Crise du coronavirus en France: la revanche de la gauche ?

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Crise du coronavirus en France: la revanche de la gauche ?

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« Se réinventer, moi le premier ». Ces mots, c’est Emmanuel Macron qui les a prononcés lundi soir, lors de son allocution télévisée. Une allocution avec, parfois, des accents de gauche. Le président a ainsi parlé de « planification », du retour des « jours heureux » ou bien encore des personnes qui font tenir la France en ce moment et que « nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal ». Voilà ce qu’il a dit. Alors est-ce que cette crise va permettre aux idées de gauche de regagner du terrain ? Va-t-on assister à la revanche de la gauche ?

C’est en tout cas ce qu’espèrent les partis de gauche… qui sont portés par cette crise. « Ceux qui plaidaient pour un libéralisme à tout prix, ont été rattrapés par la réalité. Nos idées sont réhabilitées », se réjouit-on dans l’entourage d’Olivier Faure, le patron du PS.

Même discours chez les Insoumis. « Cette crise, c’est un séisme qui atteint les fondations de notre monde, pas seulement les murs », analyse Éric Coquerel. Pour le député, on ne pourra donc pas faire comme en 2008 et repartir comme si de rien n’était, même si selon lui, c’est bien ce que nos dirigeants vont essayer de faire. « Il ne faut pas les laisser faire », insiste Éric Coquerel.

Comment les gauches comptent-elles tirer profit de cette opportunité ?

Eh bien en travaillant. « On bosse ! On n’a jamais autant travaillé que depuis le confinement », s’exclame un proche d’Olivier Faure. Il y a bien sûr toutes les initiatives, toutes les propositions pour peser sur la gestion actuelle de la crise par le gouvernement.

Et puis ce qui mobilise aussi la gauche en ce moment, c’est une réflexion en profondeur pour actualiser les logiciels.

LFI a ainsi sorti une nouvelle version de son programme « L’Avenir en commun »… et organise des manifestations virtuelles chaque samedi… avec le mot-dièse, « Plus jamais ça ».

Le PS auditionne des sociologues, des économistes, des climatologues etc, et a lancé une plateforme, « lemondedapres.fr »

Europe-Ecologie-les Verts, de son côté, a présenté ses idées… pour faire face à la crise et préparer – là encore – le monde d’après.

Les gauches continuent donc à jouer leur rôle de partis d’opposition. Mais on a l’impression que le ton a un peu changé

Oui, même les Insoumis sont moins virulents… « Il faut pouvoir être entendu. Ce n’est pas le moment de faire le buzz », reconnaît Eric Coquerel.

Les socialistes, eux-aussi, évitent les polémiques… « C’est vrai, on ne cherche pas à affaiblir le pouvoir qui est déjà trop affaibli pour gérer cette crise », explique un cadre. Mais « pas question pour autant que Jupiter décide de tout ».

Est-ce que cette crise pourrait permettre aux gauches de parler d’une même voix et s’unir enfin ?

Du côté des socialistes, on veut y croire. La crise a débloqué la situation, explique un député. « Beaucoup de gens se parlent »… « Ça progresse dans les esprits », insiste-t-on dans l’entourage d’Olivier Faure.

Mais la récente passe d’armes entre Jean-Luc Mélenchon et Julien Bayou, le secrétaire national des Verts, autour des contours d’un éventuel Grenelle du monde d’après, prouve que la route du rassemblement est encore longue. Selon toute vraisemblance, La France Insoumise restera au bord du chemin.

Source du post: RFI

Roberta Flores
Roberta Flores
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