Coronavirus: au Brésil, le nombre sous-évalué des contaminations fait craindre une hécatombe

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Des personnes portant un masque de protection contre le coronavirus passent sous un pulvérisateur de désinfectant à l

L’épidémie gagne du terrain dans le plus grand pays d’Amérique latine, qui est aussi le plus touché. Le nombre de cas de coronavirus serait quinze fois plus élevé que les chiffres officiels.

Les scientifiques brésiliens redoutent une hécatombe dans ce pays de 210 millions d’habitants qui dénombre à ce jour 1 736 morts, et qui n’a toujours pas atteint le pic de l’épidémie. Plus de 300 000 cas ont été officiellement enregistrés mais le groupe de chercheurs Covid-19 Brasil estime que ce chiffre est en réalité 15 fois plus élevé.

En cause, le manque de test. À l’hôpital, les médecins ne dépistent que les patients dans un état grave. « Le Brésil est en très mauvaise position et on ne pourra prendre le problème en main qu’avec un dépistage de masse », déplore Domingos Alves, membre du groupe Covid-19 Brasil et responsable du Laboratoire de renseignements sur la santé (LIS) de l’université de Sao Paulo (USP).

300 personnes testées sur un million

Seulement 300 personnes seraient testées sur un million. En situation d’épidémie, il est bien sûr impossible de tester tout le monde, mais en Amérique du Sud, le pays est le plus mauvais élève, affirme le quotidien Folha de Sao Paulo qui cite notamment l’exemple chilien où les tests sont pratiqués sur près de 5 000 habitants pour un million, un ratio qui s’approche de celui de la France et très loin de l’Allemagne (15 730). Le journal dénonce également les informations évasives diffusées par le ministère de la Santé.

Le ministre de la Santé pourrait pourtant être limogé dans les jours à venir. Henrique Mandetta, médecin de formation de 55 ans, est en total désaccord avec le président Jair Bolsonaro sur la gestion présidentielle du coronavirus. Il réclame notamment plus de distanciation sociale, ce que rejette le chef de l’État.

Jair Bolsonaro a souvent décrié « l’hystérie » autour d’une « petite grippe » et prôné le retour au travail des Brésiliens, pour sauvegarder l’économie. Il n’a aussi cessé de critiquer les mesures de confinement prises par les gouverneurs dans presque tous les États du pays.

« Si les gens continuent à sortir, on verra des scènes comme à Guayaquil, en Equateur, avec des gens qui meurent chez eux et des corps abandonnés dans la rue. À Manaus [Amazonie, nord], les hôpitaux sont déjà au bord de la saturation », prévient Fred Nicacio, médecin urgentiste à Bauru, dans l’État de Sao Paulo.

Source du post: RFI

Marino Stozza
Marino Stozza
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