Commerces : rideaux baissés, loyers non payés ?

Share on email
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Le corona bat Arnaud Montebourg à son propre jeu

L’affaire s’est nouée jeudi après-midi, sur le coup de 18 heures, dans une de ces nombreuses visioconférences qui ponctuent désormais le quotidien de Bruno Le Maire à Bercy. Cette fois-ci, les sociétés foncières étaient de la partie. On désigne ainsi les propriétaires de centres commerciaux ou plus généralement de locaux loués à des commerces de détail. Le ministre de l’Economie a formulé à leur égard une demande simple : que les loyers des très petites entreprises (TPE de moins de 10 salariés) soient purement et simplement annulés, durant trois mois, dès lors que les fermetures des commerces ont été rendues obligatoires du fait des décisions du gouvernement.

Au début de la crise sanitaire, Bercy avait déjà demandé un report des loyers. Cette fois-ci, c’est une annulation pure et simple qui est préconisée. Certes, la demande est verbale et non assortie d’une ordonnance ou d’un quelconque acte administratif. Toutefois et de manière à peine implicite, le ministre aurait fait comprendre à ses interlocuteurs que s’ils traînaient les pieds pour cette remise de loyers, un texte rapidement vote par la majorité parlementaire viendrait les y contraindre.

Sociétés «rentières»

La mesure a été bien accueillie chez les représentants des petits commerçants : «Je ne peux qu’approuver cette mesure», déclare à Libération Francis Palombi, le président de la confédération des commerçants de France. Il précise : «pour ceux qui ont été obligés de fermer leur magasin, ne pas avoir à payer de loyer, ça se défend juridiquement».

A lire aussi : «Ça fait flipper, on ne sait pas si on va pouvoir s’en sortir»
Reste que cette mesure est jugée insuffisante par bon nombre d’acteurs du commerce de détail. «Les sociétés foncières sont des rentières qui ont augmenté les loyers depuis quinze ans et ont ainsi servi leurs actionnaires», relève Boris Saragaglia, fondateur du site de vente en ligne Spartoo et propriétaire de la chaîne de magasins de chaussures André. Il demande en outre que cette mesure soit étendue à toutes les enseignes qui sont en redressement judiciaire.

«Des loyers proportionnels au chiffre d’affaires»

La plupart des représentants du commerce de détail estiment de toute manière qu’il faudra d’autres gestes en leur direction, notamment après le déconfinement. «L’activité ne repartira pas du jour au lendemain. Nous ne pourrons pas payer des loyers au même niveau qu’avant la crise», considère Francis Palombi. «Que l’on pratique des loyers proportionnels au chiffre d’affaires des magasins», demande Boris Sagaglia selon qui, les charges de location ne peuvent représenter plus de 20% du chiffre d’affaires d’un magasin, pour que celui-ci puisse être viable.

Libération a contacté l’un de dirigeants de «la Française», une des principales sociétés foncières de l’Hexagone. Un peu gêné, celui-ci estime «qu’il faut encore que Bercy précise un certain nombre de points sur cette annulation de loyers», tout en assurant que «la plupart de propriétaires bailleurs sont prêts à aller dans le sens voulu par le ministre de l’Economie». La question est maintenant de savoir si l’ensemble de ceux qui louent une surface pour leur boutique, petite ou grande, seront prêts à accepter, pour l’avenir, les loyers pratiqués jusqu’à maintenant et qui augmentaient mécaniquement de 2% en moyenne par an.

Source du post: liberation.fr

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
Inscrivez-vous à notre newsletter

Sign In QUÉBEC 89

Account details will be confirmed via email.

Reset Your Password