Assurance-vie : la question des réserves des contrats en euros divise épargnants et assureurs

Share on email
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Assurance-vie : la question des réserves des contrats en euros divise épargnants et assureurs

A l’heure où le coronavirus crée de fortes secousses sur les marchés financiers, la robustesse des compagnies d’assurance-vie est au centre de toutes les attentions. Ces dernières sont déjà mises à rude épreuve depuis quelques années avec l’environnement de taux d’intérêt négatifs. En effet, les assureurs doivent respecter les ratios prudentiels instaurés par la directive européenne Solvabilité 2 et détenir des capitaux suffisants pour faire face à une perte liée à un choc exceptionnel. Or, ce besoin augmente en situation de taux négatifs.

C’est dans ce contexte que Bercy est intervenu à la fin de l’année dernière pour soulager les bilans des assureurs. Résultat, un arrêté publié le 28 décembre 2019 permet désormais aux compagnies en difficulté, « dans des situations exceptionnelles », de reprendre dans leurs fonds propres les réserves non encore distribuées du fonds en euros, à condition de les reconstituer par la suite. Cela leur permet d’intégrer une partie de ces réserves – 70 % pour l’exercice 2019 – dans le calcul de leurs ratios de solvabilité.

Après la loi Sapin 2 de décembre 2016, autorisant les compagnies à bloquer les demandes de rachats en situation de crise, voilà un nouveau coup de canif dans le contrat, qui inquiète les épargnants. Rappelons qu’un assureur-vie a l’obligation de reverser à ses assurés 85 % de ses bénéfices financiers. Cette somme peut être versée directement ou venir alimenter la provision pour participation aux bénéfices (PPB), le terme technique pour désigner les fameuses réserves. Cette poche appartient à la collectivité des assurés et doit être redistribuée dans un délai maximum de huit ans.

A la fin de 2018, ce magot se montait à 55 milliards d’euros, selon les données compilées par Good Value for Money, soit l’équivalent de 3,90 % de rendement en stock. Et il avoisinait les 4,40 % à la fin de 2019.

Bon sens

Mais toutes les compagnies sont loin d’afficher des ratios équivalents. Parmi les plus gros détenteurs de réserves : GMF Vie et MMA Vie, du groupe Covéa (5,94 % et 5,35 %), ACM Vie, l’assureur du Crédit mutuel (5,45 %), ou encore Sogécap de la Société générale (5,20 %).

D’autres, à l’opposé, disposent de niveaux de PPB beaucoup plus faibles, à l’image d’Axa France Vie (1,27 %), de Groupama Gan Vie (1,59 %) ou encore de Swiss Life Assurance et Patrimoine (2,03 %).

Par ailleurs, quelques rares assureurs ont choisi de ne pas faire de réserves, dont Capma & Capmi, petite mutuelle du groupe Monceau Assurances. D’autres y sont venus sur le tard. A l’AFER, association d’épargnants aux 760 000 adhérents bénéficiant d’un fonds en euros cantonné chez Aviva Vie, « nous distribuons la quasi-totalité des bénéfices, indique son président, Gérard Bekerman. Mais, depuis quelques années, où l’aléa est plus présent dans l’environnement économique, nous sommes prudents et faisons des réserves. Mais très modérément, car notre pyramide des âges nous l’interdit : nous avons 460 centenaires parmi nos adhérents. » Autrement dit, ces épargnants âgés pourraient ne jamais voir la couleur de ces réserves.

Source officielle de cet article : Le Monde

Roberta Flores
Roberta Flores
Inscrivez-vous à notre newsletter

Sign In QUÉBEC 89

Account details will be confirmed via email.

Reset Your Password