Coronavirus : « Les prix immobiliers vont baisser, mais pas s’effondrer »

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Immobilier - Coronavirus : « Les prix immobiliers vont baisser, mais pas s'effondrer »

Patron de MeilleursAgents.com, site leader de l’estimation en ligne (300 collaborateurs, 12 000 agences partenaires), Sébastien de Lafond prône la carte digitale pour empocher la mise dans un marché immobilier bousculé par l’épidémie de Covid-19.

Le Point : Qu’a changé l’épidémie de coronavirus dans votre organisation interne ?

Sébastien de Lafond : Entre le 13 et le 16 mars, 100 % de nos effectifs ont été mis en télétravail. Ce basculement avait été en quelque sorte « préparé » afin de faire face aux récents mouvements sociaux des Gilets jaunes et aux grèves de transports en commun. Nous avions accentué le transfert des plateaux téléphoniques et informatiques, davantage de personnel œuvrant ainsi à distance de notre siège parisien du boulevard Haussmann. Cette dématérialisation plus ou moins forcée convient d’ailleurs assez bien à certains spécialistes des départements marketing ou data science, aux profils techniques d’ingénieurs aimant bien travailler au calme pour réfléchir et coder. Nos réunions rituelles (standing meeting) étaient déjà institutionnalisées en mode hybride, avec des collaborateurs présents physiquement dans nos bureaux, et d’autres connectés par écrans interposés. Coronavirus oblige, tout le monde se retrouve aujourd’hui à l’ouvrage en mode digital.

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Dans un tel contexte de crise sanitaire, quelle est la pertinence de votre offre ?

Faute de pouvoir continuer à faire visiter des logements, nos 12 000 agences clientes/partenaires se sont retrouvées au chômage technique, tout ou partie. Ce coup d’arrêt a été d’autant plus violent que le début d’année avait été tonitruant. Désormais, ces agences immobilières qui ont baissé le rideau mettent le paquet afin de trouver une parade en augmentant leur exposition digitale. Notamment auprès des clients qui préparent leur vente en affinant leur estimation de prix, mais aussi d’agence immobilière, en choisissant le maillon fort qui sera le meilleur intermédiaire pour réussir la cession. Nous organisons aussi des « webinar », des séminaires sur Internet qui offrent aux professionnels des conseils sur la façon de tirer parti du digital pendant cette phase de confinement imposé, et apprendre comment préparer au mieux la reprise. À ce sujet, nous venons de lancer un produit destiné aux agences visant à les rapprocher des particuliers vendeurs. Fini les prospectus dans les boîtes aux lettres ! Nous connectons les deux parties à travers la préconisation d’une « short list » d’agences immobilières dans un secteur géographique donné, en respectant strictement l’anonymat des particuliers figurant dans le « coffre-fort » de notre base de données. Certains chocs sont source d’opportunités. Et MeilleursAgents fait sienne la maxime du navigateur Éric Bellion, brillant compétiteur du Vendée Globe : « Innover grâce à la contrainte ».

Quel scénario de reprise immobilière envisagez-vous ?

Les particuliers n’appellent plus, mais leurs projets d’annonces ne disparaissent pas pour autant. Et ceux qui sèment aujourd’hui vont sans doute récolter les fruits cet été. Nous misons sur un redémarrage d’activité graduel à partir du mois de juin, avec un scénario de reprise en U et non en V. Nous pensons que deux à trois mois de business seront perdus, soit 200 000 à 300 000 ventes en moins sur l’année. Mais beaucoup de ces achats devraient se reporter en 2021.

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Quid des prix ?

Les valeurs de la pierre vont sans doute baisser dans les prochains mois, mais de façon modérée. On peut envisager un recul de 5 à 10 % à Paris. Pour mémoire, lorsque l’épidémie de Sras a frappé Hongkong en 2003, les ventes y ont chuté de 70 % alors que les prix n’ont perdu que – 1,3 %. En France, l’impact de l’actuelle crise sanitaire ne frappera pas pareillement les territoires et leurs parcs immobiliers. Les marchés très demandés et aux acheteurs potentiels financièrement moins fragiles (cadres en CDI, pouvant télétravailler) résisteront mieux. Les métropoles seront sans doute plus épargnées par le recul des prix. En dehors de ces agglomérations, la baisse des prix pourrait se chiffrer à deux chiffres. Toutefois, ces anticipations s’inscrivent dans l’hypothèse d’une sortie de crise relativement rapide. Car ces prédictions viendraient à s’envoler si l’épidémie de Covid-19 est amenée à bégayer, et/ou si la mise au chômage partiel ou total de nombreux salariés se prolonge, voire s’amplifie. Ce qui entraînerait alors une récession dont les effets sur le marché immobilier pourraient durer plusieurs années.

Source : Lepoint.fr

Pascal Guy
Pascal Guy
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