La crise sanitaire sur le crowdfunding immobilier

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Via une plateforme de financement participatif en ligne, le crowdfunding immobilier consiste pour les particuliers à financer une partie des fonds propres des promoteurs immobiliers afin de les aider à monter leur programme.

Il existe également des plateformes dédiées au financement d’opérations de marchand de biens (achat et revente de biens immobiliers).

Les internautes peuvent ainsi placer de l’épargne à très court terme, avec une offre adaptée à tout type de budget (le ticket d’entrée peut être à partir de 100 €).

En échange, à la fin du projet, leur mise de départ est remboursée et des intérêts leur sont versés en fonction du montant investi. La pratique promet des rendements bruts très attractifs d’environ 9%.

Mais en raison de la pandémie de coronavirus, le secteur de la construction est à l’arrêt… Y a-t-il des risques sur les opérations de crowdfunding déjà financées ?

Un risque de retard de quelques semaines à plusieurs mois pour les opérations de promotion immobilière

L’arrêt brutal des chantiers, dû aux mesures de confinement et aux consignes de sécurité sanitaire, fait peser un risque de retard sur la plupart des opérations en cours sur les plateformes de crowdfunding immobilier. Suivant leur état d’avancement, ce risque peut varier de quelques semaines à plusieurs mois.

« Mais il faut distinguer le risque qui pèse sur les opérations de financement d’un programme immobilier de celles dites « corporate », permettant de financer la croissance d’un promoteur immobilier en direct, explique Arnaud Romanet-Perroux, fondateur de la plateforme de crowdfunding immobilier Upstone et professeur de finance immobilière. Pour ces opérations corporate, le risque de retard est plus important car le remboursement de l’emprunt à l’investisseur ne dépend pas seulement du succès des opérations en cours du promoteur. »

D’une manière générale, le report probable des dates de livraisons des programmes ne signifie pas pour autant une baisse du rendement pour les investisseurs privés.

« Ils pourraient, au contraire, dans la majorité des cas, percevoir des intérêts plus élevés que prévu, puisque la durée des emprunts peut être prolongée en cas de retard, au détriment des marges des opérateurs, indique-t-il. Sauf si le promoteur n’est plus en capacité de rembourser, dans ce cas, le retard peut se transformer en défaut de paiement. »

L’investisseur pourrait alors toucher moins d’intérêts que prévu, voire perdre tout ou partie de son capital…

A priori pas d’incidences pour le crowdfunding immobilier lié à des opérations de marchand de biens

Les opérations de marchand de biens devraient dans la grande majorité des cas se dérouler sans problème, malgré la crise sanitaire.

« Le métier de marchand de biens consiste à faire des opérations d’achat-revente. Les opérations nécessitant des travaux lourds de rénovation pourraient être retardées en raison du ralentissement du BTP. Cependant, dans la grande majorité des cas, il ne s’agit que de travaux de rafraîchissement, ce qui n’aura qu’une incidence minime sur le bon déroulement des opérations », rassure Arnaud Romanet-Perroux.

Faut-il souscrire à une collecte de crowdfunding immobilier au cours des trois prochains mois ?

« Chez Upstone, toutes les campagnes de crowdfunding sont suspendues, en l’absence de visibilité sur la reprise de l’activité économique », remarque le fondateur de la plateforme.

Dans le contexte sanitaire actuel, il invite à la prudence avant de souscrire à une collecte de crowdfunding immobilier, mais reste néanmoins convaincu de la solidité de ce marché et du besoin des opérateurs immobiliers de consolider leurs fonds propres.

Les conséquences de la crise sanitaire sur la pierre-papier et la valorisation des actifs

Selon Arnaud Romanet-Perroux, fondateur de la plateforme de crowdfunding immobilier Upstone, La suspension des délais de paiement des loyers envisagée pour les commerçants, mis en difficulté par l’obligation de fermer leurs portes, pourrait impacter le marché de l’investissement locatif professionnel et, – par voie de conséquence -, la pierre-papier (SCPI, OPCI, SICAV immobilière, etc.).

« Il faut ainsi s’attendre à une baisse des rendements qui, par exemple, avoisinaient les 4,40% en moyenne pour les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) en 2019 », observe-t-il.

Par ailleurs, la valorisation des actifs (bureaux, commerces, locaux d’activité, hôtels, etc.) dérive des revenus locatifs. Si la crise liée au Covid-19 entraîne une augmentation des taux de vacances locative, un impact sur les valorisations des actifs n’est pas à exclure non plus.

Source

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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