À la Une de la presse hebdomadaire et magazine: le far-west du coronavirus

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À la Une de la presse hebdomadaire et magazine: le far-west du coronavirus

Comment se faire du blé avec du blé? Ou, en langage moins relâché, comment gagner beaucoup d’argent grâce à l’actuelle flambée des prix des denrées? En les exportant, pardi!

Mais l’État veille. Selon l’hebdomadaire L’Express, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, s’interrogerait sérieusement sur l’idée de «réquisitionner les stocks de blé des grossistes français» pour éviter une pénurie domestique, ce magazine évoquant même «le retour du rationnement».

En Afrique, c’est plus grave. Les trafiquants de faux médicaments s’en donnent à cœur joie, «du Sénégal au Cameroun», s’effare encore L’Express. Lequel journal signale que «2 tonnes d’hydroxychloroquine falsifiée ont été saisies au Niger, le 26 mars, et 1 tonne de médicaments contrefaits, y compris des antiviraux et du paracétamol, a été découverte à l’aéroport d’Abidjan, la semaine dernière».

Comme le dit à ce magazine Arouna Diarra, président de l’ordre des pharmaciens de Côte d’Ivoire, «dans la rue, des boîtes de 100 comprimés, au contenu inconnu, se vendent jusqu’à 12 euros. N’importe quel produit dont le nom se termine en « -quine »ou qui présente un goût amer, comme la nivaquine, trouve preneur». Le coronavirus? Un vrai far-west, en effet.

Justement, dans ce cauchemar, ce sont bien les pauvres qui trinquent. En Afrique comme ailleurs :

La pandémie de coronavirus est «d’abord et surtout une maladie de pauvres», remarque L’Obs. Outre le personnel soignant, en «première ligne», elle affecte surtout les «sans-grades,[…]tous les invisibles, les précaires», que cet hebdomadaire appelle désormais, non-pas les «premiers de cordée» (lesquels, jadis, étaient si chers à Emmanuel Macron), mais les «premiers de corvée». Dorénavant, en France, «derrière les premiers de cordée s’affirme le peuple des premiers de corvée. Une sorte de nouveau tiers état», formule ce magazine.

Exemple aux Etats-Unis, où «ce sont les Noirs qui sont les grandes victimes de l’épidémie, pointe encore L’Obs. […]A Chicago, la population afro-américaine représente un tiers des habitants, mais plus de 70 % des malades»… Du far-west au coronapartheid au pays de l’Oncle Sam.

En France, pendant le confinement, la menace terroriste n’a pas disparue :

C’est ce que dit le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure, Nicolas Lerner, au Parisien Dimanche. Ce journal signale que «neuf enquêtes judiciaires ont été ouvertes depuis le confinement» et que les services de renseignement «ont réalisé trois visites domiciliaires chez des «cibles» islamistes entre le premier jour du confinement et le 15 avril».

Sur même période, «le placement de 22 individus radicalisés sous mesures individuelles de surveillance» a été demandé (c’est l’équivalent des assignations à résidence, précise Le Parisien Dimanche). Lequel journal signale que, depuis le confinement, «six (détenus) condamnés pour terrorisme (ont été) libérés pour fin de peine».

La presse magazine continue cette semaine de porter la plume dans la plaie de la communication gouvernementale. Le 16 mars, par exemple, Emmanuel Macron martelait que nous étions «en guerre» contre le virus. Mais aujourd’hui, le président de la République ne le dit plus :

Et pour cause, car lorsque le président dit «Nous sommes en guerre» et que la seule manière de pouvoir combattre, pour la majorité d’entre nous, est de «rester sans bouger, vautrés sur un canapé», c’est ce qui s’appelle un paradoxe, pour ne pas dire plus. Et de cela, même un magazine féminin comme Elle s’en agace.

Ce journal, que nous citons ici volontiers pour la première fois, dénonce les «injonctions paradoxales» de l’exécutif.

Ne plus dire que «nous sommes en guerre» ? Pourtant, dans ce même magazine Elle, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, file la métaphore guerrière, en lançant cette mise en garde : «Il faut faire attention à ceux qui sont en train de tenir l’arme au milieu de la ligne de front. Ce n’est pas quand le soldat est en train de tirer qu’il faut lui demander de viser 5 millimètres vers la gauche et lui dire qu’il aurait dû anticiper plus de chargeurs», déclare donc la porte-parole du gouvernement dans Elle.

Alors ? Alors, en Une, ce journal se lâche en osant demander si Sibeth Ndiaye est, «le bouclier (ou) le maillon faible» du gouvernement. Shocking ! Elle, nouveau journal satirique de la presse française ? On se pince.

On le voit, vivement la fin du confinement. À Paris, comment cela va-t-il se passer ? :

«500 000 masques seront disponibles fin avril pour les Parisiens» annonce la maire de la capitale française Anne Hidalgo dans Le Journal du Dimanche.

L’édile estime qu’il est «vraiment nécessaire» de rendre ces masques obligatoires dans les transports et elle se dit moyennement favorable au traçage numérique pour «collecter des données personnelles dont on ne sait pas par qui elle seront captées ou achetées», déclare donc la maire de Paris au JDD.

Reste l’après-coronavirus, au sujet duquel certains ont comme un doute :

Rien ne sera jamais plus comme «avant» ? Dans L’Obs, l’écrivain espagnol Javier Marias n’y croit pas du tout, et il remarque que «souffrir ne nous rend ni plus intelligents ni plus rationnels. […]La peur non plus». L’auteur de L’homme sentimental prévient qu’au contraire, la peur est «l’un des facteurs les plus efficaces de l’abêtissement des peuples».

De son côté, Le Figaro Magazine moque la «contrition personnelle» du président Macron. Car une fois encore, lors de sa dernière adresse aux Français, «l’apôtre de la mondialisation, de l’Europe et de l’individu a dû exalter la nation, la souveraineté, l’État, souligne Le Fig Mag. L’homme des métropoles, des start-upers, a dû faire l’éloge des infirmières, médecins, mais aussi caissières ou chauffeurs routiers. Lui qui, rappelle cet hebdomadaire, déclarait qu’il «n’y avait pas d’argent magique» face aux récriminations du personnel hospitalier annonce désormais un grand plan d’investissements pour la santé. Mais cette apostasie ira-t-elle au-delà des mots, se demande Le Figaro Magazine ? «Rien n’est moins sûr». À bons entendeurs…

Source du post : RFI

Roberta Flores
Roberta Flores
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