Covid-19 : les temps forts de la semaine au 21 juillet

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Les chiffres de la semaine (au 21 juillet)

  • Selon la Direction générale de la santé, 6.589 personnes sont hospitalisées en France pour une infection Covid-19.
  • Parmi ces personnes hospitalisées, 467 malades atteints d’une forme sévère de Covid19 sont en réanimation.
  • Depuis le début de l’épidémie, la France déplore un total de 30.177 décès.
  • 539 clusters sont en cours d’investigation, et 332 ont été clôturés.

 

– L’info de la semaine –

La course au vaccin contre le Covid-19 avance à grands pas. Des résultats d’essais cliniques préliminaires mais encourageants sur deux projets viennent d’être publiés dans la revue médicale britannique The Lancet. Ces projets de vaccin génèrent « une forte réponse immunitaire » et sont bien tolérés par les patients. Ces deux travaux prometteurs sont l’un britannique et l’autre chinois. Le premier, développé par l’Université d’Oxford en partenariat avec le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca, a généré la production d’anticorps et de lymphocytes T (deux types de réponses immunitaires) dans un essai clinique sur plus de 1.000 patients. Le second projet, mené à Wuhan (Chine) par des chercheurs de plusieurs organismes, dont l’Ecole militaire des sciences médicales, a également entraîné une double réponse immunitaire contre le coronavirus chez la plupart des participants. L’essai portait cette fois sur environ 500 personnes. Ces essais cliniques sont encore dans des phases préliminaires (phase 1/2 et phase 2). Elles permettent de tester la tolérance au produit ainsi que l’apparition d’une réponse immunitaire après l’injection du vaccin, comparé à un placebo. Leur efficacité devra encore être établie dans un essai de phase 3, sur un nombre de participants plus important, avant d’envisager leur commercialisation à grande échelle.

Sciences


Le délai impossible de trois jours pour maîtriser l’épidémie

D’après une modélisation mathématique publiée dans la revue The Lancet, pour maîtriser l’épidémie, il faudrait qu’il ne se passe pas plus d’une journée entre l’apparition des symptômes et le résultat du test. Après trois jours, même la stratégie de recherche de contact deviendrait inefficace pour réduire la transmission du virus. « La recherche des contacts peut être une intervention efficace pour prévenir la propagation du virus du SARS-CoV-2, mais seulement si la proportion de contacts retrouvés est élevée et si le processus est rapide« , explique la Pr Mirjam Kretzschmar, première auteure de la publication. Un traçage rapide des contacts, par exemple avec une application automatique plutôt que par une recherche conventionnelle (interrogatoire du malade et contact des personnes concernées), peut compenser dans une certaine mesure ce délai d’attente. Le but étant de faire baisser le R, qui représente le nombre de personnes qu’un seul malade peut contaminer en moyenne. S’il passe en dessous de 1, le nombre de personnes guéries excède alors le nombre de contaminations. Pour faire passer ce R en dessous de la barre du 1, le modèle mathématique prévoit que dans le meilleur des cas, la recherche des contacts pourrait le réduire de 1,2 à 0,8, à condition qu’au moins 80 % des personnes éligibles soient testées, qu’il n’y ait aucun retard dans les tests après l’apparition des symptômes et qu’au moins 80% des contacts soient identifiés le jour même de la réception des résultats des tests. Notre article détaille toutes les modélisations sur la transmission de la maladie.

Les masques, nids à infox sur les réseaux sociaux

Denrées recherchées au début de la pandémie, les masques suscitent désormais une avalanche de fausses allégations sur les réseaux sociaux dans le monde entier, où ils sont accusés d’être inutiles, d’empêcher de respirer… Parfois exposées dans des vidéos, souvent présentées sous forme de listes de dangers supposés, ces publications cherchent à dissuader -de façon explicite ou indirectement- les lecteurs de porter des masques de protection. Certaines n’hésitent pas à affirmer qu’ils mettent « la vie en danger », dessin de tête de mort à l’appui. Manque d’oxygène dangereux, empoisonnement au dioxyde de carbone, « usine » à virus, inutilité… notre article revient sur toutes ces fake news.

Une piste pour repérer quels patients risquent d’avoir une forme grave

Une étude de chercheurs français montre que le déficit dans le sang d’une protéine normalement produite par le système immunitaire « pourrait être la marque des formes graves de Covid-19« , un résultat qui pourrait aider à repérer les patients à risque. « Le déficit en interférons de type 1 dans le sang pourrait être une signature des formes sévères de Covid-19« , conclut cette étude parue dans la revue américaine Science. Les interférons sont des protéines de la famille des cytokines produites notamment par les cellules du système immunitaire en réponse à la présence d’une infection. Environ 5% des personnes atteintes de Covid-19 évoluent vers une forme grave ou critique, avec une pneumonie sévère se transformant en syndrome de détresse respiratoire aiguë, survenant souvent 9 à 12 jours après l’apparition de premiers symptômes légers à modérés. 

Pourquoi le coronavirus passe rarement de la mère au bébé pendant la grossesse

Les foetus sont rarement infectés par le nouveau coronavirus car le placenta produirait de très faibles quantités du récepteur que le virus utilise pour pénétrer dans les cellules humaines, conclut une étude menée aux Etats-Unis. Ces travaux, chapeauté par les Instituts nationaux de santé (NIH), repose sur le séquençage de matériel génétique prélevé dans le placenta, l’organe qui relie le bébé à sa mère, et les membranes qui contiennent le liquide amniotique. Ces cellules n’avaient pas les instructions génétiques pour fabriquer le récepteur appelé ACE2, qu’on trouve ailleurs dans le corps, et qui a été identifié comme la porte d’entrée du coronavirus notamment dans les poumons ou le système digestif. « Les molécules nécessaires pour que les cellules soient susceptibles d’être infectées par SARS-CoV-2 sont rarement exprimées dans le placenta », dit l’auteur principal, Roberto Romero, à l’AFP. A l’inverse, les scientifiques ont vérifié que les instructions génétiques nécessaires à la création des récepteurs utilisés par le virus du Zika ou les cytomégalovirus étaient abondamment présentes. « Cela prouve que nos expériences ont du sens », ajoute Roberto Romero. 

En France


Le port du masque est devenu obligatoire dans les lieux publics clos

Alors que les autorités considéraient il y a quatre mois comme « inutile » le port du masque pour les personnes n’étant pas malades, il est désormais imposé à tout le monde dans les « magasins de vente, centres commerciaux, administrations, banques et marchés couverts », a détaillé la Direction générale de la santé (DGS). Ces établissements s’ajoutent à la liste des lieux où le port du masque était déjà prévu pour lutter contre le Covid-19 : les salles de réunion et de spectacle, cinémas, restaurants, hôtels, salles de jeux, établissements d’enseignement, centre de vacances, bibliothèques, lieux de culte, établissements sportifs couverts, musées, gares et aéroports étaient en effet déjà concernés « parfois avec des règles spécifiques. » Omettre de porter un masque dans tous les lieux publics clos peut maintenant valoir une amende de 135 euros. Le port du masque est un « moindre mal » pour éviter un reconfinement, a prévenu Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital Pompidou à Paris. « Il y a un vrai sujet sur le relâchement des gestes barrières, c’est bien montré par toutes les enquêtes d’opinion, il suffit d’aller dans la rue pour voir« , a-t-il souligné. Avant de rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics clos, le gouvernement a plusieurs fois changé de position sur le sujet. Sciences et Avenir revient en détail sur tous les moments forts autour du masque, en France, à l’international et sur le plan scientifique.

StopCovid : la CNIL met en demeure le ministère de la Santé

Après avoir effectué plusieurs contrôles sur l’application StopCovid, chargée de tracer les malades atteint du SARS-CoV-2, la CNIL a relevé trois irrégularités. Elle a décidé de mettre en demeure le ministère de la Santé. Cet outil, téléchargé par 2 millions de Français, permet, via le Bluetooth des téléphones d’identifier les porteurs du virus. Premier problème : l’information fournie aux utilisateurs de StopCovid lorsqu’ils téléchargent l’application n’est pas suffisamment complète. L’outil ne précise pas que l’institut de recherche Inria (qui a développé StopCovid avec six groupes français, dont Orange) est l’un des destinataires des données, alors que c’est concrètement déjà le cas. Autre point épineux, le contrat de sous-traitance entre le ministère de la Santé et l’Inria doit encore être complété. Les obligations juridiques qui incombent à l’institut ne sont pas suffisamment précisées. Enfin, le ministère de la Santé a bien réalisé une étude d’impact sur la protection des données que transmet StopCovid. Mais là aussi, cet audit est incomplet.

Des « signaux faibles » de reprise épidémique dans les hôpitaux parisiens

Des « signaux faibles de reprise » de l’épidémie de Covid-19 sont signalés dans des hôpitaux parisiens, a averti jeudi 16 juillet 2020 le ministre de la Santé Olivier Véran sur France Inter, en appelant à la « vigilance » des Français. « Nous assistons dans certains hôpitaux parisiens à des signaux faibles de reprise épidémique, c’est pourquoi je demande aux Français de rester particulièrement vigilants, actifs, contre le virus », a déclaré le ministre, qui ne « veut plus confiner le pays ». Il s’agit d’indicateurs « non pas inquiétants, mais d’attention particulière » de reprise, comme le nombre d’appels à SOS Médecins, au Samu et d’admissions à l’hôpital, a-t-il détaillé. Concernant les tests, il a affirmé avoir fait envoyer « 1,5 million d’ordonnances de diagnostic » dans la région Ile-de-France, et autorisé les techniciens de laboratoires à réaliser des prélèvements pour faire face à la hausse des demandes.

Le R en France est en hausse, est-ce inquiétant ?

Sciences - Covid-19 : les temps forts de la semaine au 21 juillet

Graphique 1. Évolution du nombre effectif de reproductions R en France, entre le 26 juin (en bleu) et le 3 juillet (en rouge). La ligne noire indique la valeur de 1. Cet indicateur n’a pas été communiqué pour la Corse et la Guadeloupe.Cliquez pour voir en plus grand. Crédit : Nicolas Gutierrez C.

Un début de marée haute ? Après des semaines de stabilité, le nombre effectif de reproductions (R) augmente graduellement en France depuis le 17 juin 2020, date à laquelle sa valeur était de 0,86, dépassant la valeur de 1 le 1er juillet et atteignant 1,05 le 4 du mois (date de la dernière mise à jour de cet indicateur par Santé publique France). C’est-à-dire que l’épidémie ne décroit plus dans le pays, mais au contraire augmente lentement, et que 100 personnes infectées transmettent la maladie à 105 autres personnes. Cependant, les autres indicateurs de l’épidémie (taux d’incidence, taux de positivité et taux d’occupation de lits en réanimation) sont encore bas, montrant que la circulation du virus reste faible.

Trop peu de contrôles aux aéroports ?

Les professeurs d’hôpitaux parisiens Eric Caumes et Philippe Juvin ont déploré vendredi 17 juillet 2020 l’insuffisance des contrôles contre le coronavirus dans les aéroports français pour les personnes rentrant de l’étranger, alors que l’épidémie donne des signaux de reprise. « Il y a des clusters (cas groupés, ndlr) qui se développent à partir de personnes qui reviennent de voyage et qui n’ont pas été mises en quarantaine« , pourtant « seule mesure efficace » contre la propagation du virus, a affirmé le Pr Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, sur BFMTV/RMC. « Certains pays dans lesquels on part en vacances sont plus exigeants que nous nous le sommes vis-à-vis des gens qui viennent chez nous« , a-t-il regretté, soulignant que la quarantaine était appliquée notamment dans certains pays asiatiques. Dimanche, le gouvernement a annoncé que des tests à l’aéroport seraient « systématisés » dans les prochains jours pour les voyageurs en provenance de pays dits rouges, où le virus circule le plus. Jusqu’à 2.000 tests par jour peuvent être faits à Roissy, selon le ministre de la Santé, Olivier Véran. Le Pr Philippe Juvin, chef des urgences de l’Hôpital Pompidou, s’est également dit « surpris » car « tous les jours des avions atterrissent sur le territoire national, certains venant de pays où l’épidémie est très active, et on demande aux gens, tenez-vous bien, de remplir une attestation sur l’honneur dans laquelle ils disent qu’ils n’ont pas de symptômes ! »

A l’étranger


Situation « critique » à Hong Kong, avec une centaine de nouveaux cas

La cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam a fait état dimanche d’une situation « critique » dans la lutte contre le coronavirus, l’ex-colonie britannique ayant répertorié plus de 100 nouvelles contaminations en 24 heures, un record. La région semi-autonome fut une des premières zones touchées par l’épidémie apparue dans le centre de la Chine. Mais elle a initialement enregistré de très bons résultats dans le combat contre le Covid-19, au point qu’elle avait presque mis fin en juin aux contaminations locales. Cependant, le nombre de cas est reparti à la hausse ces deux dernières semaines et les médecins ont du mal à identifier les chaînes de transmission du coronavirus dans le territoire très densément peuplé de 7,5 millions d’habitants. Mme Lam a annoncé dimanche que plus de 500 nouvelles contaminations avaient été enregistrées ces deux dernières semaines. Au total, 108 nouveaux cas ont été recensés dimanche, un record. Cela porte le total dans la ville à 1.886 cas, dont 12 décès. « Je crois que la situation est vraiment critique et rien ne permet de penser qu’elle soit en train d’être ramenée sous contrôle », a déclaré Mme Lam aux journalistes. Retrouvez le point complet sur la situation à Hong Kong.

La surmortalité en Italie a atteint 100% en mars, au pic de la pandémie

L’Italie a connu le double de morts par rapport aux années précédentes durant le pire mois de la pandémie de Covid-19, en mars, selon une étude publiée lundi qui souligne la forte sous-estimation de la mortalité liée au virus. Au 4 avril, l’Italie disait avoir officiellement enregistré un peu plus de 15.000 morts du Covid-19. Entre le 1er mars et le 4 avril, 41.329 personnes sont mortes en Italie, selon les statistiques italiennes officielles a posteriori, contre environ 20.000 en moyenne dans les cinq années précédentes, soit une augmentation de 104,5% de la mortalité, ont trouvé les chercheurs. Cela équivaut à plus de 5.000 morts manquants. Les morts officiels du Covid-19 étaient à l’époque seulement enregistrés à l’hôpital et dans une minorité de maisons de retraite, ce qui explique la sous-estimation des morts du Covid-19. Dans la région la plus frappée, la Lombardie, la surmortalité a été de 173% par rapport aux années précédentes, et de 213% pour les hommes de cette région. Le pays n’est pas le seul à avoir échoué à complètement comptabiliser les morts du nouveau coronavirus; d’autres analyses ont montré que le Pérou, les Etats-Unis ou encore la ville de Mexico ont largement sous-compté les morts du Covid-19.

Une flambée au sud des Etats-Unis

Aux Etats-Unis, plus de 60.000 nouveaux cas de contamination au coronavirus en l’espace de 24 heures ont été recensés pour le septième jour consécutif (au lundi 20 juillet). La flambée des infections est particulièrement importante dans le sud et l’ouest du pays ou encore en Floride où on compte moins de 20% de lits disponibles dans les services de soins intensifs. Donald Trump a fait savoir qu’il allait reprendre ses conférences de presse quasi quotidiennes sur l’épidémie.

Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés à Los Angeles a atteint un nouveau record ce week-end, les autorités sanitaires de la mégalopole s’inquiétant particulièrement du taux d’infection élevé des jeunes adultes. Le comté de Los Angeles, qui représente dix millions d’habitants à lui seul, a recensé dimanche 2.216 malades hospitalisés après avoir contracté le nouveau coronavirus, contre 2.193 le 15 juillet, date du précédent record. Parmi les patients actuellement hospitalisés, 26% se trouvent dans une unité de soins intensifs et 19% ont été placés sous respirateur, soulignent les autorités sanitaires.

Plus de 610.600 morts dans le monde

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 610.604 morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mardi à 11h00 GMT. Plus de 1.4736.138 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 196 pays et territoires. Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 140.909 décès, suivis par le Brésil (80.120), le Royaume-Uni (45.312), le Mexique (39.485) et l’Italie (35.058).

RÉFLEXES

Les bons gestes pour se protéger

Se laver les mains très régulièrement à l’eau et au savon (au moins 20 secondes) ou à défaut au gel hydro-alcoolique, à chaque arrivée dans un nouveau lieu.

Ne pas rendre visite aux personnes âgées pour éviter de les contaminer, ni aux personnes souffrant déjà d’une autre maladie.

Se tenir à 1-1,50 mètre de distance lors des déplacements obligatoires.

Ne pas serrer la main ou faire la bise pour se saluer.

Tousser ou éternuer dans l’intérieur de son coude.

Porter un masque dans les lieux publics clos.

Que faire en cas de suspicion d’infection ?

Les recommandations sont ainsi formulées sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé :

J’ai des symptômes (toux, fièvre) qui me font penser au Covid-19 : je reste à domicile, j’évite les contacts, j’appelle un médecin avant de me rendre à son cabinet ou j’appelle le numéro de permanence de soins de ma région. Je peux également bénéficier d’une téléconsultation. Si les symptômes s’aggravent avec des difficultés respiratoires et signes d’étouffement, j’appelle le SAMU-Centre 15.

Pour des questions non médicales, appeler le numéro vert Coronavirus au 0 800 130 000 (gratuit, 7 jours sur 7, 24h sur 24).

Avec AFP 

Source de cet article : Sciences

Roberta Flores
Roberta Flores
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