Les agences font le dos rond et gèrent les urgences

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Les agents immobiliers avaient connu début 2020 un démarrage en fanfare après, déjà, une très bonne année 2019. Mais leur activité commerciale a été freinée net avec la pandémie de coronavirus. Leur fédération professionnelle, la Fnaim, a annoncé dès le dimanche 15 mars la fermeture au public des 10.000 points de vente de ses adhérents. « Nous avons appuyé sur le bouton pause », résume Laurent Vimont, le président de Century 21, un réseau de 900 agences.

Ce qui n’empêche pas, poursuit-il, que « nous travaillons néanmoins d’arrache-pied. Cette semaine, nous avons dû gérer des emménagements », dit le dirigeant. Bailleurs et locataires ont réalisé l’état des lieux chacun de leur côté, sans se croiser dans les appartements. Les agents s’emploient aussi à rappeler tous les clients ayant un dossier en cours, signature de bail ou promesse de vente.

S’agissant des clients acheteurs, « il faut leur expliquer que les délais risquent d’être allongés pour l’obtention de leur prêt ou [pour la signature, NDLR] chez le notaire », souligne Laurent Vimont.

Signatures électroniques

Des signatures électroniques, à distance, peuvent être organisées par les études notariées, afin d’avancer en dépit des mesures de confinement. « Mais toutes ne sont pas équipées des outils nécessaires », note le directeur exécutif du réseau ERA France (400 agences), Eric Allouche. La Fnaim a d’ailleurs demandé au gouvernement d’organiser une réunion avec le Conseil supérieur du notariat (CSN), afin de « rétablir une continuité de service de la signature des actes ».

Chez Orpi, premier réseau français en nombre d’agences avec 1.300 points de vente, « nous traitons les appels, les e-mails et nous continuons à assurer les visites impératives pour les clients qui ont un besoin urgent de se loger, mais avec pas plus d’une personne par visite », explique sa présidente, Christine Fumagalli. « Quelqu’un peut, par exemple, devoir déménager rapidement parce qu’il a déjà vendu ou loué son propre bien. Il y a un effet de chaîne », observe-t-elle. Mais la dirigeante précise que « les visites ne sont menées que par les collaborateurs volontaires et qui ont été bien formés aux ‘gestes barrière’ ».

Visites virtuelles

Des visites virtuelles sont aussi organisées dans certains réseaux. Elles en laissent certains sceptiques. « Personne n’ira acheter une maison ou un appartement dans l’ancien sans l’avoir visité. C’est une vue de l’esprit », affirme Laurent Vimont, chez Century 21. « C’est sans doute vrai, mais cela permet au moins aux clients d’avancer dans leur recherche », veut croire Eric Allouche, chez ERA. Orpi partage la même vision.

Travailler les fichiers

Les agents immobiliers mettent également cette période à profit pour « faire tout ce qu’ils n’ont pas le temps de faire en temps normal », poursuit le patron d’ERA France. En particulier, travailler leurs fichiers clients et les remettre entièrement à jour. « Nous en profitons aussi pour organiser des formations », note-t-il. Même stratégie chez Century 21. « J’ai l’image d’un pêcheur qui est à quai pendant la tempête et prends le temps de réparer son bateau. C’est ce que nous faisons et quand l’activité va redémarrer, nous serons prêts », explique Laurent Vimont. « Il faut qu’on pense aujourd’hui à construire demain », abonde Christine Fumagalli.

Quant à savoir quel impact la crise actuelle aura sur le secteur, il est trop tôt pour le dire. « Tout dépendra évidemment de la durée du confinement. Nous aurons forcément un ralentissement de l’activité et le nombre de transactions réalisées en 2020 sera sans doute inférieur à celui de 2019, où nous avions crevé les plafonds avec plus de 1 million de transactions », rappelle la présidente d’Orpi.

« Le marché de l’immobilier résidentiel en France a d’excellents fondamentaux. Il est alimenté par une demande forte. Se loger est un besoin constant. Nous sommes confiants », indique de son côté le directeur exécutif d’ERA France.

En 2008, sous le coup de la crise financière, le secteur de l’immobilier ancien avait connu un net coup de frein, avec une chute du nombre de transactions, et même l’unique baisse des prix constatée ces douze dernières années . A l’époque, cependant, les banques avaient largement durci leurs conditions de crédit. Cette fois, les professionnels de l’immobilier veulent croire que le scénario sera différent.

Vers un prolongement du délai légal pour la tenue des assemblées générales de copropriétés

Avec l’épidémie de coronavirus, pas question d’organiser des réunions avec ses voisins, que ce soit pour le plaisir… ou pour tenir son assemblée générale de copropriété. Or, selon les professionnels du secteur de l’immobilier, pas moins de 350.000 AG devaient avoir lieu d’ici au 30 juin – la date limite fixée par la loi. Le gouvernement devrait légiférer par ordonnances pour permettre un report de ces assemblées générales, au plus tard le 31 décembre, et une reconduction des mandats de syndic en principe échus jusqu’à la tenue de ces réunions. Le projet de loi d’urgence lié au Covid-19 proposé au vote de l’Assemblée et du Sénat jeudi et vendredi va le lui permettre. Sans ces dispositions, les copropriétés sans syndic se retrouveraient de fait sous administration judiciaire. D’autres mesures sont attendues pour prolonger la validité des cartes professionnelles d’agents immobiliers arrivant à expiration.

 

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Pascal Guy
Pascal Guy
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