Les cloches sonnent dans des églises vides

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Pandémie oblige, dans le monde, les fidèles chrétiens sont confinés chez eux. Comme les infidèles, du reste. Et en France, probablement, ça va durer.  Selon Le Journal du Dimanche, lundi soir, le président Macron « devrait allonger le confinement jusqu’à la mi-mai, au moins ».

C’est en tout cas « un terrible symbole que l’image du pape François, obligé de célébrer seul la messe dans l’immensité déserte de la place Saint-Pierre, estime Marianne. À vrai dire, (l’Église catholique) n’est pas la seule, remarque cet hebdomadaire : protestantisme et judaïsme ne font pas meilleure figure. »

Toujours selon Marianne, « seul l’islam jihadiste s’est rappelé au souvenir des Français sous la forme de l’affreux attentat de Romans, qui a fait deux morts et cinq blessés », la semaine dernière en France.

Marianne estime aussi qu’en fait de terrorisme, la pandémie « ne change pas le monde (…) hélas, les idéologies meurtrières ne sont nullement affectées par le virus », soupire donc Marianne.

Dans la crise du coronavirus, il y aura un « après confinement ». Mais en France, quel pourrait être cet « après » ?

Selon le magazine L’Obs, « les éventualités les plus probables » sont, de la moins mauvaise à la pire, au nombre de trois :

Première hypothèse : « Le sursaut », que cet hebdomadaire appelle le scénario « rose », avec « 15 000 décès dus au Covid-19 » et une richesse nationale « en recul de 3% à 5% ». L’opération de déconfinement « s’achèverait alors fin mai » en France.

Deuxième hypothèse : « La crise rampante ». Un scénario que L’Obs qualifie de « probable », et qui se caractérise par un second confinement à la rentrée de septembre, avec « prorogation de l’état d’urgence », un bilan de « 30 000 décès », plus une récession de « 8% » en 2020 !

Troisième hypothèse : « Le cauchemar » : « plus de 100 000 décès », une récession de « 15% » cette année, à cause, par exemple d’une « terrible deuxième vague (qui) pourrait déferler sur l’Europe, à l’automne ou cet hiver ». Et puis, « un autre grand danger guette, envisage alors L’Obs : « Que la crise économique créée par la pandémie vive désormais sa propre vie, indépendamment de la lutte contre le virus. Et que, d’une simple panne, elle se mue en chaos systémique » !

Il est en tout cas une réforme qui pourrait bien faire les frais de cette crise, c’est celle des retraites, dans un après-confinement menacé par des projets violents de certaines mouvances extrémistes en France :

La réforme des retraites au placard ? Dans un entretien au Journal du Dimanche, le président du groupe parlementaire La République en marche à l’Assemblée nationale l’admet. Après la crise du coronavirus, cette réforme phare du quinquennat Macron pourrait être « mise de côté », dit Gilles Le Gendre au JDD.

De son côté, en effet, Le Parisien Dimanche, en Une, évoque « une possible explosion sociale à la fin du confinement ». D’après des notes confidentielles du Service central du renseignement territorial sur le « suivi de l’impact du Covid-19 en France », que ce journal a consulté, des manifestations sont déjà prévues par l’ultra-gauche « pour le premier samedi postconfinement ou le 21 juin », mais aussi par l’ultra-droite, au sein de laquelle des écrits appellent « à la révolte violente ».

Les mouvances extrémistes, donc, mais pas que. Selon ces notes consultées par Le Parisien Dimanche, « le concept de « jour d’après » séduit aussi les syndicats traditionnels, qui estiment « que la crise démontre les limites du néolibéralisme » « seule la logique financière prime » ».

Le politologue américain Francis Fukuyama, avait annoncé « la fin de l’Histoire » après la chute du mur de Berlin. Lui aussi pense que la crise du coronavirus va donner le coup de grâce au nélibéralisme :

C’est à l’hebdomadaire Le Point que Francis Fukuyama le dit. « Aujourd’hui, nous voyons la queue de la comète (du) néolibéralisme, il est même déjà mort. » Selon l’auteur en 1992 du fameux essai La Fin de l’Histoire et le dernier homme, « nous allons revenir à un libéralisme tel qu’il existait dans les années 1950 et 1960, où l’économie de marché et le respect de la propriété privée cohabitaient avec un État efficace qui intervenait pour réduire les inégalités sociales et économiques. (…) Ce que révèle cette pandémie, c’est le besoin d’un État fort », estime Francis Fukuyama dans Le Point.

Vers où va le monde ? L’Express se le demande. « Y a-t-il un pilote dans l’avion ? », interroge cet hebdomadaire, « comment fait-on » pour faire voler « le grand appareil à bord duquel a embarqué l’humanité sans trop savoir s’il y a un pilote à bord » ?

En tout cas, pour Emmanuel Macron, l’après crise du coronavirus sera une vraie gageure :

En cette année, 2020, c’est « un nouveau mandat présidentiel qui commence », prévient encore L’Express, c’est l’« année zéro » de son quinquennat.

Car le président est face à « un défi de l’Histoire (…) un défi pour un pays qui a la mémoire longue et ne remet pas facilement les compteurs (…) à zéro (…) un défi pour un homme dont l’expérience, jusqu’alors, n’était pas la première des qualités, l’humilité pas davantage, et qui ne peut demain réussir qu’en acceptant de se réinventer lui-même ».

Mais comment faire ? Cet hebdomadaire évoque l’idée d’une consultation des Français. « Le référendum ? Oui, c’est une possibilité », dit à L’Express un « stratège macronien », scénario référendaire qui laisse toutefois « dubitatif » un « visiteur du soir élyséen », encore moins convaincu par une dissolution de l’Assemblée nationale.

Comment faire, donc ? Ce qui, en tout cas, est probable, selon L’Express, est que l’acte II de son quinquennat devait marquer « la mort de Jupiter (…) Cette fois, il faut que tout change pour que tout change vraiment. Mais l’auteur de Révolution le sait : il n’est pas si facile de faire du passé table rase ».

Source

Marino Stozza
Marino Stozza
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