Cahors. Immobilier : dans les études et les agences, l’activité au ralenti

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Cahors. Immobilier : dans les études et les agences, l’activité au ralenti

l’essentiel
Les mesures de confinement impactent durement les agences immobilières et les études notariales. Les signatures sont repoussées et certains acheteurs décident même de se rétracter.

Depuis le début de la crise sanitaire, tous les secteurs, ou presque, sont durement touchés économiquement. L’immobilier n’y échappe pas. Pour l’heure, une grande partie de l’activité des études notariales et des agences immobilières est gelée. Que se passe-t-il pour ceux qui ont déjà signé l’acte de vente ? Et pour ceux qui ne l’ont pas encore signé ? Comment s’engager dans une vente, dans des travaux, quand on est au chômage partiel ? Comment envisager le marché à la sortie du confinement ? Les réponses sont nombreuses et les réponses encore floues.

« La moitié des études du Lot connaît déjà une baisse de produit de 8 % et les bénéfices ont diminué de 11 % en moyenne », affirme Me Christian Serres, président de la Chambre interdépartementale des notaires du Lot. « En avril, l’impact sera encore plus important. Les gens n’ont pas envie d’acheter, ils se rétractent, les banques sont réticentes », ajoute le notaire. Il y a peu encore, des clients à lui, un jeune couple qui devait acheter dans le Lot, ont annulé la vente. « L’un d’eux est au chômage partiel. Ils n’ont pas trouvé le moment opportun pour se lancer dans un chantier et un emprunt sur plusieurs dizaines d’années », explique-t-il, compréhensif.

Dans son étude à Gourdon, il estime que la signature d’actes a chuté de 40 à 50 %. La plupart des rendez-vous sont repoussés, mais sur ces trois dernières semaines, il dénombre déjà cinq rétractations de la part de clients sur des investissements locatifs. D’autant que certaines formalités administratives se périment avec le temps : les diagnostics immobiliers ne sont valables que six mois et les états hypothécaires seulement deux mois. « Les refaire demandera plus de temps aux études et signifiera parfois plus de frais pour les clients », estime Me Christian Serres.

Dans son étude, lui et ses collaborateurs se contentent pour l’heure de préparer les actes en vue de la sortie du confinement. De neuf collaborateurs dans les locaux, ils sont passés à trois. Pour autant, le notaire ne s’avoue pas vaincu : « Il faut rester positif. Dans le Lot, nous sommes moins assujettis aux fluctuations du marché immobilier ».

Un état d’esprit partagé par Patrick Optiz, gérant de l’agence Quercy Lot Immobilier à Saint-Céré et président de la Fédération nationale de l’Immobilier (FNAIM) du Lot : « La pierre est toujours une valeur refuge. L’investissement dans l’immobilier reste un bon investissement. Ici, dans un secteur rural, il n’y a pas de problème particulier de logement. Mais tout dépendra de la durée de confinement. Aujourd’hui, on ne peut pas encore évaluer l’impact », avance-t-il prudemment.

Les agences immobilières sont les premières impactées par la baisse de régime des études. Si leurs activités de gestion se poursuivent, celles de transaction en revanche sont à l’arrêt, les visites et estimations ne pouvant plus avoir lieu à cause des mesures de confinement. Les deux employés de Quercy Lot Immobilier en subissent les conséquences : tous deux sont au chômage partiel. « Les notaires, les agences, les administrations publiques… tout est lié », souligne Patrick Optiz. « Si un élément de la chaîne est déficient, tous les autres maillons s’écroulent ».

Procurations et signatures à distance

Une semaine après le début du confinement, le Conseil Supérieur du Notariat a autorisé la signature de certains actes par procuration électronique. Cela concerne surtout les ventes immobilières et les actes de succession. Autre nouveauté, encore plus récente : depuis le 3 avril, un décret permet d’effectuer tous les actes notariés, y compris les plus solennels. Donations, contrats de mariage, prêt hypothécaire… Habituellement, ces actes sont signés en présentiel chez le notaire. Désormais, la signature peut s’effectuer à distance en visioconférence entre toutes les parties et le notaire. Les parties signent ensuite électroniquement via une procédure sécurisée. Cela implique donc certains moyens technologiques. « Il faut que les personnes acceptent et soient équipées. Les personnes âgées, par exemple, sont encore très attachées au papier », précise Me Serres.

Source de ce contenu : site web

Marino Stozza
Marino Stozza
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