Coronavirus : le point du jour sur le Covid-19, vendredi 17 avril

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Coronavirus : le point du jour sur le Covid-19, vendredi 17 avril

RÉFLEXES

Les bons gestes pour se protéger

Se laver les mains très régulièrement à l’eau et au savon (au moins 20 secondes) ou à défaut au gel hydro-alcoolique, à chaque arrivée dans un nouveau lieu. Ne pas rendre visite aux personnes âgées pour éviter de les contaminer, ni aux personnes souffrant déjà d’une autre maladie. Se tenir à 1-1,50 mètre de distance lors des déplacements obligatoires. Ne pas serrer la main ou faire la bise pour se saluer. Tousser ou éternuer dans l’intérieur de son coude.

Que faire en cas de suspicion d’infection ?

Les recommandations sont formulées ainsi sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé :

J’ai des symptômes (toux, fièvre) qui me font penser au Covid-19 : je reste à domicile, j’évite les contacts, j’appelle un médecin avant de me rendre à son cabinet ou j’appelle le numéro de permanence de soins de ma région. Je peux également bénéficier d’une téléconsultation. Si les symptômes s’aggravent avec des difficultés respiratoires et signes d’étouffement, j’appelle le SAMU-Centre 15. Pour des questions non médicales, appeler le numéro vert Coronavirus au 0 800 130 000 (gratuit, 7 jours sur 7, 24h sur 24).

Déplacements

Les déplacements sont interdits sauf dans quelques cas, à savoir : déplacement de son domicile à son lieu de travail si le télétravail n’est pas possible, les achats de première nécessité dans les commerces de proximité autorisés, se rendre chez le médecin, se déplacer pour la garde de ses enfants ou pour aider des personnes vulnérables et pratiquer une activité sportive individuelle. Pour tous ces déplacements, il faudra se munir d’une attestation.

MISE A JOUR

Retrouvez en début de soirée la mise à jour de cet article avec les principales déclarations du point presse du directeur général de la santé Jérôme Salomon.

Science

COVERAGE, un essai clinique axé sur les plus de 65 ans

Son objectif : comparer 4 traitements différents et un bras contrôle chez des personnes de plus de 65 ans, les plus à risque face à l’épidémie de Covid-19. COVERAGE vise en effet à traiter ces patients à la maison pour leur éviter une hospitalisation. L’essai clinique a été lancé il y a deux jours, le mercredi 15 avril, par le CHU de Bordeaux ; il est mené sur 1000 personnes ayant été diagnostiqués mais présentant « une forme non sévère » de la maladie, « ne nécessitant pas d’hospitalisation », et qui en temps normal, auraient sans doute été orientés vers leur domicile, avec traitement à base de paracétamol, suivi de près des symptômes, prises de température, etc., a précisé le CHU. « Il leur sera proposé d’aller plus loin en participant à l’essai » qui intègre notamment l’hydroxychloroquine (voir notre article « à Bordeaux, l’essai clinique Coverage traite les plus de 65 ans à domicile »).

Immunité de groupe, la question de l’échantillon représentatif

L’immunité de groupe (ou “seuil d’immunité grégaire”) désigne le pourcentage de personnes immunisées au sein d’une population pour que le virus ne circule plus et que la contagion soit stoppée. Comment connaître l’immunité grégaire d’un groupe, sans tester toute la population ? Le choix d’un échantillon représentatif est alors déterminant. C’est le sujet d’expertise de Judith Mueller, médecin épidémiologiste à l’École des hautes études en santé publique et à l’Institut Pasteur, interrogée par Sciences et Avenir. Dans cet entretien, la scientifique explique qu’il s’agit de déterminer un échantillon représentatif d’une population donnée, de tester cet échantillon et d’“extrapoler” le résultat à l’ensemble de la population. « La taille de cet échantillon dépend de nos exigences, explique Judith Mueller. Avec quelle précision cherchons-nous à déterminer l’état sérologique de la population ? Quel est l’intervalle de confiance exigée ? En général, pour une maladie répartie de façon homogène, un échantillon de quelques milliers de personnes bien choisies suffit à déterminer cette valeur pour le pays » (voir notre article « Covid-19 et déconfinement : l’art d’établir un échantillon représentatif).

Les morts pourraient être contagieux

A Bangkok (Thaïlande), un professionnel de la médecine légale a été contaminé par le coronavirus, comme le rapporte le Journal of Forensic and Legal Medicine où des médecins alertent sur le risque de contagion que représentent les cadavres. Si ce mode de transmission n’a pas été confirmé, les mesures de précaution sont d’ores et déjà de rigueur. Et les médecins légistes, employés de morgue et de pompes funèbres font l’objet de diverses recommandations. Ainsi, à Paris, les hôpitaux de l’AP-HP recommandent depuis le 20 mars 2020 à ses soignants le port d’un masque chirurgical, d’une coiffe (charlotte, calot), d’une surblouse à manches longues à usage assortie d’un tablier en plastique et d’une paire de gants à usage unique. Le corps de la victime du Covid-19 devra alors être enveloppé dans une housse mortuaire étanche hermétiquement close, qui devra être désinfectée. Le tout doit à nouveau être enveloppé dans une seconde housse mortuaire étanche hermétiquement close, qui devra elle aussi être désinfectée (voir notre article « Les morts pourraient rester contagieux »).

France

Les spécialistes français rassurent les porteurs de lentilles

La méconnue SFOALC (Société française des ophtalmologistes adaptateurs de lentilles de contact) l’assure sur son site internet : « Rien ne prouve que le port de lentilles augmente le risque d’infection ». Une prise de position en écho aux récentes recommandations de l’Association américaine d’ophtalmologie qui prône, elle, en ces temps de Covid-19, de ne pas porter de lentilles et de préférer les lunettes le temps de l’épidémie. La SFOALC en profite néanmoins pour rappeler les mesures d’hygiène des mains toujours impératives pour empêcher le risque de conjonctivite et de kératite, les infections des membranes de l’œil, la conjonctive et la cornée (notre article : « Pas de panique pour les porteurs de lentilles »).

Etranger

La Chine revoit son bilan à la hausse et dément les manipulations

Vendredi 17 avril 2020, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian l’a assuré : « Il n’y a jamais eu aucune dissimulation et nous n’autoriserons jamais aucune dissimulation ». La veille, le président Macron avait mis en cause le manque de transparence de Pékin, emboîtant le pas aux Américains. Il y a « manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas », a-t-il déclaré au quotidien britannique Financial Times, mettant aussi en doute le bilan affiché par la Chine. Zhao Lijian a cependant reconnu « des retards » et « des omissions » dans l’enregistrement des décès peu après que la mairie de Wuhan eut créé la surprise en révisant à la hausse son nombre de morts. Elle a annoncé 1.290 morts supplémentaires tout en expliquant leur non comptabilisation initiale par le fait qu’ils étaient décédés chez eux et non à l’hôpital. Ce nouveau décompte porte à 4.632 le bilan des décès enregistré dans le pays le plus peuplé du monde. Un chiffre qui reste très en-deçà de certaines estimations (notre article : « La Chine dément toute dissimulation »).

Arrêt des financements par les Etats-Unis : des conséquences importantes pour l’OMS

Mardi 14 avril, Trump a déclaré une suspension des financements de l’Organisation mondiale de la santé par les Américains. Une décision potentiellement très dommageable : les États-Unis sont le plus gros financeur de l’OMS. Le pays possède non seulement la plus grosse part de barème dans ses versements mais c’est aussi lui verse le plus de contributions volontaires pour des projets en particulier. En 2019, les États-Unis ont versé environ 500 millions de dollars à l’OMS. Cela équivaut à environ 22%, soit plus d’un cinquième de son budget. En 2017, la contribution des Américains représentait environ 17% du budget de l’organisation. L’arrêt des versements de la part des États-Unis va donc peser considérablement sur les missions que l’OMS s’efforce d’assurer à travers le monde. Parmi les réactions, celle de Bill Gates, l’ancien patron de Microsoft et aujourd’hui à la tête de la gigantesque fondation philanthropique Bill & Melinda Gates Foundation, pour lequel l’arrêt des subventions américaines s’avère « particulièrement dangereux. » Les missions de l’OMS « sont en train de ralentir la progression du Covid-19 ; si ce travail est arrêté, aucune autre organisation n’est là pour prendre le relais. Le monde a besoin de l’OMS comme jamais », a-t-il tweeté. (voir aussi notre article « Trump suspend les financements américains de l’OMS : quelles conséquences ? »)

 

 

En Inde, le Kerala à l’avant garde de la lutte contre l’épidémie

Dans cet Etat méridional de l’Inde, la gestion de l’épidémie de Covid-19 offre un saisissant contraste avec la façon dont elle se déroule à l’échelon national, marquée d’une grande impréparation (le Premier ministre indien a annoncé au soir du 23 mars 2020, quatre heures avant l’échéance, que chacun devait rester chez soi pour quinze jours). Si le Kerala et ses 34 millions d’habitants semblent s’en sortir avec les honneurs, c’est en ayant appliqué le “mantra” de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : “test, trace, isolate, treat”, autrement dit tester, isoler, traiter et rechercher les contacts. Aujourd’hui, il franchit une première étape, en ayant « aplati la courbe de ses cas de Covid-19 » comme l’explique Sciences et Avenir dans sa nouvelle revue de presse consacrée à l’Asie.

Ile Féroé a la population la plus testée au monde

Plus de 10% des 52.000 habitants de cet archipel danois ont été testés. Et grâce à un laboratoire vétérinaire ! La population des îles Féroé est ainsi, proportionnellement, la plus dépistée au monde. Cela leur a permis de mettre en quarantaine les personnes à risques et de stopper la propagation du virus. Un vétérinaire, Debes Christiansen, chef du département pathologies du laboratoire Inova, est à l’origine de cette stratégie : elle s’appuie sur l’expérience qu’a les îles Féroé des épidémies virale subies depuis le début du siècle… dans ses fermes de saumons ! (Voir notre entretien : « Les îles Féroé ont la population la plus testée au monde pour le coronavirus ! »)

Source : Sciences

Roberta Flores
Roberta Flores
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