Coronavirus: le Yémen confronté à une nouvelle guerre

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en guerre depuis 2014, le Yémen enregistre son premier cas de coronavirus

La commission gouvernementale d’urgence nationale a annoncé, vendredi 10 avril, un premier cas de contamination dans le pays. Déjà meurtri par une guerre qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes et par la crise humanitaire qui en a découlé, le Yémen craint une catastrophe sanitaire avec l’arrivée du Covid-19 sur son territoire.

« Le premier cas confirmé de nouveau coronavirus a été recensé dans la province de Hadramout » : c’est avec ces mots, relayés sur Twitter vendredi 10 avril, que la commission gouvernementale d’urgence nationale sur le Covid-19 a annoncé que la pandémie touchait désormais aussi le Yémen. La personne contaminée est soignée et se trouve dans un état stable. La commission, dirigée par le président Abd Rabbo Mansour Hadi, précise également que tout a été mis en œuvre pour limiter la propagation du coronavirus.

Cessez-le-feu de la coalition, qui craint la propagation du coronavirus

Cette première contamination est une épreuve de plus pour une population déjà très éprouvée par une guerre civile qui dure depuis bientôt six ans et par une crise humanitaire terrible. Les bombardements, l’embargo, la famine et plusieurs épidémies ont déjà fait des ravages, avec plusieurs dizaines de milliers de morts et 24 millions de Yéménites dépendant de l’aide humanitaire selon les Nations unies (ONU). Désormais, le Covid-19, qui a coûté la vie à presque 100 000 personnes dans le monde (chiffres officiels au 9 avril), touche aussi le Yémen.

Interrogé par RFI, Yann Josses, coordinateur général de Médecins du monde dans le pays, se dit tès inquiet : « Le Yémen, ces dernières années, a fait face à de nombreuses épidémies, l’épidémie de dengue mais surtout celle de choléra, très meurtrière. Ce qui nous inquiète aussi dans le pays, c’est la difficulté d’appliquer les « gestes barrières » [pour limiter la transmission du virus, ndlr], il y a un manque d’eau partout dans le Yémen. Enfin il y a une économie majoritairement informelle, donc ça va être compliqué pour les autorités de fermer tous les commerces. On a peur qu’il n’y ait pas de possibilités de confinement dans les semaines ou les mois à venir. »

Cessez-le-feu unilatéral

Jeudi, la coalition – menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis notamment – qui mène la guerre contre le Yémen décrétait un cessez-le-feu unilatéral de deux semaines. Riyad et Abou Dhabi disent avoir répondu favorablement à la demande de l’ONU, qui a appelé à un arrêt des combats afin de lutter contre le Covid-19. L’Arabie saoudite, qui compte plus de 3200 contaminations et 44 décès sur son territoire, redoute que l’arrivée du Covid-19 au Yémen voisin accélère un peu plus la crise sanitaire à laquelle elle doit faire face elle-même.

Les rebelles houthis, milice chiite soutenue par l’Iran et qui contrôle la capitale yéménite Sanaa et tout le nord-ouest du pays, ont eux rejeté le cessez-le-feu proclamé par leurs ennemis de la coalition. L’un de leurs responsables y voit « une manœuvre politique et médiatique ». Les Houthis réclament toujours l’arrêt illimité des combats et la levée du triple blocus terrestre, aérien et maritime. Pour les Yéménites, la situation se complique toujours plus avec un nouveau fléau supplémentaire du nom de de Covid-19.

Source du post: RFI

Marino Stozza
Marino Stozza
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