Abécédaire de la ville : A… comme « Air urbain »

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Abécédaire de la ville : A… comme « Air urbain »

Tribune. Faisons un petit jeu… arrêtons de respirer pour voir si nous pouvons nous passer d’air. Evidemment, c’est impossible ! Nous ne pouvons pas nous passer d’un air respirable. Celui-ci l’est pourtant de moins en moins depuis les débuts de la révolution industrielle, au XIXe siècle.

A l’échelle du domicile personnel à celle de la planète dans son ensemble, les activités humaines ont durablement et profondément modifié l’atmosphère. Nous serions même entrés dans une nouvelle ère géologique, l’anthropocène, qui signifie « l’ère de l’humain ». Ce concept a été proposé par le Néerlandais Paul Joseph Crutzen, prix Nobel de chimie en 1995, et par l’Américain Eugene Stoermer, biologiste, afin d’insister sur le fait que l’influence de l’Homme sur l’environnement a atteint un niveau tel que l’ensemble des processus biophysiques terrestres (composition et dynamiques d’évolution de l’atmosphère, des océans, des sols, etc.).

Les réglementations qui ont vu le jour depuis le début du XXe siècle – en France, la loi Morizet de 1932 qui intègre pour la première fois la notion de pollution atmosphérique, qui à partir de 1961 ne se limite plus aux seules industries, mais intègre aussi les immeubles, les établissements agricoles, les ateliers artisanaux et les véhicules – en ce qui concerne les émissions polluantes dans l’atmosphère ont été d’une efficacité remarquable pour éliminer des substances telles que le plomb ou le souffre ou pour en réduire d’autres comme les oxydes d’azote.

Ces résultats concrets démontrent l’intérêt de faire dialoguer science et politique. Rappelons-nous à ce titre le cas d’école que fut le trou de la couche d’ozone. Découvert en 1985, celui-ci trouve son origine dans les émissions de chlorofluorocarbures (CFC), régulées par le protocole de Montréal, signé en 1987, et ses différents avenants, dès 1989. Le trou dans la couche d’ozone est actuellement en train de se résorber, même si certaines émissions « pirates » semblent limiter l’efficacité des actions mises en place.

Des outils de mesures insuffisants

Mais ces réglementations ne sont pas suffisantes. Dans les villes, le suivi de la qualité de l’air passe par des mesures issues des réglementations en vigueur, certes très utiles, mais qui ne prennent en compte qu’une petite fraction des polluants que nous respirons. Et se révèlent très suffisants à une appréhension plus générale de l’ensemble des changements en cours dans l’anthropocène. Pour certains scientifiques, il apparaît important de suivre autant de paramètres ou composés que nous sommes en mesure de le faire aujourd’hui, mais surtout de développer de nouvelles connaissances et méthodologies pour mieux anticiper ce qui adviendra dans le futur.

Source officielle de cet article : Le Monde

Roberta Flores
Roberta Flores
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