Coronavirus : des primes pour les soignants, les fonctionnaires et les plus précaires

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C’était une promesse d’Emmanuel Macron lors de son discours du 25 mars à Mulhouse : «Une réponse claire et forte de court terme pour l’ensemble des personnels soignants comme pour l’ensemble des fonctionnaires mobilisés, afin de majorer les heures supplémentaires effectuées sous forme d’une prime exceptionnelle pour pouvoir accompagner financièrement cette reconnaissance.» Trois semaines plus tard, Edouard Philippe et son ministre de la Santé, Olivier Véran, ont détaillé, ce mercredi à l’issue du Conseil des ministres, la gratification que percevront mi-mai les personnels hospitaliers, en première ligne dans la lutte contre le Covid-19. «Nous savons ce que nous leur devons, a insisté le Premier ministre. Nous verserons donc une prime […] net de tout […] de 1 500 euros.»

Cette prime exceptionnelle, défiscalisée et sans cotisations sociales – taillée sur le modèle de la prime Macron créée après la crise des gilets jaunes pour les salariés du privé et que le gouvernement encourage de nouveau à verser à ceux qui continuent d’aller travailler – bénéficiera aux personnels hospitaliers de la trentaine de «départements les plus touchés», a précisé le chef du gouvernement. Mais aussi à ceux des 108 établissements d’autres régions qui ont accueilli des patients Covid+. «Cet effort extraordinaire, cette dynamique d’innovation, […] cet effort collectif doit être récompensé», a martelé Véran.

«L’Etat entend marquer sa reconnaissance»

Outre ce coup de pouce, les fonctionnaires hospitaliers des établissements frappés par la vague de nouveau coronavirus verront leurs heures supplémentaires majorées de 50%. Selon le ministre de la Santé, cela représente un plus de «600 euros». En cumulé, a poursuivi Véran, cela fera «en moyenne plus de 2 000 euros» supplémentaires pour «tous les agents de l’hôpital». Les personnels beaucoup moins touchés par l’épidémie, auront droit, eux, à une prime du même type mais d’un montant de 500 euros et à la même majoration de leurs heures supplémentaires. Ce geste arrive alors que les personnels soignants, dans les premières annonces du gouvernement, s’étaient certes sentis reconnus dans les mots mais pas dans les actes financiers et budgétaires. Après avoir prévu 2 milliards d’euros supplémentaires pour la Sécurité sociale, le ministre de la Santé a annoncé une augmentation de 8 milliards pour non seulement financer les arrêts maladies mais aussi les «dépenses imprévues» à l’hôpital et, donc, ces primes exceptionnelles. Au total, a-t-il précisé, le baromètre qu’est l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) connaîtra en 2020 une progression de 7% contre à peine plus de 2% en temps normal.

Au-delà de la fonction publique hospitalière, ce sont tous les agents de l’Etat mobilisés par cette crise qui auront droit à une prime, défiscalisée et nette de toutes cotisations elle aussi, d’un montant de 1 000 euros modulable. «En tant qu’employeur, l’Etat entend marquer sa reconnaissance», a affirmé Edouard Philippe. Selon Bercy, près de «400 000 agents» seront concernés, soit près d’un sur cinq. «Surveillants pénitentiaires, enseignants qui ont gardé les enfants de soignants, douaniers qui réalisent des opérations de contrôle…» détaille-t-on dans l’entourage de Gérald Darmanin. Enfin pour la troisième branche de la fonction publique territoriale, Edouard Philippe laisse à la discrétion des collectivités le choix de distribuer une prime similaire souhaitée par de nombreux maires, là aussi d’un montant de 1 000 euros maximum.

«Bonjour les inégalités !»

S’ils saluent ces bonus dont le versement interviendra à la fin de l’état d’urgence, les syndicats critiquent en revanche l’absence d’un régime unique du dispositif qui se serait appliqué automatiquement à tous les fonctionnaires. «Le point positif c’est que tous les agents mobilisés, y compris en télétravail, pourront en bénéficier, se satisfait Mylène Jacquot de la CFDT fonctionnaires. Mais nous regrettons qu’elle ne soit pas obligatoire et laissée à la discrétion des employeurs. Cela risque de susciter a minima des déceptions, au pire, des rancœurs et des aigreurs.» La syndicaliste pointe notamment le fait que des aides-soignants en services hospitaliers pour personnes âgées toucheront cette prime mais pas forcément ceux d’un Ehpad dépendant d’une collectivité territoriale alors qu’ils ont été soumis à la même pression. «Bonjour les inégalités !» dénonce de son côté Force ouvrière, déplorant le fait que cette prime ne sera «pas pour tout le monde. Ceux placés de fait en autorisation spéciale d’absences car n’effectuant pas des missions essentielles ou ne pouvant pas bénéficier de télétravail […] en seront exclus», regrette le syndicat.

Dernière «prime» détaillée mercredi par Edouard Philippe, celle annoncée lundi soir par le chef de l’Etat à destination des foyers modestes pour lesquels la période de confinement accroît notablement le budget alimentaire. Cette «aide exceptionnelle de solidarité» sera de 150 euros pour tous les ménages qui touchent le revenu de solidarité active (RSA) ou l’allocation spécifique de solidarité (ASS). Chaque enfant donnera droit à «100 euros supplémentaires», a ajouté le Premier ministre qui a indiqué que son versement prévu le 15 mai sera «automatique, sans qu’aucune démarche ne soit nécessaire». Une nouvelle dépense de 900 millions d’euros à destination de «4 millions de ménages», a-t-il chiffré en soulignant que le gouvernement avait «entendu l’appel des associations de lutte contre la pauvreté». Le budget de l’Etat n’est plus à un milliard près.

Source du post: liberation.fr

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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