Covid-19 : les morts pourraient rester contagieux

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Covid-19 : les morts pourraient rester contagieux

Les corps des victimes du Covid-19 pourraient toujours présenter un risque de contagion, d’après une lettre écrite dans le Journal of Forensic and Legal Medicine. A Bangkok (Thaïlande), un professionnel de la médecine légale a en effet été contaminé. Si ce risque n’a pas été confirmé, les mesures de précaution sont d’ores et déjà de rigueur.

De l’air ou du liquide résiduel dans les poumons

Au 20 mars 2020, la Thaïlande montrait seulement 272 cas de Covid-19, avec une propagation limitée et des cas « pour la plupart » importés, d’après les auteurs de la lettre, deux médecins hospitaliers locaux. « Il y a peu de chances que les professionnels de la médecine légale entrent en contact avec des patients infectés, mais ils peuvent avoir des contacts avec des échantillons biologiques et des cadavres« , écrivent-ils au sujet de leur confrère médecin légiste et infecté. « Contrairement à ce que l’on croit généralement, (…) la plupart des agents ne survivent pas longtemps dans le corps humain après la mort« , tempère l’Organisation Mondiale de la Santé dans une note de 2009. Si le potentiel infectieux post-mortem des victimes du Covid-19 reste incertain, ça ne serait cependant pas la première fois que ce phénomène serait observé.

Ainsi, la tuberculose peut être contractée à partir d’un cadavre si la bactérie est mise en aérosol, par exemple via l’air résiduel ou du liquide contenus dans les poumons, et que la manipulation du corps pourrait faire jaillir. Les éclaboussures de sang peuvent également transmettre le VIH (virus du Sida), ou les hépatites B et C. Enfin, les excréments s’écoulant du cadavre peuvent contenir des agents infectieux type choléra ou salmonellose.

En France à Garches (Hauts-de-Seine), l’autopsie d’une personne décédée à son domicile a confirmé la présence du virus du Covid-19 cinq jours après le décès, rapportait Le Parisien. Pour autant, « la détection du virus en post mortem ne signifie pas forcément que le virus est encore actif« , précisait le Pr Lorin de la Grandmaison, chef du service d’anatomie pathologique et de médecine légale à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches.

Équipement de protection recommandé, des soignants aux pompes funèbres

En attendant et par principe de précaution, les médecins légistes, employés de morgue et de pompes funèbres font l’objet de diverses recommandations. À Paris, les hôpitaux de l’AP-HP recommandent depuis le 20 mars 2020 à ses soignants le port d’un masque chirurgical, d’une coiffe (charlotte, calot), d’une surblouse à manches longues à usage assortie d’un tablier en plastique et d’une paire de gants à usage unique. Le corps de la victime du Covid-19 devra alors être enveloppé dans une housse mortuaire étanche hermétiquement close, qui devra être désinfectée. Le tout doit à nouveau être enveloppé dans une seconde housse mortuaire étanche hermétiquement close, qui devra elle aussi être désinfectée.

Côté médecine légale, les autorités de santé américaines et l’antenne locale de l’OMS appellent à une « attention particulière » concernant l’examen des patients atteints de Covid-19. « Si un patient atteint de Covid-19 est mort pendant la période infectieuse, les poumons et d’autres organes peuvent encore contenir des virus vivants, et une protection respiratoire supplémentaire est nécessaire lors des procédures qui génèrent des aérosols de petites particules (par exemple, utilisation de scies électriques et lavage des intestins)« , précisent-ils dans des recommandations du 18 mars. En Australie, le ministère de la Santé appelle notamment à une manipulation prudente évitant l’expulsion potentielle d’air ou de liquide des poumons.

En France, le Réseau de Prévention des Infections Associées aux Soins (RéPias) rappelle de son côté aux soignants des établissements médicaux-sociaux qu’il faut « considérer par principe que le risque de contamination persiste pour un patient décédé même si les voies de transmission sont réduites« . Il recommande donc pour le personnel soignant et funéraire le port de « lunettes de protections, masque chirurgical, blouse à manche longue, tablier à usage unique, gants à usage unique non stériles« .

Concernant le personnel des pompes funèbres, un décret interdit jusqu’au 30 avril 2020 tous les soins de conservation (embaumement, thanatopraxie) visant normalement à conserver au maximum les corps en vue des funérailles. Concernant les décédés « atteints ou probablement atteints » de Covid-19, ils doivent être immédiatement mis en bière, et aucune forme de toilette mortuaire n’est autorisée (maquillage, habillement, etc).

« Les professionnels de la médecine légale doivent porter des dispositifs de protection, notamment une combinaison de protection, des gants, des lunettes de protection, une casquette et un masque« , recommandent les deux médecins thaïlandais, ainsi que l’usage de la procédure de désinfection utilisée dans les salles d’opération dans les unités de pathologie et de médecine légale.

Les corps des victimes du Covid-19 pourraient toujours présenter un risque de contagion, d’après une lettre écrite dans le Journal of Forensic and Legal Medicine. A Bangkok (Thaïlande), un professionnel de la médecine légale a en effet été contaminé. Si ce risque n’a pas été confirmé, les mesures de précaution sont d’ores et déjà de rigueur.

De l’air ou du liquide résiduel dans les poumons

Au 20 mars 2020, la Thaïlande montrait seulement 272 cas de Covid-19, avec une propagation limitée et des cas « pour la plupart » importés, d’après les auteurs de la lettre, deux médecins hospitaliers locaux. « Il y a peu de chances que les professionnels de la médecine légale entrent en contact avec des patients infectés, mais ils peuvent avoir des contacts avec des échantillons biologiques et des cadavres« , écrivent-ils au sujet de leur confrère médecin légiste et infecté. « Contrairement à ce que l’on croit généralement, (…) la plupart des agents ne survivent pas longtemps dans le corps humain après la mort« , tempère l’Organisation Mondiale de la Santé dans une note de 2009. Si le potentiel infectieux post-mortem des victimes du Covid-19 reste incertain, ça ne serait cependant pas la première fois que ce phénomène serait observé.

Ainsi, la tuberculose peut être contractée à partir d’un cadavre si la bactérie est mise en aérosol, par exemple via l’air résiduel ou du liquide contenus dans les poumons, et que la manipulation du corps pourrait faire jaillir. Les éclaboussures de sang peuvent également transmettre le VIH (virus du Sida), ou les hépatites B et C. Enfin, les excréments s’écoulant du cadavre peuvent contenir des agents infectieux type choléra ou salmonellose.

En France à Garches (Hauts-de-Seine), l’autopsie d’une personne décédée à son domicile a confirmé la présence du virus du Covid-19 cinq jours après le décès, rapportait Le Parisien. Pour autant, « la détection du virus en post mortem ne signifie pas forcément que le virus est encore actif« , précisait le Pr Lorin de la Grandmaison, chef du service d’anatomie pathologique et de médecine légale à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches.

Équipement de protection recommandé, des soignants aux pompes funèbres

Source : Sciences et avenir

Marino Stozza
Marino Stozza
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