CDG-Express : une fausse polémique peut cacher une vraie question

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Assurance chômage : règles assouplies, mais réforme confirmée

Alors que tous les grands chantiers sont à l’arrêt et que leur redémarrage dans le respect des mesures de distanciation s’annonce difficile, le gouvernement aurait décidé de relancer celui du CDG-Express qui doit relier en direct l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle et la gare de l’Est. C’est ce qu’affirmait, au conditionnel certes, un communiqué des administrateurs communistes d’Ile-de-France Mobilités le 7 avril.

«Considérant ce projet comme prioritaire, le gouvernement souhaiterait relancer au plus vite le chantier du CDG-Express sans attendre la fin du confinement», pouvait-on lire dans ce texte titré : «Le gouvernement met en danger les ouvriers pour sauver le train des riches». Sur la douzaine de grandes opérations de travaux que doit mener SNCF-Réseau sur le nord de l’Ile-de-France, l’exécutif aurait-il privilégié la plus polémique ? «Si elle devait se confirmer, cette décision scandaleuse serait lourde de conséquences», écrivaient les élus.

Un guide des bonnes pratiques

L’entourage de la ministre de l’Ecologie, Elisabeth Borne, cité par le site d’information spécialisé dans le BTP Batiactu, a démenti ce mardi. Les communistes avaient-ils eu un tuyau justifiant leur indignation ? «La présidente de notre groupe a reçu un mail de SNCF-Réseau disant que certains travaux allaient redémarrer aujourd’hui», répond Jacques Baudrier, conseiller PCF de Paris et administrateur d’Ile-de-France Mobilités, tout en admettant que «le mail ne précisait pas» de quels travaux il s’agissait.

Pourquoi monter au créneau alors ? Un communiqué du groupe Alternative écologiste et sociale du conseil régional d’Ile-de-France, publié le lendemain du coup de gueule des communistes, donne la clé. «Les priorités en matière d’investissements liés à la mobilité en Ile-de-France doivent être retravaillées à l’aune du monde d’après», dit leur texte. Les chantiers étant à l’arrêt «en raison de la crise sanitaire», la ministre à «donné son agrément» à un guide des bonnes pratiques demandé par les fédérations professionnelles mais voilà, «les syndicats semblent pour le moment être en désaccord avec les propositions du guide et s’opposent à la reprise des travaux». Donc, puisque la reprise des chantiers n’a pas l’air si simple, pourquoi ne pas en profiter pour revoir «les grands projets inutiles et contestés comme le CDG-Express» ?

Aucune grande opération n’a redémarré

De fait, la publication du guide des bonnes pratiques à adopter sur les chantiers n’a rien changé et aucune grande opération n’a redémarré. La CGT reste opposée à la reprise du travail sur les sites mais aussi chez les fournisseurs. La pétition lancée par la section CGT des Ciments Calcia le 20 mars sur Change.org avait récolté 775 signatures ce mardi.

La lecture du guide des bonnes pratiques montre que leur application va à tout le moins compliquer et ralentir les chantiers. De plus, certains observateurs fins juristes ont remarqué que ce document pouvait modifier les responsabilités au pénal. Président de l’Union nationale des aménageurs, François Rieussec, expliquait ainsi à Batiactu le risque que la validation officielle de ce guide représentait pour les clients des entreprises : «Il crée une situation de droit nouvelle où on rend le maître d’ouvrage responsable des préconisations en matière de sécurité et de santé.»


Sibylle Vincendon

Source du post: liberation.fr

Maria Rodriguez
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