Coronavirus: les conditions de succès de la réponse (réussie) de Taïwan dans sa lutte contre le coronavirus

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Le Trésor américain et les compagnies aériennes s'accordent sur un plan de sauvetage

A l’heure où le confinement s’est généralisé comme réponse à l’épidémie de covid-19, il est une lueur d’espoir de regarder l’exemple taiwanais qui nous propose une sortie de crise.

Michel Helbig de Balzac, administrateur de plusieurs biotechs belges et Yves de Monie, ancien banquier ayant séjourné 4 ans à Taïwan

En 2003 l’épidémie mondiale de Sras avait profondément traumatisé les Taïwanais. Avec 84 morts, Taïwan se plaçait tristement à la 3e place après la Chine et Hong-Kong.

Taïwan avait alors pris la résolution de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour éviter un nouveau cataclysme et avait installé un centre de commandement dédié aux futures crises sanitaires.

Outre cet antécédent , Taiwan a aujourd’hui à sa tête une Présidente visiblement très éduquée, secondée par un vice-président épidémiologiste, particulièrement qualifié pour pouvoir affronter rapidement une nouvelle épidémie, d’autant plus que Taiwan possède un des systèmes de santé les plus efficaces du monde .

  • Réponse organisationnelle

Tout d’abord Taiwan a eu très rapidement accès à des informations grâce à ses nombreux expatriés vivant en Chine .

Dès le 31 décembre 2019, à l’annonce par la Chine de cas de pneumonies d’origine inconnue, un centre de commandement, dirigé par le Ministre de la santé, Docteur en dentisterie, a été mis en place qui a mis sous tutelle l’ensemble des ministères pour le traitement de cette potentielle future épidémie.

Tous les taïwanais en provenance de Wuhan furent mis en quarantaine.

Dès le 23 janvier et l’annonce du confinement de la ville de Wuhan par les autorités chinoises, la frontière fut fermée aux étrangers . Les Taïwanais en provenance de Chine furent testés et en cas de test positif, mis en quarantaine dès leur arrivée .

La mise en quarantaine systématique a été complétée par la traçabilité des personnes avec lesquelles elles furent en contact .

La culture asiatique,emprunte de civisme et de soumission à l’autorité, prédispose les citoyens à accepter plus facilement qu’en Europe les ordres venus d’en haut et Taïwan n’y déroge pas quant aux formes de non-respect. Preuve en est, l’amende de 31.000 € infligée à un Taïwanais sorti de sa quarantaine pour aller danser dans une discothèque de la capitale.

Enfin, il n’y a aucune pénurie de masques à Taïwan. Les autorités ont pris les mesures nécessaires que pour en assurer la production . Désormais, ils peuvent non seulement répondre aux besoins des taïwanais – qui tous en portent chaque jour et en changent régulièrement – mais également en exporter, notamment vers les USA .

Cette première étape a été gagnée par les autorités taïwanaises. A ce jour, Taïwan ne compte que 195 cas et 2décès .

  • Taïwan n’est pas membre de l’OMS

Depuis quelques semaines, des voix se sont fait entendre pour défendre l’idée de voir Taïwan intégrer l’OMS, chose impensable pour la Chine qui considère Taïwan comme une de ses provinces.

Mais certains estiment que c’est précisément l’indépendance de Taiwan vis a vis de l’OMS qui lui a permis d’agir rapidement et efficacement dès décembre 2019.

Les chinois sont, quant a eux bien présents à l’OMS. On pourrait penser que l’actuel directeur général Trebos Ghebreyesus,de nationalité éthiopienne, qui a succédé à un directeur chinois, a bénéficié de leur appui .

Pour rappel, l’Ethiopie a bénéficié de nombreux investissements chinois dans le cadre de l’établissement de la nouvelle route de la soie.

Or nous savons que fin décembre, la Chine avait nie l’épidémie, rappelons-nous l’incarcération du docteur Li Wenglang lanceur d’alerte, tout comme l’OMS avant que tous deux ne finissent par la reconnaître .

En Europe , la Belgique et la France, par exemple, ont suivi les recommandations du directeur de l’OMS qui affirmait le 3 février que les restrictions de vol étaient inutiles, faisant ainsi perdre de précieuses semaines et permettant surtout à l’infection de se propager.

  • Maintenant la seconde vague

L’économie taïwanaise ne s’est jamais arrêtée.

Néanmoins une nouvelle phase a démarré le 18 mars qui voit rentrer a Taiwan de nombreux ressortissants ayant séjourné dans des pays contaminés, surtout en Europe et aux USA, dont beaucoup d’étudiants. Tous sont contrôlés à leur sortie d’avion et les porteurs du virus identifiés et mis en quarantaine. Ce sera encore 3 semaines d’inquiétudes pour confirmer le succès total de la réponse taïwanaise.

En Europe les deux facteurs sont combinés mais les contrôles à l’arrivée furent inexistants, créant ainsi une source supplémentaire de propagation.

La relance de l’économie en Europe, et en Belgique en particulier, nécessitera sans doute la généralisation des tests pour éviter les récidives et identifier les personnes immunisées.

Source de cet article : Lalibre.be

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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