Coronavirus: en Corée du Sud, civisme et discipline de fer sécurisent les législatives

Share on email
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin

Publié le : Modifié le :

Alors que la moitié de la planète est aujourd’hui confinée, près de 44 millions d’électeurs sont appelés aux urnes mercredi 15 avril en Corée du Sud pour renouveler les 300 sièges de l’Assemblée nationale. Sanitairement très encadré, le déroulement du scrutin sera probablement autant suivi que les résultats. La Corée est pour l’instant parvenue à contenir l’épidémie de Covid-19 sans enfermer sa population.

De notre envoyé spécial à Busan,

« Un mètre de distance » et des lignes au scotch noir tracées sur le sol pour rappeler à la file d’attente de ne pas jouer les accordéons. Vendredi et samedi, le premier étage de la mairie de l’arrondissement de Yeonge à Busan a fait le plein, comme la plupart des bureaux où l’on pouvait voter de manière anticipée en Corée. Le taux de participation est déjà élevé, signe qu’on cherche à éviter la foule.

Autour de l’escalier central, des électeurs âgés et masqués. « Le processus est plus long que d’habitude en raison du coronavirus, mais les mesures de prévention et de sécurité rassurent ceux qui avaient un peu peur de venir voter. Nous désinfectons les locaux. Il faut porter un masque, on distribue des gants. Et comme vous pouvez le voir, on vérifie la température des électeurs à l’entrée. Ce n’est qu’après que vous pouvez voter », explique Jin Myong-jun, chargé du bon déroulement du scrutin.

À lire aussi : Coronavirus: en Corée du Sud, malgré les mesures sanitaires, la crainte d’une 2e vague

Des bandes blanches strient la file d'attente de ce bureau de vote de Busan où l'on pouvait voter en avance.
Des bandes blanches strient la file d’attente de ce bureau de vote de Busan où l’on pouvait voter en avance. Stéphane Lagarde/RFI

Une campagne plus calme que d’ordinaire

Des mesures de sécurité sanitaires renforcées également pour les candidats et leurs soutiens. Ces législatives ne sont décidément pas des élections ordinaires. À un carrefour du centre-ville, des militants en k-way s’inclinent au coup de sifflet devant les automobilistes. Seo Jong-suk porte des gants et un double masque blanc et rose, l’un pour se protéger du coronavirus, l’autre aux couleurs de sa candidate. « On garde toujours le masque et avant de rentrer à la maison, on se lave bien les mains. Ce n’est pas comme d’habitude, la campagne est plus calme. Nous faisons attention à rester à distance des gens. Avec le coronavirus, de toute façon, ce n’est pas la même ambiance. »

Une petite table à l’entrée du bureau de vote de la rue de Shanghai, dans le quartier chinois de Busan. Là aussi, un coup de désinfectant sur les mains, des gants à enfiler, et un thermomètre braqué sur le front ou le poignet. Kim Mi-yong habite juste à côté, elle est rassurée : « Les gens respectent les distances réglementaires et j’ai l’impression que c’est bien organisé. En plus, l’épidémie s’est calmée, donc on n’a pas peur d’aller voter. Bon, évidemment, quand on entend quelqu’un tousser, on s’écarte. On laisse passer la personne pour qu’elle puisse voter et repartir au plus vite ».

Renforcer son immunité en mangeant bien !

Parmi les 50 000 personnes en quarantaine en Corée, celles qui ne présentent pas de symptômes pourront sortir mercredi accompagnées d’un fonctionnaire pour voter à des horaires réservés (17h20 et 19h). Les autres disposeront de bureaux de vote dans des lieux séparés. « En raison des mesures de prévention, on a besoin de plus de monde. Le recrutement des assesseurs n’a pas été facile. Certains se sont inquiétés de devoir travailler pendant l’épidémie alors qu’on attend de nombreux électeurs. Mais le protocole de sécurité est strict et c’est un travail d’intérêt public. Finalement, nous n’avons pas eu de refus », se réjouit Jin Myong-jun.

À Busan, la campagne électorale se déroule dans une combinaison intégrale, aux couleurs bien sûr de son ou sa candidate.
À Busan, la campagne électorale se déroule dans une combinaison intégrale, aux couleurs bien sûr de son ou sa candidate. Stéphane Lagarde/RFI

La Corée mobilisée face au coronavirus, les haut-parleurs sur les collines du vieux Busan réchauffent les militants. Là aussi, gants et masques sont de rigueur. Et pour les plus anciens, des recettes de grand-mère, comme Park Jang-hyun : « On se protège, bien sûr. Mais le plus important, c’est de renforcer son immunité. Et pour cela, il faut bien manger. Nous, les Coréens, on a le kimchi, le chou fermenté et la soupe de soja. Mais ceux qui ont un appétit contrarié, et qui ne mangent que des nouilles instantanées, ils sont moins résistants face aux virus ».

Des secrets culinaires pour renforcer le système immunitaire. C’est surtout une campagne de dépistage massive et le traçage des contaminés qui a permis à la Corée du Sud de contenir la maladie. Des bouées jaunes et pleines comme les melons de l’été, de gros serpents de cordes enroulés sur les quais, les échos de la campagne résonnent jusque sur le port de Busan. Pour l’instant, l’épidémie semble stabilisée, confie un vieil homme pressé de s’abriter du vent, mais le jour du vote, le coronavirus sera encore dans tous les esprits.

Source du post: RFI

Marino Stozza
Marino Stozza
Inscrivez-vous à notre newsletter

Sign In QUÉBEC 89

Account details will be confirmed via email.

Reset Your Password