Covid-19 : et le pic se transforma en plateau

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L’expression très employée au début de la crise du Covid-19 de pic épidémique a été remplacée ces derniers jours par celle de plateau. «Un très haut plateau semble se dessiner mais l’épidémie reste active», expliquait samedi le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon. Une manière de préparer les esprits à une décroissance lente et non rapide comme l’induit la notion de pic. Mais pas seulement.

«Le plateau est un moment où le nombre de nouveaux cas est égal à la somme du nombre de guéris et de morts. Cela correspond à un plateau avec un nombre stable de personnes malades», détaille la direction générale de la santé pour Libération. La donnée regardée ici est donc celle du nombre de malades dans les hôpitaux français à un instant donné.

L’effet confinement

La transmissibilité du virus de la maladie a conduit les épidémiologistes à s’attendre à une évolution exponentielle de la courbe des malades, ce qui a justifié le confinement. «On ne pouvait cependant pas prédire l’effet réel du confinement puisque c’est une mesure totalement inédite. Il a permis une stabilisation, un plateau du nombre de patients hospitalisés, qui devrait maintenant amorcer une diminution», explique Daniel Lévy-Bruhl de Santé publique France.

En France, la courbe du nombre de personnes hospitalisées se stabilise à un «haut plateau» : au-delà de 30 000. En réanimation, on se situe entre 6 500 et 7 000. «Quand on rabote un pic, on obtient un plateau», illustre l’épidémiologiste Antoine Flahault. Une manière de dire que ces notions dépendent beaucoup de l’allure des courbes représentant les données.

Cette stabilisation est possible car on a diminué le nombre de nouveaux cas par jour. Depuis début avril, il y a de moins en moins d’entrées à l’hôpital, signe que le virus circule moins. En effet, selon les analyses de l’équipe de Samuel Alizon à Montpellier, le confinement a bien cassé la dynamique épidémique. Depuis la fin mars, un malade infecte moins d’une personne, contre entre 2,5 et 3 avant le confinement.

Si le nombre total de malades ne baisse pas tout de suite après la baisse du nombre de nouveaux infectés par jour, c’est qu’il faut prendre en compte le temps d’incubation mais aussi la durée de l’hospitalisation nécessaire (jusqu’à plusieurs semaines).

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Mais cette évolution est fragile. «Ce plateau est artificiel. Il est créé par le confinement. Si on relâche trop tôt le confinement, l’épidémie repartira à la hausse», prévient le chercheur CNRS Arnaud Banos. On ne parlera alors plus de plateau mais bien, de nouveau, de pic. Pour éviter une deuxième vague épidémique, il faudra «limiter la circulation du virus en associant aux mesures de distanciation sociale, des mesures très fortes pour identifier les nouveaux cas et leurs contacts et les isoler», estime Daniel Lévy-Bruhl.

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Autre point noir, la qualité des données de base auxquelles ont accès les chercheurs. «On travaille à l’aveugle sur cette épidémie. Nous ne pouvons nous satisfaire des données actuelles, il y a trop d’inconnues. Il faut des campagnes de tests massives», plaide Arnaud Banos. Pas sûr qu’il soit exaucé puisque selon le président de la République, tester toute la population «n’aurait aucun sens».

 

Source du post: liberation.fr

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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