Fin du cuivre, 5G, vente des pylônes, IA, Djingo

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Orange Engage 2025

L’avenir d’Orange – au moins pour les cinq prochaines années – passera par le déploiement de la fibre, éventuellement avec des partenaires, la mise en vente d’une partie de ses pylônes pour la téléphonie mobile, un renforcement des activités en Afrique et au Moyen-Orient, la banque en ligne et l’IA à tous les étages. Voici le détail du plan Engage2025.

Début 2015, Orange avait présenté son plan Essentiels 2020 où il était notamment question de plus de 15 milliards d’euros d’investissement sur les réseaux fixes et mobiles, de simplification de l’accès au service client et d’une amélioration des finances.

Le plan arrive à son terme (avec une bonne partie des objectifs atteints), il est donc temps d’en dévoiler un nouveau : voici donc Engage 2025 qui, comme son nom l’indique, prend la relève jusqu’en 2025. Il s’articule autour de quatre principaux piliers : réinventer le métier d’opérateur, accélérer sur les territoires porteurs de croissance, placer la data et l’intelligence artificielle au cœur du modèle d’innovation et construire l’entreprise de demain.

Exclus du numérique, économie circulaire et énergie renouvelable

Première annonce, le groupe s’engage d’ici 2025 (vous l’avez ?) à ouvrir « un Orange Digital Center dans toutes les régions du Groupe et dans ses divisions opérationnelles en France ». Le but sera de « former et accompagner les exclus du numérique », notamment en leur permettant d’accéder à Internet.

L’opérateur proposera aussi de nouvelles offres pour les foyers à faibles revenus en Europe à l’image de son « gigas solidarios » en Espagne et de l’abonnement « coup de pouce » en France. Il s’agit pour rappel d’une Livebox (xDSL ou fibre jusqu’à 300 Mb/s) avec décodeur TV à 19,99 euros par mois sans engagement. Elle est réservée aux bénéficiaires d’un quotient familial CAF inférieur ou égal à 700 euros, avec une nouvelle vérification tous les deux mois. Pour le moment, Sosh reste moins cher avec une promotion à 14,99 euros par mois la première année (sans la télévision).

Sur un sujet d’actualité, le réchauffement climatique, Orange affirme qu’il se fixe un objectif ambitieux : « anticiper de 10 ans les objectifs de la GSMA en étant neutre en carbone d’ici 2040, malgré l’explosion des données sur les réseaux ». Pour y parvenir, la société augmentera évidemment son utilisation d’énergies renouvelables afin d’atteindre 50 % en 2025.

Mais ce n’est pas la seule piste : l’opérateur « s’appuiera davantage sur l’économie circulaire avec par exemple, des produits eco-conçus, des équipements réseaux de seconde main et davantage de terminaux d’occasion disponibles dans les boutiques ». Ce changement est déjà visible sur la Livebox 5, mais quelque peu gâché par les joies du marketing…

Partage du déploiement de la fibre, préparer la fin du cuivre pour 2030 en France

Sur la fibre, le FAI affirme qu’il sera en mesure de commercialiser ses offres sur pas moins de 65 millions de foyers en Europe d’ici 2023, mais le chiffre pour la France n’est pas connu. Il est aussi question de l’inévitable montée en débit (l’opérateur propose actuellement jusqu’à 2 Gb/s « partagés »), mais aussi de continuer à développer les « offres de sécurité voire de téléassistance ». En avril, le service de télésurveillance 24/7 Maison Protégée a vu le jour (lire notre analyse).

Sur le déploiement de la fibre, Orange « pourra être amené à s’associer à des partenaires. C’est l’objectif du projet de création dès 2020 d’une filiale en France, Orange Concessions, qui regroupera les 4 millions de prises des Réseaux d’Initiative Publique (RIP) appartenant aux collectivités locales et dont Orange est concessionnaire ».

Le changement de paradigme est important : « la filialisation de cette activité permettra à Orange de saisir les opportunités potentielles de développement ou de consolidation sur ce marché. En Espagne et en Pologne, Orange envisage aussi de partager les futurs déploiements FTTH avec d’autres opérateurs via des FiberCos, en impliquant éventuellement des tiers ». Rien n’est précisé concernant la France.

Sur l’Hexagone, le fournisseur d’accès ne cache pas ses ambitions de transition vers la fibre : « après une première phase d’expérimentation, le décommissionnement du cuivre démarrera dès 2023 et devrait aboutir en 2030 ».

Lancement de la 5G en 2020, cœur de réseau 5G à partir de 2023

Bien évidemment, la société répond présente sur la 5G : « Après un premier lancement commercial en Roumanie, le déploiement de la 5G commencera en 2020 dans l’essentiel des pays européens où le Groupe est présent ». Au lancement les débits seront les premiers à profiter de cette nouvelle technologie, Orange promettant de faire « x10 », sans plus de précision.

Est-il question de 10x 150 Mb/s (au lancement de la 4G) ou de 10x 1 Gb/s (que l’on peut actuellement atteindre) ? Mystère, mais on a déjà vu les opérateurs dénigrer leurs réseaux d’anciennes génération pour mettre en avant les nouveaux.

Il faudra ensuite attendre quelques années pour que la « vraie » 5G arrive : « à partir de 2023, lorsque les cœurs de réseau passeront en 5G, Orange sera en mesure d’offrir une latence réduite et de faire du network slicing, c’est-à-dire de prioriser certaines tranches du réseau pour couvrir des usages critiques ou des besoins spécifiques ».

Pour développer plus rapidement et à moindre coût son futur réseau, Orange « va s’appuyer sur des accords de RAN-sharing, tout en maintenant des zones de différenciation ». Des accords ont déjà été signés en Pologne, en Roumanie, en Espagne et en Belgique… mais là encore rien pour la France pour le moment.

Orange Engage 2025

Entre 2,5 et 3 milliards d’euros pour les fréquences 5G

Lors d’une conférence de presse, Stéphane Richard s’est laissé aller à une estimation sur le montant de l’attribution des fréquences 5G : le prix total se situerait selon le président d’Orange entre 2,5 et 3 milliards d’euros, comme le rapporte Reuters. Pour rappel, le gouvernement a établi le prix de réserve à 2,17 milliards d’euros, bien supérieur au « grand maximum » de 1,5 milliard de Sébastien Soriano.

Les opérateurs ne sont pas contents : « Cette décision n’est pas cohérente avec ce qui a été avancé ces derniers mois par le gouvernement. Nous sommes dans une équation inédite et déraisonnable », lâche le président de la FFTélécom. De son côté, Bercy affirme que « le montant est particulièrement honnête ». « Les opérateurs nous accusent de leur faire les poches. Il faut remettre cela en perspective. Nous cédons quatre blocs d’une taille suffisante pour opérer à un prix extrêmement favorable et fixe. Aucun des grands pays voisins de la France ne l’a fait  », ajoute le gouvernement.

Mobile : Orange prépare aussi la séparation/vente d’une partie de ses pylônes

Comme l’ont déjà fait Altice (SFR), Bouygues Telecom et Iliad (Free), Orange va créer dans la plupart des pays européens des « TowerCos, c’est-à-dire des entités dédiées à la gestion des tours » pour les antennes des réseaux mobiles. But de l’opération : « mieux valoriser les 40 000 tours de son réseau mobile détenues en propre en Europe », dont une bonne partie en France.

« Aujourd’hui nous estimons que la valeur de l’ensemble de nos réseaux n’est pas reflétée dans nos cours de bourse », se justifie Stéphane Richard. « C’est un véhicule qui nous permettra un rôle éventuel de consolidation au niveau européen », ajoute-t-il.

Dans tous les cas, la société affirme qu’elle « gardera le contrôle de ces entités dans tous les pays européens ». Les premiers travaux débuteront en 2020 en France et en Espagne. À terme, l’idée de regrouper tout ou partie des entités locales, dans une « TowerCo européenne », dont Orange garderait là aussi le contrôle majoritaire, n’est pas à exclure.

Le plan Engage2025 est aussi l’occasion d’annoncer la vente de « 1 500 sites non stratégiques en Espagne » à Cellnex, qui en a déjà racheté à Bouygues Telecom et 70 % d’Iliad TowerCo. Montant de l’opération : 260 millions d’euros. Selon des analystes, les pylônes de téléphonie mobile d’Orange pourraient être valorisés entre 10 et 13 milliards d’euros.

Orange Engage 2025

Développer les activités en Afrique Moyen-Orient, les services B2B et financiers

À l’international, Orange a des ambitions bien précises : « devenir l’opérateur du digital de référence en Afrique Moyen-Orient ». Le groupe affirme qu’il « aura déployé en 2020 la 4G dans la quasi-totalité des pays et s’appuiera sur des accords de RAN-sharing et des technologies innovantes (pylônes plus légers par exemple) pour étendre sa couverture en zone rurale ».

Pour les entreprises (B2B), les pistes restent les mêmes que précédemment : virtualisation des réseaux, fibre et 5G. La cybersécurité est aussi un axe de développement important, avec de grandes ambitions : « dépasser 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et être leader en Europe en 2023 ».

Malgré les critiques, Orange Bank semble donner satisfaction à l’opérateur, qui compte lancer son service dans tous les pays européens où il est présent d’ici 2025. Il est disponible en Espagne depuis fin novembre. Le plan Engage2025 est l’occasion de faire de nouvelles promesses : « Orange Bank développera de nouveaux produits autour du paiement, du crédit et de l’assurance et travaille sur une offre bancaire digitale spécifique pour les professionnels et les petites entreprises ».

Fin 2023, 5 millions de clients sont attendus chez Orange Bank, 400 millions d’euros de produit net bancaires et… l’équilibre financier. Le rendez-vous est pris dans quatre ans. Actuellement, Orange annonce avoir « conquis 500 000 clients après 2 ans d’existence ».

De l’IA à tous les étages, Djingo comme « interface vocale directe avec le client »

Sujet d’actualité et mots clés incontournables dans les communiqués des sociétés numériques, l’intelligence artificielle et le traitement donnés sont mis en avant. Orange compte les utiliser pour « améliorer l’expérience client, qui combinera le meilleur du digital et de l’humain »… une belle promesse dont on attendra de voir la concrétisation.

Ce n’est pas tout : l’intelligence artificielle permettra aussi d’optimiser les déploiements des réseaux, de faciliter la maintenance, de réduire les coûts, d’augmenter la qualité de service, d’améliorer la détection des fraudes, de soigner le canc… bref vous avez compris l’idée.

Voici l’avenir vu par l’opérateur sur la relation client : « D’ici 2023, le nombre d’appels vers les call-centers en Europe aura diminué de 55 %. En parallèle, Orange s’appuiera sur Djingo, qui deviendra une interface vocale directe avec le client, et sur l’application Orange & Moi, dont le nombre d’utilisateurs doublera en 2023 pour atteindre près de 50 millions ». Fin 2014, Orange voulait pour rappel simplifier son service client et annonçait la mise en place de 40 mégastores en 2018. Cet objectif est largement loupé puisque le document de référence 2018 ne fait état que de « 16 Mégastores ».

En 2025, l’entreprise se voit bien différente d’aujourd’hui : « elle sera plus internationale, plus orientée B2B et à la pointe des nouvelles technologies ». Pour y arriver, elle compte bien former ses employés en investissant « 1,5 milliard d’euros dans un programme de renforcement des compétences ouvert à tous les collaborateurs dans le monde.  En particulier, 20 000 collaborateurs seront formés à la virtualisation des réseaux, l’intelligence artificielle, la data, le cloud computing, le code et la cybersécurité ».

Objectifs financiers à l’horizon 2023

Stéphane Richard profite de la publication de son plan d’avenir pour envoyer un message au gouvernement : « Je n’ai aucune indication d’une quelconque volonté de l’Etat de faire évoluer sa participation chez Orange […] Je ne souhaite pas un désengagement de l’État ». Il ajoute : « L’actionnaire de référence d’Orange, c’est l’État. C’est un élément de stabilité et d’accompagnement stratégique de l’entreprise ».

Orange dévoile enfin ses ambitions sur le plan financier : « Sur la base d’un EBITDAaL 2019 en légère croissance, et après un EBITDAaL 2020 stable positif, le Groupe vise une croissance annuelle de l’EBITDAaL comprise entre 2% et 3% par an en moyenne sur la période 2021-2023 […] Le Cash-Flow organique des activités télécoms partant d’une base supérieure à 2 milliards d’euros en 2019 et 2020 sera en croissance avec une cible comprise  entre 3,5 et 4 milliards d’euros en 2023 ».

La cible du ratio dette nette/EBITDAaL des activités télécoms reste la même, « autour de 2x à moyen terme ». C’était déjà l’objectif du plan Essentiels2020. Au dernier bilan comptable (fin 2018), le ratio était de 1,93x, en phase avec les prévisions. Au 31 décembre, le groupe avait d’ailleurs signé une bonne performance avec 41,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, après des années 2015, 2016 et 2017 comprises entre 40,2 et 40,9 milliards d’euros.

Enfin, Orange indique qu’elle « versera un dividende annuel de 70 centimes a minima par action sur la période, sans exclure une hausse éventuelle »… une annonce qui n’a pas spécialement enthousiasmé la bourse, où le titre est en baisse de 4,5 % depuis l’ouverture de la séance.

La source officielle de cet article : nextinpact.com

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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