Une chercheuse précise le rôle de l’hippocampe dans la démence sémantique

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Une équipe de chercheurs en psychologie de l’Université de Montréal vient de publier dans la revue Hippocampus les résultats d’une étude qui démontre qu’une région du cerveau traditionnellement associée à la maladie d’Alzheimer, l’hippocampe, joue un rôle dans une autre forme de maladie dégénérative, la démence sémantique. «Cette étude est importante parce qu’elle permet de préciser les critères diagnostiques de la démence sémantique ainsi que le rôle de cette région cérébrale dans la mémoire», mentionne la première auteure, Marianne Chapleau.

Dans le cadre de son doctorat, la jeune femme a étudié au cours des cinq dernières années cette maladie rare qu’est la démence sémantique, caractérisée par des troubles d’élocution chez les aînés. La personne atteinte perd progressivement, et de façon irréversible, le sens des mots. «Elle se demande à quoi sert un objet de la vie de tous les jours, des ciseaux par exemple, et n’arrive plus à le nommer», illustre la doctorante.

Elle a travaillé sous la direction de Simona Brambati, professeure au Département de psychologie de l’UdeM et chercheuse au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal. Grâce à leurs collaborateurs du CHU de Québec‒Université Laval, elles ont recruté 11 patients (4 femmes et 7 hommes) âgés de 55 à 75 ans et souffrant de démence sémantique. Ceux-ci ont été examinés à l’aide d’une technique particulière d’imagerie médicale et l’équipe a comparé ses observations avec celles obtenues auprès de 11 sujets en bonne santé. «On a constaté que l’hippocampe, plus précisément l’hippocampe antérieur, était coupé des autres régions cérébrales en jeu dans la mémoire sémantique chez les personnes atteintes, ce qui indique que cette zone est active dans ce type de mémoire et qu’elle est lésée chez les patients qui souffrent d’une démence sémantique», a-t-elle expliqué trois jours avant sa soutenance de thèse.

Aide au diagnostic

Si les chercheurs recommandent que d’autres études soient menées pour confirmer le rôle de l’hippocampe dans la démence sémantique ‒ avec un plus grand nombre de patients si possible ‒, ils estiment tout de même avoir découvert un marqueur biologique potentiel de cette forme de démence. «De plus, écrivent-ils dans la conclusion de l’article, nous suggérons d’étudier séparément la connectivité fonctionnelle pour l’hippocampe antérieur et celle pour l’hippocampe postérieur; ceci pourrait aider au diagnostic et au suivi de différentes maladies neurodégénératives.»

En entrevue, Marianne Chapleau ajoute que son travail pourrait permettre aux médecins de reconnaître plus rapidement les premiers signes de la maladie. «Le diagnostic différentiel serait ainsi facilité, soit l’identification d’une maladie par comparaison avec d’autres semblables», indique-t-elle.

Un coup de foudre pour la science

Passée directement du baccalauréat en psychologie au doctorat en recherche-intervention en neuropsychologie clinique, Marianne Chapleau peut désigner le moment où elle a eu le déclic pour la neuropsychologie. «C’était en troisième secondaire au collège Beaubois, à Pierrefonds. Un orienteur m’a parlé de la neuropsychologie et j’ai senti que c’était pour moi.»

C’est pendant son baccalauréat que son intérêt pour la discipline s’est précisé. Elle a alors décidé qu’elle ferait des études de troisième cycle en neuropsychologie clinique.

Sa thèse est constituée de deux articles. Outre celui dans Hippocampus, dont il est question ici, elle a fait paraître en 2016 comme première auteure les résultats d’une méta-analyse sur l’atrophie de l’hippocampe dans la maladie d’Alzheimer et la démence sémantique dans le Journal of Alzheimer’s Disease. Un troisième article est en cours d’approbation.

Source : UDM

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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