Covid-19 : même en temps de confinement, les bébés doivent être vaccinés

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Covid-19 : même en temps de confinement, les bébés doivent être vaccinés

Dans le contexte épidémique actuel, les parents et leurs enfants désertent les cabinets de pédiatrie. Si la plupart des visites médicales peut en effet être reportée ou réalisée à distance, ce n’est cependant pas le cas des consultations de vaccination. Dans un communiqué publié le 25 mars 2020, les syndicats de pédiatres rappellent que les consultations de vaccination font partie des consultations « urgentes » autorisées par les autorités de santé. Afin de dissiper les craintes d’infections iatrogènes qui pourraient éventuellement survenir au cabinet, les pédiatres soulignent que les médecins libéraux ont pris des dispositions visant à éviter que leurs patients croisent dans leur structure un nombre important de malades présentant des symptômes de Covid-19. Retarder la vaccination des enfants de moins de deux ans pourrait par ailleurs provoquer la recrudescence de dangereuses maladies infectieuses, soulignent ces professionnels de santé.

Les consultations de vaccination font partie des prises en charge « urgentes » autorisées pendant le confinement

« Avec la peur et les contraintes du confinement, les parents ne se présentent plus aux consultations de pédiatrie et aux différentes vaccinations obligatoires« , s’alarme auprès de l’Agence France Presse (AFP) le Dr Mariam-Natacha Haidara, pédiatre exerçant à Paris et à la Croix-Rouge et co-signataire du communiqué. Pourtant, les visites médicales dédiées à la vaccination des enfants en bas âge sont considérées par les autorités sanitaires comme des consultations « urgentes » autorisées malgré le confinement.

C’est que l’ensemble des sociétés savantes et organisations professionnelles représentatives de la pédiatrie se sont rapidement prononcées en faveur du maintien des consultations en cabinet de pédiatrie pour les actes essentiels de la première année de vie tels que les consultations de sortie de maternité et de réalisation des vaccins obligatoires, affirme l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa) dans un communiqué daté du 19 mars. « Cette position a été validée par la Direction générale de la Santé (DGS) », souligne l’Afpa.

L’association de professionnels rappelle par ailleurs sur son site internet que depuis le 17 mars, pour se rendre au cabinet, une attestation doit être remplie par le parent qui accompagne l’enfant avant le déplacement. « Au 24 mars, l’attestation précise que le déplacement est effectué pour une ‘consultation et soins ne pouvant être assurés à distance et ne pouvant être différés’ avec date et heure de sortie« , insiste-t-elle.

Les cabinets de pédiatrie ont pris leur disposition pour accueillir les enfants de moins d’un an à vacciner

« Les familles dont le pédiatre habituel a fermé son cabinet du fait de la crise épidémique ne doivent pas en conclure que « le vaccin peut attendre », mais chercher un autre spécialiste », souligne l’AFP en rapportant les propos du Dr Haidara. Les médecins généralistes sont eux aussi formés à la vaccination des enfants et peuvent être consultés pour ce motif, comme en témoignent des ressources documentaires mises en ligne par l’Université Toulouse. Par ailleurs, d’après le Dr Haidara et l’AFP, les parents qui hésiteraient à prendre rendez-vous pour la vaccination de leur enfant par peur d’éventuelles contaminations iatrogènes au cabinet doivent être rassurés.

Des associations professionnelles telles que l’Afpa ont en effet transmis des recommandations aux médecins de ville concernant notamment le respect des gestes barrière dans les cabinets médicaux. Ces structures reçoivent par ailleurs moins de patients qu’avant le confinement, ce qui limite les risques de contagion dans les salles d’attente, par exemple. » Le nombre de consultations a beaucoup diminué, notamment parce que, pour la bobologie, on travaille par téléconsultation« , indique à l’AFP le Dr Haidara. L’Afpa a en effet recommandé aux pédiatres de reporter au maximum toutes les visites systématiques des enfants de plus de 2 ans, d’éviter les « consultations inutiles » demandées en urgence, de proposer des téléconsultations pour toutes les affections non fébriles et pour les affections fébriles des enfants sans otalgie ni mal de gorge, pour les éruptions cutanées ou les diarrhées, et de ne recevoir les enfants présentant un syndrome grippal ou une fièvre qui dure accompagnée de douleurs d’oreille, de gorge ou d’une toux qu’après contact téléphonique, par mail ou par téléconsultation.

Ne pas vacciner les enfants pendant le confinement pourrait être risqué

D’après l’AFP et le Dr Haidara, une couverture vaccinale non assurée dans sa continuité pourrait conduire, quelques semaines ou mois après la sortie du confinement, à la recrudescence de maladies infectieuses jusqu’à maintenant bien contrôlées en France. « Il serait assez [peu responsable] de ne pas prévenir des maladies déjà maîtrisées, au nom d’une maladie qui épargne les bébés« , aurait insisté le médecin.

Et ce d’autant plus que les 11 vaccinations obligatoires protègent la population d’affections particulièrement délétères pour la santé des enfants ou des adultes : la diphtérie peut provoquer des décès par asphyxie, le tétanos des contractions musculaires importantes qui peuvent atteindre les muscles respiratoires, la poliomyélite des paralysies irréversibles, l’hépatite B de graves cirrhoses, les oreillons une stérilité des adolescents ou des hommes adultes, la rubéole des effets tératogènes (malformations) sur le fœtus des femmes enceintes non immunisées et la fièvre jaune des hémorragies dans les DOM, rappelle l’Assurance maladie sur son site web Ameli. Mais c’est surtout le retour de la coqueluche et des impressionnantes quintes de toux très dangereuses pour les nourrissons non vaccinés qu’elle engendre, des méningites provoquées par l’Hæmophilus influenzæ de type B, le pneumocoque et le méningocoque ainsi que des complications de la rougeole que craindraient particulièrement le Dr Haidara et ses confrères.

Ainsi, le calendrier vaccinal détaillé notamment sur le site web de l’Institut Pasteur doit continuer d’être respecté en particulier aux premiers âges de la vie. Les enfants de 2 mois doivent ainsi être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, les infections invasives à Haemophilus influenzae b, l’hépatite B et les infections invasives à pneumocoques. Les bébés de 4 mois doivent recevoir une deuxième dose de tous ces vaccins. A 5 mois, ils doivent être vaccinés contre les infections invasives à Méningocoque du sérogroupe C. A 11 mois, un premier rappel des vaccins réalisés à 2 et 4 mois doit être effectué. Les enfants de 12 mois doivent recevoir une seconde dose de vaccin contre les méningocoques ainsi qu’une première dose de vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, la deuxième dose devant être administrée 4 à 6 mois plus tard, à l’âge d’un an et demi maximum.

Avec AFP

Source de cet article : Sciences

Roberta Flores
Roberta Flores
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