Cyril Bennasar n’y entend pas grand chose au foot!

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Emmanuel Macron lors de la finale de la Coupe du Monde de football entre la France et la Croatie, 15 juillet 2018. SIPA. AP22226029_000001

Cher Cyril Bennasar, alors que nous arrivons au bout de notre premier mois de confinement, je tombais ce matin un peu par hasard sur votre chronique publiée sur Causeur.fr où vous exprimiez, d’humeur quelque peu provocatrice, votre satisfaction quant à la disparition temporaire des matchs de football.

Je dois dire que je suis tout de même ravi, pour ne pas dire admiratif, de vous voir trouver un brin de bonheur dans un contexte qui ne laisse que très peu de place à l’enthousiasme. Je loue votre optimiste, mais je vous propose de revenir sur le contenu du papier face auquel l’historien et amoureux de football que je suis (belle antinomie n’est-ce pas?) ne pouvait rester silencieux tant par l’absurdité du propos que par un tel déferlement de lieux communs.

Les préjugés ont la vie dure…

La forme de la chronique est saisissante. Elle laisse présager au lecteur un savoureux moment dès son entame. En effet, le football y est d’emblée assimilé à « un truc pour les blaireaux » dont les acteurs, composés de racailles écervelées sautillants à la vue d’une baballe, nécessairement les derniers de la classe, vous auraient volé la vedette, à vous l’intello, suite à la « tiers-mondialisation du pays »…

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Ce type de préjugé entend enfermer les gens dans des cases comme s’il leur était impossible d’aimer à la fois leur club local et l’œuvre de Spinoza. Michéa avait qualifié ce mépris pour le football le signe d’une véritable « infirmité intellectuelle ».

Vous poursuivez ensuite cette profonde analyse en vous attaquant au « chiqué des fiottes venues défendre des monarchies pétrolières », me faisant regretter au passage ces longues et belles soirées au bistrot qui animaient, jadis, mes jeudis soirs. Pourtant, cette phrase est symptomatique. Selon vous, le football et le sport dans son ensemble ne seraient que vecteurs d’immoralité où s’entremêleraient l’argent, la vulgarité, la tricherie et la prostitution comme si la passion, le partage, l’exaltation du sentiment d’appartenance et de son identité (voir les travaux d’Eric Hobsbawm), n’en étaient pas également les importantes composantes ! Alors que vous chérissez le confinement, je préfère me remémorer les accolades fraternelles de ce lointain été 2018 où nous célébrions, dans l’union sacrée et en vertu de toutes nos origines sociales, la victoire de notre pays à la Coupe du monde.

Emmanuel Macron lors de la finale de la Coupe du Monde de football entre la France et la Croatie, 15 juillet 2018. SIPA. AP22226029_000001

Camus n’a-t-il pas dit que tout ce qu’il savait à propos de la moralité et de l’obligation des hommes, c’est au football qu’il le devait ?

Bien entendu, libre à vous de ne pas vouer d’affection envers ce sport et de nous faire valoir votre soulagement quant à la mise sous silence de ce « vacarme de supporters », mais libre à vous également de nous dispenser de votre mépris, surtout envers un monde que, manifestement, vous ne connaissez pas.

Source du post: Causeur

Maria Rodriguez
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