Coronavirus en France: des aides pour les plus défavorisés, des primes pour les soignants

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Coronavirus en France: des aides pour les plus défavorisés, des primes pour les soignants

De nombreuses incertitudes planent sur le possible allègement du confinement à partir du 11 mai en France, où l’épidémie de Covid-19 a tué plus de 15.000 personnes et n’en finit plus d’alimenter une crise économique qui durera « des années ».

Le 11 mai, « on ne va pas passer du noir au blanc, on va passer du noir au gris foncé », a souligné mercredi le président du Conseil scientifique du gouvernement devant la mission d’information de l’Assemblée sur le Covid-19.

« Il s’agit d’un continuum, il n’y aura pas un avant et un après. Il faut faire extrêmement attention à ça, sinon le virus peut repartir », a prévenu le Pr Jean-François Delfraissy.

Le milieu médical est prudent sur l’évolution de l’épidémie qui a fait 15.729 morts dans les hôpitaux et les maisons de retraite, dont 762 décès supplémentaires recensés en 24 heures, le plus important bilan quotidien depuis le début de l’épidémie.

« On a du mal à déterminer à quelques semaines d’avance » la dynamique de l’épidémie, a affirmé le Pr Renaud Piarroux, chef du service de parasitologie à la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

« Quand on regarde ce qui se passe en Italie, en confinement depuis dix jours de plus que nous, il reste encore une transmission très élevée et c’est ça mon inquiétude », a-t-il souligné sur France Inter.

Antoine Flahault, professeur de santé publique à l’université de Genève, directeur de l’Institut de santé globale, est plus optimiste: « C’est réaliste de penser que la décrue sera largement amorcée le 11 mai, peut-être qu’on aura même de bonnes nouvelles avant. »

Dans tous les cas, 18 millions de personnes à risque devront rester confinées, a prévenu le Pr Delfraissy devant la commission des lois du Sénat, dans la matinée.

Selon lui, le déconfinement devra être reporté si des conditions indispensables, notamment un nombre suffisant de tests de dépistage et la mise en place d’un système de traçage des contacts des nouveaux cas identifiés, ne sont pas réunies.

– « Beaucoup de virus » –

Mardi soir, 6.730 patients dans un état grave se trouvaient en réanimation, soit 91 de moins par rapport à lundi. Cela fait six jours que cet indicateur, qui dénote la pression sur le système hospitalier, est en baisse.

Pour le Pr Piarroux, toutefois, « il y a encore beaucoup de virus en circulation ».

Ce qui incite certains à s’interroger sur les conditions de l’éventuelle reprise d’activité à partir du 11 mai, en particulier sur la réouverture progressive des crèches et établissements scolaires (à l’exception de l’enseignement supérieur) annoncée par le président Macron après cette date.

Les critiques sont d’autant plus virulentes que bars, restaurants et salles de cinéma resteront fermés. En outre, l’économie ne doit plus compter sur les festivals d’été.

La question du déconfinement s’accompagne aussi de celle, cruciale, des masques pour la population. La ville de Cannes a commencé à en distribuer massivement en commençant par les commerçants et les personnes fragiles. La SNCF, qui prévoit une reprise progressive du trafic d’ici à l’été, considère que les passagers devront en porter.

Très critiqué sur cette question des masques, dont plus d’1,6 milliard ont été commandés à ce jour par l’Etat mais dont de nombreux personnels soignants déplorent le manque, le chef de l’Etat a rejeté mercredi dans un entretien au Point tout « procès » en mauvaise gestion.

Il a également affirmé « assumer totalement » le maintien du premier tour des élections municipales le 15 mars, deux jours avant le début du confinement.

Très attendu sur son « plan complet de sortie » du confinement, le gouvernement table désormais sur une récession encore plus grave que prévu, avec avec 8% de chute du PIB en 2020.

« Nous en avons pour des années avant de sortir des conséquences économiques de cette crise », a estimé le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, auditionné par la commission des Finances de l’Assemblée.

– Aides financières –

Le plan d’urgence destiné à soutenir entreprises et salariés s’élève désormais à 110 milliards d’euros.

Le chômage partiel concerne désormais 8,7 millions de salariés, a indiqué la ministre du Travail Muriel Pénicaud, c’est-à-dire « plus d’un salarié sur trois » et a un coût à ce stade de 24 milliards d’euros.

Le gouvernement a également annoncé mercredi des primes pour les soignants et des aides pour les ménages les plus défavorisés.

Le 15 mai, « plus de quatre millions de foyers » parmi les plus modestes percevront une « aide d’urgence », a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe à l’issue du Conseil des ministres.

Chaque famille bénéficiaire du RSA ou de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS) recevra 150 euros, plus 100 euros par enfant, et les familles touchant des aides au logement percevront de leur côté 100 euros par enfant. Au total, selon le gouvernement, l’Etat déboursera près d’un milliard d’euros.

Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé des mesures financières exceptionnelles pour les soignants, en première ligne contre la maladie, pour 1,3 milliard d’euros.

Une prime exceptionnelle de 1.500 euros sera notamment versée aux personnels soignants des services de santé dans les départements les plus touchés par l’épidémie et à ceux des services ayant accueilli des patients Covid-19 dans les départements les moins touchés.

Parmi les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement, figure aussi une prime jusqu’à 1.000 euros pour certains fonctionnaires qui poursuivent leur mission de service public malgré le confinement, selon le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin.

La France devrait connaître un déficit public aux alentours de 9% du PIB cette année et une dette de 115%.

Source : Sciences et avenir

Marino Stozza
Marino Stozza
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