A cause du coronavirus, le secteur du luxe voyage en terre inconnue

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A cause du coronavirus, le secteur du luxe voyage en terre inconnue

Le chiffre donne le tournis. Samedi 11 avril, au premier jour de l’ouverture de son magasin de Guangzhou (Canton), en Chine, Hermès a vendu pour 2,46 millions d’euros de marchandises. Installée dans la ville depuis 2004, la marque française a vu affluer des clientes VIP dans ce magasin de 500 m². Beaucoup ont publié des photos de leurs achats sur les réseaux sociaux. L’une d’elles y a dévoilé son ticket de caisse : un million de RMB, soit plus de 129 500 euros, pour un sac en peau de crocodile, des chaussures et des vêtements, d’après le magazine professionnel Women’s Wear Daily (WWD). Interrogé par Le Monde, Hermès n’a pas souhaité commenter cette information, sans toutefois démentir ce chiffre fou.

De fait, partout en Chine, les plus argentés des consommateurs s’adonnent aux achats dits de « revanche » ou de compensation, après 44 jours de confinement. Le marché des cosmétiques en a profité, en ligne, d’abord, puis en magasin, a reconnu Jean-Paul Agon, PDG de L’Oréal, dont les ventes ont progressé de 6,4 % dans le pays au premier trimestre. C’est maintenant au tour des marques de mode. « Au mois d’avril, les boutiques Dior et Louis Vuitton ont enregistré des progressions de ventes parfois supérieures à 50 % », a convenu Jean-Jacques Guiony, directeur financier du groupe LVMH, jeudi 16 avril.

Une fréquention « en deçà »

Le secteur du luxe rêve que la consommation se réveille avec une telle énergie partout en Chine, après un mois et demi de sommeil imposé par les mesures de confinement. Car 35 % des ventes dépendent de la clientèle chinoise, lors de ses achats dans le pays et à l’étranger. Mais, pour l’heure, le bilan n’est pas partout flamboyant. Chanel a rouvert l’ensemble de ses boutiques en Chine. Mais, malgré un « bon niveau de ventes », la fréquentation demeure « en deçà » des niveaux enregistrés avant crise. LVMH a dévoilé jeudi avoir perdu 32 % de chiffre d’affaires en Asie au premier trimestre.

Et il faudra sept mois et demi au minimum pour que le marché recouvre la santé, jugent 28 de ses hauts dirigeants interrogés par les cabinets Bernstein et Boston Consulting Group. Les résultats trimestriels de LVMH laissent deviner combien la route sera longue. La chute d’activité atteint 10 % dans sa division mode, dont dépendent Louis Vuitton et Christian Dior. Elle s’élève à 26 % pour ses marques de joaillerie et montres et à 19 % en moyenne pour ses parfums et cosmétiques. Au total, le groupe essuie un recul d’activité de 17 % à structure et taux de change comparables.

Source officielle de cet article : Le Monde

Roberta Flores
Roberta Flores
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