Coronavirus : « La nouvelle crise immobilière est plus grave qu’en 2008 »

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Paris devient la ville la plus convoitée par les grandes fortunes mondiales

Le président du groupe Barnes, leader en France de l’immobilier haut de gamme (250 collaborateurs), Thibault de Saint-Vincent souffle le chaud et le froid sur l’avenir incertain de ce secteur foudroyé par le Covid-19.

Le Point : Comment maintenez-vous votre activité dans un tel contexte épidémique ?

Thibault de Saint-Vincent : Nos bureaux sont fermés, mais on assure un plan de continuité avec un accueil téléphonique permanent et le traitement des demandes des clients, quand elles sont réalisables. Nous avons finalisé quelques visites locatives pour les cas urgents de personnes quittant leur logement et ayant impérativement besoin de se loger pour ne pas se retrouver à la rue. Ceci, dans le strict respect des précautions sanitaires et autres gestes barrières liées au risque de propagation du coronavirus. On télétravaille, en gérant deux fois plus de boulot que d’habitude, tout en gardant les enfants à la maison.

Quid des transactions, stop ou encore ?

Nous effectuons le suivi des promesses de vente et des ventes. Un temps réticents, les notaires et leurs clercs de notaires sont désormais équipés pour continuer à distance les processus d’acquisitions par le biais de signatures électroniques et de procurations de la part des vendeurs et des acheteurs ne pouvant être physiquement présents. On espère ainsi pouvoir finaliser une grande majorité des actes authentiques qui étaient programmés. Notre activité a diminué d’environ 60 %, mais n’est pas complètement morte. Cela va se réduire de semaine en semaine, mais il y a encore un peu de vie. Jusqu’à l’arrivée du Covid-19 en France, le manège de l’immobilier haut de gamme tournait à pleine vitesse. Nous avons quatre nouvelles agences en travaux qui sont suspendus, car les ouvriers ne peuvent plus aller sur les chantiers. Comme ça marchait très fort, on a été un peu loin dans les embauches, fonctions supports, etc. Du jour au lendemain, on perd 30 % de chiffre d’affaires, l’organisation d’après ne sera pas exactement la même qu’auparavant.

Je reste persuadé que l’immobilier haut de gamme devrait mieux s’en sortir que la Bourse

Y a-t-il des similitudes avec l’éclatement de la bulle immobilière en 2008 ?

Les contextes diffèrent complètement. En 2008, la crise financière et bancaire avait fragilisé les porteurs d’actions, mais l’activité économique qui a connu une baisse de régime ne s’est pas arrêtée net et est repartie brutalement. La situation actuelle est plus grave. Il s’agit d’une crise sanitaire avec une probable paralysie quasi totale de l’activité pendant plusieurs mois, si l’on se réfère aux précédents chinois et italien. A contrario, en 2008 l’État n’est pas venu à leur rescousse des entreprises avec une prise en charge des salariés, la couverture des chômages partiels jusqu’à 4,5 le smic, ce qui permet de laisser passer l’orage. Cela va diminuer l’impact de ce séisme sur les sociétés. Les banques disent que l’on va pouvoir suspendre nos remboursements de prêts pendant trois à six mois. Ce soutien bancaire et étatique est plutôt rassurant.

Pronostiquez-vous une baisse, voire une chute, des prix immobiliers ?

Pour l’heure, il est très difficile de se positionner là-dessus. Des gens vont chercher à se protéger en allant vers des valeurs sûres. Normalement, l’immobilier de standing et l’or en font partie. Si la reprise intervient début mai, le marché devrait reprendre là où il s’est arrêté avec un redémarrage en douceur. Si le confinement dure jusqu’à la mi-juillet, ça sera une autre paire de manches. Tout va dépendre de l’ampleur et de la longueur de cette crise sanitaire. Je reste toutefois persuadé que l’immobilier haut de gamme devrait mieux s’en sortir que la Bourse.

Source : Lepoint.fr

Pascal Guy
Pascal Guy
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