Coronavirus : à Fos-sur-Mer, l’arrêt temporaire des hauts-fourneaux inquiète

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Coronavirus : à Fos-sur-Mer, l’arrêt temporaire des hauts-fourneaux inquiète

L’aciérie ArcelorMittal de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), en octobre 2017. GUILLAUME HORCAJUELO / EPA

Les deux hauts-fourneaux de l’usine sidérurgique ArcelorMittal, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), seront bientôt à l’arrêt, du jamais-vu depuis le début de son activité en 1973. La crise sanitaire a fait s’effondrer les marchés de l’acier dans le sud de l’Europe, que l’usine méditerranéenne alimente traditionnellement. Ses commandes ont littéralement fondu en Italie et en Espagne, deux pays où sont exportés 60 % de l’acier produit à Fos-sur-Mer, mais aussi en Turquie et dans le reste du Bassin méditerranéen. La visibilité du carnet de commandes était, au 10 avril, de deux semaines, alors qu’elle est d’un trimestre habituellement.

En dépit de quelques engagements « grattés » ces jours derniers auprès de « clients fidèles », à moins de 400 000 tonnes de commandes programmées pour le second trimestre, la décision a été prise d’arrêter le second haut-fourneau, le premier l’ayant été le 23 mars. L’usine, qui emploie 2 500 personnes en contrat à durée déterminée, va être mise sous cocon, après la « coulée du loup » programmée en juin, cette ultime opération qui vise à vider totalement le haut-fourneau avant son refroidissement.

Spectre d’une fermeture

Cet arrêt temporaire total pour plusieurs mois inquiète les syndicats et les sous-traitants – qui emploient 1 500 employés –, qui redoutent que la crise économique provoquée par la pandémie ne sonne le glas du site sidérurgique. Le spectre d’une fermeture de l’usine, dont les coûts de production sont plus élevés que dans les autres unités du groupe situées en Europe du Nord, a soudain ressurgi. « Il y a deux à trois semaines, les discussions portaient sur le Covid-19, mais, depuis l’annonce de l’arrêt du second haut-fourneau, la peur de perdre son emploi a pris le pas sur la peur du virus », dit Sandy Poletto, secrétaire général de la CGT.

Le syndicaliste s’étonne que l’usine de Fos soit la seule à connaître un arrêt total, alors que les autres sites d’ArcelorMittal maintiennent une activité réduite, comme à Dunkerque où un haut-fourneau sur trois restera en fonctionnement. Sur ses quatorze hauts-fourneaux répartis dans ses sept usines européennes, le géant de l’acier a programmé le maintien de six d’entre eux, assurent des sources syndicales.

Les inquiétudes sont renforcées par le fait qu’habituellement en période de basses eaux, la pénurie de commandes est « mutualisée » entre les différents sites. Cette fois, ce choix n’a pas été fait, d’où les interrogations de Pierre Dharréville, député (PCF) des Bouches-du-Rhône, dans un courrier adressé à Philippe Darmayan, président d’ArcelorMittal France. « L’acier est stratégique, on ne peut pas laisser partir cette activité comme on a laissé partir la fabrication des masques chirurgicaux. Je ne suis pas un naïf, a déclaré l’élu au Monde, chaque fois qu’il y a une crise, la finance en profite pour mettre en œuvre des restructurations préparées en catimini, en ne disant pas les choses. »

Source officielle de cet article : Le Monde

Roberta Flores
Roberta Flores
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