m2, c’est très faible. Les seules valeurs au-dessus de cette moyenne se trouvent dans le coin supérieur gauche (288 cd/m2) et au centre (304 cd/m2). Une luminosité bien trop faible au vu du prix demandé.

Le taux de contraste, pour sa part, culmine à 929:1. Ce n’est pas brillant (pour une dalle mate). En outre, deux effets de clouding (taches lumineuses dans les zones sombres) se remarquent en haut à gauche et en bas à droite de l’écran. Ces zones sont donc extrêmement lumineuses, même quand on affiche une image sombre. Elles plombent donc le contraste. De fait, le score d’homogénéité est à 0,118 : on est dans le rouge.

Allez, on achève bien les chevaux, pourquoi pas les pixels ! La colorimétrie est fausse. Nous avons mesuré un Delta E de 5,69. Les bleus sont tous faux, sans exception et bavent même sur le rendu des gris. Merveilleux. L’espace colorimétrique sRGB est toutefois couvert à 95% mais pour de la retouche d’image de qualité, il faudra obligatoirement passer par une sonde de calibrage.

La source officielle de cet article : 01net.com

Roberta Flores
Roberta Flores
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