À la Une: un mal bien français

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À la Une: un mal bien français

Publié le :

Le Figaro s’énerve ce matin contre ce qu’il appelle le «carcan réglementaire», à savoir toutes ces «lenteurs bureaucratiques qui freinent la lutte contre le coronavirus.»

En effet, précise le journal, «la crise du coronavirus a jeté une lumière crue sur un mal bien français : les lourdeurs de notre appareil administratif. Elles expliquent en partie le parcours du combattant auquel a été soumis le corps médical pour se procurer des masques et des tests en nombre suffisant; les incohérences constatées ici et là pour associer dans l’urgence le secteur privé et la médecine de ville au système hospitalier; les difficultés rencontrées par les collectivités locales pour se faire entendre de Paris… Empêtré dans ses normes et ses procédures, notre pays a pris du retard dans la lutte contre le Covid-19 par rapport à des pays comme l’Allemagne, la Norvège ou l’Autriche.»

Et Le Figaro s’agace donc: «C’est lui, ce poison administratif, qui, depuis le début de la crise sanitaire qui nous frappe, ralentit, désordonne, décourage. C’est lui qui grippe la gigantesque machinerie de l’État. C’est lui qui explique qu’avec 56 % de dépenses publiques, une pression fiscale écrasante, des mères de famille en soient réduites à coudre des surblouses pour un hôpital qui en manque, que des élus locaux devancent les autorités dans la commande de masques, que des cliniques privées parfaitement équipées soient d’abord restées vides, quand l’hôpital public était submergé. C’est lui qui paralyse, de certification en validation, la chaîne de commandement.»

Alors, implore Le Figaro, «serait-ce trop demander à cet État qui peine à réunir des masques et des tests qu’il cesse d’être à ce point sourcilleux dans les détails (…)? Puisque aujourd’hui tout l’entrave, qu’il laisse faire ces Français innombrables qui conservent dans l’adversité – et les soignants en sont la plus belle preuve – leur ingéniosité et leur courage.»

La crise du coronavirus: un tremplin pour la gauche?

Autre thème, autre réflexion à la Une de Libération: et si on sortait de cette crise du coronavirus «par la gauche?» En effet, pose Libération: «Réhabilitation de l’État-providence, mise en évidence des excès néolibéraux, retour en force de la solidarité… Les valeurs sociales et humanistes apparaissent comme les remèdes naturels de l’après-pandémie.»

Alors, s’interroge le journal, «est-ce le temps de la revanche pour les idées de gauche? Et pour ceux qui les portent? (…) Sur le papier, oui, répond Libération: chacun comprend qu’on ne peut plus laisser un capitalisme prédateur et erratique présider au destin des hommes et des femmes. Chacun sent bien qu’il faut maîtriser démocratiquement le devenir d’une planète menacée par les crises de toutes sortes, sanitaire aujourd’hui, sociale et climatique demain, sans pour autant tomber, après le confinement des individus, dans le confinement des nations à l’intérieur de frontières fermées.»

Toutefois, dans les faits, constate Libération, la zizanie à gauche, avec son lot de haines et de rancoeurs, entrave cet élan, d’autant que les rivalités s’aiguisent à l’approche de la présidentielle. Ce qui n’empêche pas le journal, dans son édito, de souhaiter que l’on «trouve les voies et moyens d’un changement de majorité, dans la mesure où l’actuelle aura du mal, quoi qu’elle en dise, à brûler soudain ce qu’elle a adoré et appliquer un programme inverse de celui qui l’a portée au pouvoir.»

Le pangolin: pas coupable mais bien victime…

À lire dans Le Monde, cette passionante enquête sur… le pangolin.

«Lui qui aime tant vivre la nuit, le voilà en pleine lumière. Paisible quadrupède des forêts tropicales et des savanes, le pangolin est devenu l’objet de toutes les attentions. Le petit mammifère édenté est soupçonné d’être l’un des acteurs majeurs de la pandémie de Covid-19 qui a déjà tué près de 160000 personnes dans le monde en quatre mois à peine

Pourtant, ce n’est pas lui le coupable, mais bien l’homme, souligne Le Monde. « »Bien sûr que c’est nous », confirme Didier Sicard, professeur de médecine et spécialiste des maladies infectieuses. À l’instar du Covid-19, 75 % des maladies nouvelles qui affectent aujourd’hui les humains sont des zoonoses, c’est-à-dire des pathologies transmises par les animaux, rappelle le scientifique. « Notre total irrespect pour la faune et la flore conduit à réunir dans des conditions sanitaires scandaleuses des animaux vivants qui en principe ne se côtoient pas », s’insurge Gilles Bœuf, professeur invité au Collège de France. « Pensez par exemple à ces marchés asiatiques comme celui de Wuhan, la métropole chinoise d’où serait partie la pandémie. On y croise des civettes, des serpents, des crocodiles, des cygnes, des ânes, des chiens et, sous le manteau, des espèces interdites de vente comme les pangolins, notamment », décrit, tout aussi exaspéré, Didier Sicard, de l’Institut Pasteur du Laos. Cette promiscuité marchande forcée facilite les échanges de gènes de virus entre voisins de cage, pointe Le Monde, et multiplie les dangers d’infection. L’homme joue depuis longtemps avec le feu, en réalité, soupire le journal. La déforestation à marche forcée chasse les espèces sauvages de leurs habitats naturels. Les animaux approchent des villages et les écosystèmes vacillent. Le pangolin n’échappe pas à cette frénésie de développement mais il détient aussi un triste record : il est le mammifère le plus braconné au monde

Source du post : RFI

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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