Covid-19 : le panorama des 115 candidats vaccins

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Depuis plusieurs mois déjà, la course au vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-2 est lancée. Première étape majeure, la publication de sa séquence génétique le 11 janvier 2020, véritable coup de feu pour la recherche à travers le monde. Des dizaines de projets, dans des laboratoires pharmaceutiques et des instituts de recherche sont depuis lancés. Et pour cause, sur ce vaccin reposent tous les espoirs d’une immunisation sur le long terme, clé d’un déconfinement total en toute sécurité. Pour mieux comprendre qui sont les acteurs majeurs dans cette course à l’immunisation et quelles voies sont employées pour créer un vaccin efficace, la revue Nature a établi un panorama de tous les projets recensés.

À la date du 8 avril 2020, pas moins de 115 candidats vaccins étaient dénombrés. Pour 78 d’entre eux, le projet était suffisamment étayé pour connaître son étape de développement. Sur ces 78 donc, 73 se situaient au stade de recherche ou au stade pré-clinique (essais sur l’animal), pour savoir comment la molécule se comporte. Les projets les plus avancés ont commencé leur développement clinique, composé des phases I, II et III, durant lesquelles le produit est testé sur l’humain. Il s’agit du ARNm-1273 de Moderna, de l’Ad5-nCoV de Cansino Biologicals, d’INO-4800 d’Inovio, de LV-SMENP-DC et du pahto-specific aAPC du Shenzhen Geno-Immune Medical Institute. De nombreux acteurs lancé dans « la course au vaccin » contre le Covid-19 ont indiqué vouloir tester leur molécule sur l’humain courant 2020.

En bref, qu’est-ce qu’un essai clinique ?

Qu’il vise à s’assurer de la qualité d’un médicament, d’un traitement ou d’un vaccin, il se déroule généralement en trois phases à l’issue desquelles le produit pourra, ou non, être commercialisé. La première phase, à laquelle participent quelques dizaines de volontaires en bonne santé, permet de tester la tolérance de l’organisme à la substance concernée, d’évaluer la réponse du système immunitaire et de surveiller les effets indésirables. La deuxième prend généralement place dans une partie du monde touchée par la maladie et inclut plusieurs centaines de participants, dont d’avantage appartiennent à des groupes à risque (maladies respiratoires, cardiopathies, diabète, etc.). Enfin, la troisième phase examine l’efficacité du vaccin chez plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de personnes au profil sanitaire large.

Plusieurs techniques pour arriver à un vaccin efficace

Dans cette course au vaccin, chaque acteur fait le pari sur la technique de son choix. Car pour arriver à un vaccin efficace, plusieurs possibilités s’offrent aux chercheurs. Une diversité qui se retrouve dans le panorama établi par Nature : acides nucléiques (issus de l’ADN ou l’ARN), pseudo-particules virales, peptides, vecteurs viraux (recombinants ou non), protéines recombinantes, vaccins vivants atténués et virus inactivés. « Certaines de ces techniques pourraient être plus favorables pour certains types de populations, comme les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes ou encore les personnes immunodéprimées« , notent les auteurs de l’article.

« Les candidats qui utilisent l’ADN ou l’ARN offrent une grande flexibilité dans la manipulation des antigènes, ce qui offre la possibilité aux laboratoires qui utilisent cette base pour leur vaccin d’être assez rapides« , relève Nature. L’ARNm ou ARN message, l’intermédiaire entre l’ADN et les protéines qu’il code, sert à synthétiser la protéine du SARS-CoV-2 qui compose les spicules en surface du virus, ces éléments en forme de pointe avec lequel il s’accroche aux cellules hôtes. Moderna a commencé son test clinique du ARNm-1273 seulement deux mois après que la séquence génétique du vaccin a été identifiée. « Les vaccins basés sur des vecteurs viraux offrent, eux, une stabilité sur le long terme et entraînent une réponse forte du système immunitaire. » Il s’agit de délivrer une molécule d’ADN contenant un gène qui empêchera le virus de se multiplier dans les cellules hôtes, stoppant ainsi l’infection. Enfin, il existe déjà des vaccins basés sur des protéines recombinantes pour d’autres maladies. Les candidats de ce domaine pourraient profiter des moyens de production à grande échelle qui existent déjà dans ce domaine. Les vaccins recombinants utilisent des véhicules, comme le vaccin de la rougeole atténué, dans lequel on place un gène codant pour une protéine du virus SARS-CoV-2. Le virus vecteur délivre l’antigène du SARS-CoV-2 au système immunitaire, pour induire une réponse protectrice.

« La plupart des candidats qui publient des informations sur leur travail actuel se sont fixés l’objectif de neutraliser les anticorps contre la protéine virale (S), évitant ainsi une infection par le récepteur ACE2. Toutefois, il n’est pas évident de savoir pour l’instant si différentes formes ou variantes de cette protéine S sont utilisées dans les différents projets et si oui quels liens ils ont entre eux. Dans le cas du vaccin contre le SARS, il a été montré que cibler différents antigènes augmentait potentiellement la protection immunitaire« , précisent les auteurs.

Ajoutés au vaccin en lui-même, les adjuvants pourraient améliorer l’immunogenèse (l’apparition de l’immunité), ce qui nécessiterait de plus petites doses de vaccin et permettrait à plus de personnes d’être vaccinées. Jusque-là, au moins dix acteurs ont déclaré prévoir de développer des vaccins avec adjuvants contre le Covid-19. Il s’agit, entre autres, de GlaxoSmithKline (GMS), Seqirus et Dynavax, dont les adjuvants respectifs, AS03, MF59 et cpG 1018 seront disponibles pour les laboratoires qui développent le vaccin à proprement parler.

La plupart des acteurs de « la course au vaccin » viennent d’Amérique du Nord

Les profils des acteurs lancés dans la « course aux vaccins » sont variés. Parmi les 78 projets activement en cours, 72% d’entre eux (soit 56) émanent du secteur privé et de l’industrie. Les 28 % restants (soit 22 projets), émanent du monde académique, du secteur public ou encore d’organisations caritatives. Parmi les acteurs du secteur privé, on compte des mastodontes, tels que Janssen, Sanofi, Pfizer ou GlaxoSmithKline (GMS), mais Nature note qu’en parallèle une multitude de petits acteurs, parfois avec moins d’expériences, n’ont pas hésité à se lancer dans la course. « Il faudra s’assurer qu’au moment de la production du vaccin, la capacité industrielle pourra suivre la demande« , notent les auteurs. La plupart des acteurs viennent d’Amérique du Nord (36 d’entre eux, soit 46% de la part totale), de Chine (14, donc 18%), d’Asie hors Chine et d’Australie (14 également), et enfin d’Europe (là aussi 14). Il n’existe pour le moment aucune information concernant le développement d’un vaccin en Afrique ou en Amérique du Sud, « même si la capacité de production et le cadre de régulation existent dans ces régions. Il est probable qu’un contrôle efficace de la pandémie nécessite une meilleure coordination avec les pays de l’hémisphère Sud. »

En temps normal, le développement d’un vaccin nécessite dix années

En temps normal, le développement d’un vaccin nécessite environ dix années, rappelle Nature. « Les efforts pour répondre au COVID-19 sont uniques en terme d’échelle et de vitesse. Au vu de ces paramètres, un vaccin pourrait être prêt pour le début de l’année 2021. Cela représenterait une avancée fondamentale par rapport au développement traditionnel d’un vaccin, même comparé à la mise au point d’un vaccin contre Ebola en cinq ans« , ce qui était déjà une prouesse.

Ces nouvelles façons de faire nécessiteront d’adapter les processus de régulation et la capacité de production d’un tel produit. Mais avant tout, il faudra une « forte coopération internationale entre les acteurs, les régulateurs, les décideurs politiques, les instituts de santé publique et les gouvernements pour assurer que ces vaccins candidats prometteurs pourront être produits en quantité suffisante et distribués dans toutes les parties du monde affectées par la pandémie. » La balle ne se situe pas seulement dans le camp de la recherche. Les acteurs publics et politiques aussi ont leur rôle à jouer.

Depuis plusieurs mois déjà, la course au vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-2 est lancée. Première étape majeure, la publication de sa séquence génétique le 11 janvier 2020, véritable coup de feu pour la recherche à travers le monde. Des dizaines de projets, dans des laboratoires pharmaceutiques et des instituts de recherche sont depuis lancés. Et pour cause, sur ce vaccin reposent tous les espoirs d’une immunisation sur le long terme, clé d’un déconfinement total en toute sécurité. Pour mieux comprendre qui sont les acteurs majeurs dans cette course à l’immunisation et quelles voies sont employées pour créer un vaccin efficace, la revue Nature a établi un panorama de tous les projets recensés.

À la date du 8 avril 2020, pas moins de 115 candidats vaccins étaient dénombrés. Pour 78 d’entre eux, le projet était suffisamment étayé pour connaître son étape de développement. Sur ces 78 donc, 73 se situaient au stade de recherche ou au stade pré-clinique (essais sur l’animal), pour savoir comment la molécule se comporte. Les projets les plus avancés ont commencé leur développement clinique, composé des phases I, II et III, durant lesquelles le produit est testé sur l’humain. Il s’agit du ARNm-1273 de Moderna, de l’Ad5-nCoV de Cansino Biologicals, d’INO-4800 d’Inovio, de LV-SMENP-DC et du pahto-specific aAPC du Shenzhen Geno-Immune Medical Institute. De nombreux acteurs lancé dans « la course au vaccin » contre le Covid-19 ont indiqué vouloir tester leur molécule sur l’humain courant 2020.

En bref, qu’est-ce qu’un essai clinique ?

Qu’il vise à s’assurer de la qualité d’un médicament, d’un traitement ou d’un vaccin, il se déroule généralement en trois phases à l’issue desquelles le produit pourra, ou non, être commercialisé. La première phase, à laquelle participent quelques dizaines de volontaires en bonne santé, permet de tester la tolérance de l’organisme à la substance concernée, d’évaluer la réponse du système immunitaire et de surveiller les effets indésirables. La deuxième prend généralement place dans une partie du monde touchée par la maladie et inclut plusieurs centaines de participants, dont d’avantage appartiennent à des groupes à risque (maladies respiratoires, cardiopathies, diabète, etc.). Enfin, la troisième phase examine l’efficacité du vaccin chez plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de personnes au profil sanitaire large.

Plusieurs techniques pour arriver à un vaccin efficace

Dans cette course au vaccin, chaque acteur fait le pari sur la technique de son choix. Car pour arriver à un vaccin efficace, plusieurs possibilités s’offrent aux chercheurs. Une diversité qui se retrouve dans le panorama établi par Nature : acides nucléiques (issus de l’ADN ou l’ARN), pseudo-particules virales, peptides, vecteurs viraux (recombinants ou non), protéines recombinantes, vaccins vivants atténués et virus inactivés. « Certaines de ces techniques pourraient être plus favorables pour certains types de populations, comme les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes ou encore les personnes immunodéprimées« , notent les auteurs de l’article.

Sciences - Covid-19 : le panorama des 115 candidats vaccins

Les différents types de vaccins mis au point et leur avancement clinique. Crédit photo : Nature.

« Les candidats qui utilisent l’ADN ou l’ARN offrent une grande flexibilité dans la manipulation des antigènes, ce qui offre la possibilité aux laboratoires qui utilisent cette base pour leur vaccin d’être assez rapides« , relève Nature. L’ARNm ou ARN message, l’intermédiaire entre l’ADN et les protéines qu’il code, sert à synthétiser la protéine du SARS-CoV-2 qui compose les spicules en surface du virus, ces éléments en forme de pointe avec lequel il s’accroche aux cellules hôtes. Moderna a commencé son test clinique du ARNm-1273 seulement deux mois après que la séquence génétique du vaccin a été identifiée. « Les vaccins basés sur des vecteurs viraux offrent, eux, une stabilité sur le long terme et entraînent une réponse forte du système immunitaire. » Il s’agit de délivrer une molécule d’ADN contenant un gène qui empêchera le virus de se multiplier dans les cellules hôtes, stoppant ainsi l’infection. Enfin, il existe déjà des vaccins basés sur des protéines recombinantes pour d’autres maladies. Les candidats de ce domaine pourraient profiter des moyens de production à grande échelle qui existent déjà dans ce domaine. Les vaccins recombinants utilisent des véhicules, comme le vaccin de la rougeole atténué, dans lequel on place un gène codant pour une protéine du virus SARS-CoV-2. Le virus vecteur délivre l’antigène du SARS-CoV-2 au système immunitaire, pour induire une réponse protectrice.

« La plupart des candidats qui publient des informations sur leur travail actuel se sont fixés l’objectif de neutraliser les anticorps contre la protéine virale (S), évitant ainsi une infection par le récepteur ACE2. Toutefois, il n’est pas évident de savoir pour l’instant si différentes formes ou variantes de cette protéine S sont utilisées dans les différents projets et si oui quels liens ils ont entre eux. Dans le cas du vaccin contre le SARS, il a été montré que cibler différents antigènes augmentait potentiellement la protection immunitaire« , précisent les auteurs.

Ajoutés au vaccin en lui-même, les adjuvants pourraient améliorer l’immunogenèse (l’apparition de l’immunité), ce qui nécessiterait de plus petites doses de vaccin et permettrait à plus de personnes d’être vaccinées. Jusque-là, au moins dix acteurs ont déclaré prévoir de développer des vaccins avec adjuvants contre le Covid-19. Il s’agit, entre autres, de GlaxoSmithKline (GMS), Seqirus et Dynavax, dont les adjuvants respectifs, AS03, MF59 et cpG 1018 seront disponibles pour les laboratoires qui développent le vaccin à proprement parler.

Source : Sciences et avenir

Marino Stozza
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