Coronavirus: l’Afrique face à la pandémie jeudi 30 avril

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Coronavirus: l'Afrique face à la pandémie jeudi 30 avril

L’Afrique comptait ce jeudi 30 avril 37393 cas confirmés de coronavirus. Le Covid-19 a déjà coûté la vie à 1598 personnes sur le continent, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. L’Afrique du Sud et l’Égypte ont dépassé la barre des 5000 cas. Ils sont suivis par le Maroc (4359 cas), l’Algérie (3848 cas) et le Ghana (2074 cas).

• Plusieurs essais cliniques en cours en Afrique

Durant une conférence de presse virtuelle ce jeudi, le Dr Raji Tajudeen, directeur des instituts de recherche sur la santé publique du Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine, a détaillé les essais cliniques en cours sur le continent. «De manière générale, très peu d’essais cliniques sont organisés en Afrique, par rapport aux autres régions du monde», regrette-t-il.

La majorité des essais sont menés en Égypte: 13 concernent les traitements contre le coronavirus et deux portent sur des vaccins. En Zambie, un essai clinique est également en cours sur l’hydroxychloroquine. L’Afrique du Sud est, elle, partie prenante de l’étude de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), baptisée Solidarity, et s’intéresse à la chloroquine, à la protéine interféron, et à l’antiviral remdesivir. Enfin, le Nigeria et la Tunisie mènent respectivement un et deux essais cliniques sur des agents thérapeutiques.

• Au Congo-Brazzaville, le confinement prolongé de quinze jours

Le président congolais Denis Sassou Nguesso a annoncé dans la nuit du 30avril au 1er mai la prorogation de quinze jours du confinement à domicile auquel sont soumis tous les Congolais depuis le 31mars et qui devrait prendre fin le 30avril. Le Congo compte à ce jour 220cas positifs du Covid-19.

D’emblée, le président a présenté les condoléances de la nation aux familles endeuillées du fait de l’épidémie du coronavirus. Il a ensuite rendu hommage aux personnels de santé et annoncé de nouvelles mesures préventives. «J’ai décidé de la prolongation du confinement à domicile de l’ensemble de la population pour quinze jours, de la prolongation du couvre-feu de 20h à 5h du matin sur toute l’étendue du territoire national jusqu’au 10 mai 2020», a déclaré le président Denis Sassou Nguesso.

Le chef de l’État a fustigé le comportement de certains Congolais, notamment des jeunes qui continuent à pratiquer des sports collectifs au mépris des mesures de protection édictées. Par ailleurs, au titre des mesures sociales, il a annoncé des transferts monétaires au profit de 200000ménages les plus vulnérables. Il a enfin exigé le port obligatoire du masque dans les espaces publics et pris quelques autres mesures d’assistance en faveur des démunis.

Mais ces mesures sont loin de convaincre Trésor Nzila, directeur exécutif de l’Observatoire congolais des doits de l’homme (OCDH). «On ne confine pas un peuple qui a faim et qui vit au jour le jour sans réelles mesures d’accompagnement, a-t-il déclaré. La faim, la pauvreté et la précarité ne riment pas avec confinement».

• Au Burkina Faso, l’opposition demande la démission de la ministre de la Santé

Après le limogeage du coordinateur de l’équipe de riposte contre la pandémie ce mercredi, le principal parti d’opposition, l’UPC (Union pour le progrès et le changement), demande maintenant la démission de la ministre de la Santé, Claudine Lougué. «Les informations communiquées par Madame la ministre de la Santé à la représentation nationale ont révélé un certain nombre de mensonges. La ministre de la Santé, tout comme ses collègues et collaborateurs ayant manipulé les faits dans l’affaire Rose Marie Compaoré n’ont plus aucune légitimité pour traiter des questions de santé des Burkinabè», a déclaré Adama Sosso, vice-président de l’UPC, lors d’une conférence de presse ce jeudi matin.

Rose Marie Compaoré était la deuxième vice-présidente de l’Assemblée nationale. Décédée le 17 mars dernier, elle avait été présentée comme la première victime du coronavirus dans le pays. Devant les députés, la ministre de la Santé avait alors affirmé qu’une équipe médicale avait reçu la famille de la défunte et avait désinfecté leur domicile. L’affirmation avait ensuite été démentie par les proches de Rose Marie Compaoré. Claudine Lougué a finalement reconnu avoir menti aux députés, ses instructions n’ayant pas été suivies par ses équipes.

• Ouagadougou : une partie des marchés ont rouvert

Au Burkina Faso, par ailleurs, une dizaine de jours après le marché central, 27marchés de la capitale Ouagadougou ont rouvert leurs portes. Des commerçants avaient manifesté pour exiger leur réouverture. Pour le maire de la capitale, il fallait d’abord nettoyer et désinfecter ces marchés avant d’y installer des dispositifs de prévention contre le Covid-19. Le gouvernement avait décidé de la fermeture de 36gros marchés de la capitale pour éviter que le coronavirus ne se propage très rapidement dans la population.

Même si le maire de la capitale, Armand Beouindé, admet que les récentes manifestations des commerçants, ont accéléré le processus, il souligne qu’il était impératif de rouvrir ces marchés. «Après un mois de fermeture, nous nous sommes rendus compte que beaucoup de commerçants vivaient au jour le jour et qu’avec le confinement, nous les avons privés de leur principal outil de travail et de subsistance, explique-t-il. On a procédé au nettoyage et à la désinfection graduellement des autres marchés et à la formation des volontaires. Nous avions une vingtaine de marchés aux normes que nous avons ouverts».

Ce processus de réouverture s’accompagne de mesures strictes à respecter, comme ce fut le cas au marché central, selon Armand Beouindé. «Nous avons pu équiper toutes les ouvertures du marché par des lave-mains, détaille-t-il. Nous avons exigé également que pour pouvoir accéder au marché, il fallait porter le masque. Dans les marchés, nous avons reformater toutes les boutiques pour qu’il n’y ait pas plus de deux personnes par boutique». Le maire de la capitale appelle les populations à s’approprier ce nouveau code de comportement afin de freiner la propagation du virus. Et pour le faire des volontaires seront mis à contribution pour la sensibilisation.

Les précisions de notre correspondant: La polémique enfle au Burkina Faso sur la gestion du coronavirus

• Premiers cas de coronavirus dans une prison de Kinshasa

En RDC, quatre détenus de la prison de Ndolo à Kinshasa ont été testés positifs au Covid-19. Ce sont les premiers cas enregistrés dans une prison du pays. D’autres détenus de l’établissement ont été placés en quarantaine. Les autorités sanitaires ont envoyé une équipe sur place pour déterminer comment la prison a été contaminée par le virus.

• «L’Afrique n’est pas épargnée», avertissent les Nations unies

Durant une conférence de presse virtuelle, l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) et plusieurs autres organes de l’ONU ont évoqué leur réponse coordonnée au coronavirus en Afrique de l’Ouest et centrale. Dans la région, 11000 cas ont été confirmés jusqu’à présent, 300 décès sont à déplorer. Et si le virus progresse lentement, il faut rester très prudent selon les autorités onusiennes. «L’impact est complexe et l’Afrique n’est pas épargnée. Comme l’a dit Antonio Guterres, la pandémie menace non seulement le développement mais amplifie les risques d’instabilité, de troubles et de conflits», s’inquiète Ibn Chambas, envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
«Si les mesures de contrôle restent inchangées, le nombre de cas va doubler chaque semaine, prévient, elle aussi, Matshidiso Moeti, directrice générale de l’OMS pour l’Afrique subsaharienne. Nous avons besoin de dépistage, de mise en quarantaine et de traitements».

► À lire ici: Coronavirus: «L’Afrique n’est pas à l’abri», selon les Nations unies

• Réouverture des écoles au Sénégal le 2 juin

Le gouvernement sénégalais a annoncé ce mercredi la réouverture progressive des établissements scolaires dès le 2 juin. Les élèves qui sont en année d’examen pourront regagner leurs classes à cette date. Les établissements sont fermés dans tout le pays depuis le 16 mars. Le Sénégal a déclaré 933 cas confirmés de Covid-19 dont 344 guéris et neuf décès.

Dans un tweet, le président Macky Sall indique également que le Conseil des ministres recommande aux différentes académies de réfléchir à une reprise de l’enseignement supérieur pour la période du 2 au 14 juin.

• Un allègement des restrictions et des mesures économiques au Cameroun

Le Premier ministre camerounais Joseph Dion Ngute a annoncé ce jeudi dans un communiqué l’allègement de certaines mesures prises afin de contenir l’épidémie de coronavirus dans le pays. Les restaurants et lieux de loisirs pourront rouvrir au-delà de 18h, la restriction de passagers dans les transports en commun est levée, mais le port du masque reste obligatoire.

Des mesures fiscales pour venir en aide aux entreprises ont également été actées. Les vérifications générales de comptabilité sont suspendues pour le deuxième trimestre, et les entreprises affectées par la crise pourront bénéficier de différés de paiement. Le paiement de la taxe foncière est, lui, reporté au 30 septembre. Le Premier ministre annonce également l’allocation d’une enveloppe de 25 milliards de FCFA afin de soutenir les trésoreries des entreprises. Enfin, des aides sociales vont être renforcées: les allocations doivent passer de 2800 FCFA à 4500 FCFA, et les anciennes pensions, qui n’ont pas été revalorisées en 2016, seront augmentées de 20%.

Le Cameroun annonce aussi la réouverture de ses universités pour juin. Le ministre de l’Enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo a annoncé que les universités rouvriront leurs portes le 1er juin au Cameroun. Le calendrier sera réaménagé avec une prolongation de l’année scolaire jusqu’au 20 août. Le ministre recommande également le nettoyage régulier des salles et l’installation de nombreux points d’eau pour le lavage des mains.

• Réouverture des banques et des transports publics dès lundi au Nigeria

Le gouvernement nigérian a annoncé la réouverture des banques et des bureaux gouvernementaux dès ce lundi 4 mai. Le groupe de travail sur le coronavirus formé par le président a indiqué que ces réouvertures étaient prévues dans le cadre de l’allègement du confinement de la capitale Abuja, de la ville de Lagos et de l’État d’Ogun. Les écoles resteront en revanche fermées, et les restaurants ne seront autorisés d’ouvrir que pour la vente à emporter. Les transports en commun, eux, fonctionneront entre 6h du matin et 18h. Les industriels et sites de constructions pourront reprendre le travail, mais avec un nombre limité de salariés.

• Au Soudan, le coronavirus fait son entrée dans la prison de Kober

Ahmed Haroun, le dirigeant de l’ancien parti au pouvoir au Soudan et aujourd’hui détenu dans la prison de Kober, a été testé positif au Covid-19. Il a été transféré à l’hôpital, selon sa famille. La prison de Kober, c’est aussi le lieu de détention du président déchu Omar el-Béchir et des responsables de l’ancien régime. Les proches de ces prisonniers craignent que les autres détenus soient atteints de la maladie. Ils mettent le gouvernement de transition «devant ses responsabilités».

• Le comité scientifique rend ses recommandations en Guinée

Les recommandations du conseil scientifique guinéen dans la lutte contre la propagation du coronavirus ont été rendues publiques ce mercredi. Les experts ont notamment demandé l’isolement ou l’hospitalisation de tous les patients atteints du Covid-19, notamment grâce à la réquisition d’hôtels ou l’installation de tentes dans des stades et des universités.

Le comité scientifique recommande également la séparation des cas positifs et des cas suspects, et l’interdiction des familles dans les centres de traitements. Seul le personnel soignant doit pouvoir y accéder, pour éviter tout cas de contamination. La disponibilité des équipements de protection pour les soignants doit également être assurée. La sensibilisation aux gestes barrières et à l’importance de l’isolement des cas positifs, les services essentiels de base pour les malades (notamment la nourriture) et les capacités de dépistage doivent aussi être renforcés.

Par ailleurs, l’ONG Human Rights Watch (HRW) s’inquiète de violations des droits humains liés aux mesures prises les autorités guinéennes pour lutter contre le Covid-19. «Des résidents de Conakry nous ont rapporté une atmosphère d’insécurité pendant le couvre-feu, avec des incidents comme des vols, des saccages, des cambriolages. Les abus perpétrés par les forces de sécurité ne font qu’exacerber une méfiance déjà profonde envers les autorités. C’est un obstacle supplémentaire à la lutte contre le Covid-19», explique Ilaria Allegrozzi, chercheuse à Human Rights Watch.

• Émeutes de prisonniers en Sierra Leone

Deux gardiens et cinq détenus de la prison de Pademba Road dans la capitale Freetown en Sierra Leone ont été tués durant une émeute ce mercredi. Les raisons de la mutinerie des prisonniers n’ont pas été établies, mais elle s’est produite un jour après qu’un détenu a été déclaré positif au Covid-19. Les autorités ont condamné la section de la prison par laquelle était passé le malade. Les prisonniers qui l’avaient côtoyé ont, eux, été mis en surveillance sanitaire.

• Le Mozambique prolonge l’état d’urgence

Le président du Mozambique Filipe Nyusi prolonge de trente jours l’état d’urgence afin de limiter la propagation du coronavirus. Selon le chef d’État, la mesure instaurée le 1er avril a permis de ralentir l’épidémie sur le territoire, raison pour laquelle elle doit être étendue. Il a cependant alerté sur le fait qu’encore beaucoup de personnes sortent de leurs domiciles sans raison valable, et a encouragé les citoyens à faire encore plus pour limiter le nombre de personnes positives.

• La colère des médecins face à l’arrivée des experts cubains en Afrique du Sud

Le premier syndicat des médecins, le SAMA, a dénoncé ce mercredi l’appel d’experts cubains en Afrique du Sud. Selon lui, le gouvernement aurait dû prévoir une préférence nationale vis-à-vis des praticiens hospitaliers sud-africains. Mais le ministère de la Santé assure que l’équipe cubaine comprend des spécialistes renommés, et notamment des épidémiologistes ou des biostatisticiens.

L’autre point d’interrogation souligné par la presse, c’est le coût de cette opération officiellement présentée comme humanitaire. Elle s’élèverait à 22 millions d’euros, selon un document reçu par le Trésor sud-africain, dont 15 millions destinés aux salaires des médecins. L’ambassade de Cuba s’est empressé de démentir, en affirmant que les docteurs sont payés par La Havane. Le ministère de la Santé d’Afrique du Sud, est lui, resté silencieux sur le sujet.

À lire ici: Coronavirus en Afrique du Sud: polémique après l’arrivée de médecins cubains

• À Madagascar, la diplomatie du Covid-Organics

Depuis deux semaines, le président malgache Andry Rajoelina vante les bienfaits du Covid-Organics, décoction à base d’artémisia censée prévenir voire même guérir du coronavirus. Le chef d’État multiplie les entretiens pour défendre son traitement devant ses homologues africains, avec le Sénégal et la RDC notamment. La Guinée-équatoriale a même envoyé un avion mercredi sur la Grande Île pour ramener sur son sol un don de plus de 10000 doses de ce remède.

Ce jeudi, c’est la Guinée-Bissau qui doit envoyer un avion à son tour. Le président bissau-guinéen a indiqué qu’il pourrait récupérer les paquets de Covid-Organics pour ensuite les distribuer aux quinze pays membres de la Cédéao, l’organisation régionale ouest-africaine. Selon la directrice de cabinet de la présidence malgache, cela a déjà été convenu avec le Togo et le Sénégal.

• Des hôtels sud-africains se mobilisent pour loger des soignants

Alors que les soignants sont en première ligne face à l’épidémie, la plateforme Ubuntu Beds leur permet d’être accueillis dans des hôtels, désormais presque vides, afin de dormir au plus près de leur lieu de travail. À ce jour, environ 400 établissements ont offert leur hospitalité, et ont déjà proposé des chambres à 300 soignants. «Tous les voyageurs internationaux sont rentrés chez eux, et notre hôtel serait sans doute resté vide jusqu’à la fin du confinement. Pour que ça marche, on nettoie en profondeur nos chambres très régulièrement, et les quelques espaces communs sont aussi très souvent désinfectés. On n’accepte plus qu’une personne par chambre», détaille Kim Whitaker, à l’origine du projet.

►À écouter, le reportage de notre correspondante: Afrique du Sud: une initiative pour payer l’hôtel au personnel soignant

• L’impression 3D, nouvel outil de la lutte contre le coronavirus en Afrique

L’impression 3D pourrait-elle être une solution à la pénurie d’équipements médicaux? Des initiatives se multiplient pour utiliser cette technologie dans la fabrication de masques, de visières ou d’appareils respiratoires. Basée au Togo et au Ghana, l’association Energy Generation a développé une plateforme Covid-19 3D Print. «On a fait une production pilote d’une cinquantaine de pièces et on est en mesure de produire beaucoup plus en fonction des besoins», explique Astria Fataki, la fondatrice de l’association. L’objectif: préparer un plan B pour les hôpitaux, si les équipements venaient à manquer.

À écouter ici: L’Afrique teste l’impression 3D dans le combat contre le Covid-19

Source de cette publication : RFI

Maria Rodriguez
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