Covid-19 : l'essai européen Discovery teste quatre traitements sur 3.200 patients

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Covid-19 : l'essai européen Discovery teste quatre traitements sur 3.200 patients

Avec l’essai Discovery, lancé le 22 mars 2020 par le consortium REACTing, l’Europe teste cinq traitements différents – dont quatre expérimentaux – sur 3.200 patients atteints de Covid-19 et hospitalisés.

Quatre nouveaux traitements, huit pays

Les 3.200 participants attendus sont recrutés dans 8 pays (France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Royaume-Uni, Allemagne et Espagne) et répartis en cinq groupes. Un premier, de contrôle, recevant les soins classiques, sans molécule expérimentale ; un deuxième groupe utilisant le remdesivir, un antiviral développé sans succès durant l’épidémie d’Ebola en 2014, et qui semble prometteur dans le Covid-19 ; le troisième groupe est traité par une combinaison de deux antiviraux, le lopinavir/ritonavir (vendu sous le nom Kaletra), utilisé contre le VIH ; le quatrième groupe reprend cette association en ajoutant l’interféron bêta, des molécules du système immunitaire. Le cinquième groupe enfin, a été ajouté pour tester l’hydroxychloroquine avant ou après la mise sous oxygénation. « Pour la composante antivirale, on sait qu’il est très important d’aborder la maladie précocement, c’est là que c’est le plus efficace« , a précisé Bruno Lina qui copilote l’essai depuis le Centre international de recherche en infectiologie lors d’une conférence de presse.

L’étude, selon le protocole choisi par l’Organisation Mondiale de la Santé pour son propre essai international Solidarity, ne comporte pas de double aveugle. Autrement dit, le patient sait qu’il prend un vrai médicament, ce qui peut induire des effets placebo et atténuer la significativité statistique des résultats. Ce compromis entre rigueur et rapidité d’action devrait cependant être compensé par la masse de données recueillies dans les divers pays.

800 patients en France

Le volet français de cette étude est coordonné par l’Inserm et comprendra 800 personnes. Cinq hôpitaux français ont commencé les inclusions de patients (hôpital Bichat à Paris, CHU de Lille, CHU de Nantes, CHU de Strasbourg, CHU de Lyon). Une vingtaine d’établissements devraient finalement participer.

« La grande force de cet essai est son caractère « adaptatif« , explique Florence Ader, professeure de maladies infectieuses au CHU de Lyon et codirectrice du projet. Cela signifie que très rapidement les traitements expérimentaux inefficaces pourront être abandonnés et remplacés par d’autres molécules qui émergeront de la recherche. « Nous pourrons donc réagir en temps réel, en cohérence avec les données scientifiques les plus récentes, afin de donner le meilleur traitement pour nos malades ». Pendant ce temps, les données obtenues iront peu à peu complémenter celles recueillies par l’essai international de l’Organisation Mondiale de la Santé, baptisé « Solidarity« .

Le dimanche 22 mars, « 25 centres incluent activement des patients dans le protocole« , et « entre 530 et 540 patients » ont été inclus sur les 800 prévus au total en France (sur 3.200 en Europe), énumère la Pr Adler. Or, La maladie « a une évolution assez longue. (…) Cela veut dire que pour l’analyse globale des 100, 200, 300 premiers patients et résultats, il faudra attendre que chaque patient ait franchi ce cap du 15e jour. » « Ca signifie que pour les premiers résultats avec les premières tendances, rien ne sera disponible avant au moins la fin du mois d’avril, à affiner avec les patients suivants. » 

Source de cet article : Sciences

Roberta Flores
Roberta Flores
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