De la comédie au fantastique, découvrez notre sélection de films pour passer le temps pendant le confinement (6)

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De la comédie au fantastique, découvrez notre sélection de films pour passer le temps pendant le confinement (6)

Les cinémas fermés, les sorties restreintes, il est possible de trouver tous les films, ou presque, en VOD et DVD. Nous vous suggérons une sixième sélection d’oeuvres impérissables.

Coronavirus oblige, les sorties sont réduites, les cinémas fermés et les rayons DVD bouclés. Pour la famille et les cinéphiles, voici notre cinquième sélection triée sur le volet pour prendre le large. Chaque mercredi, retrouvez nos recommandations, tous genres confondus : familial, aventure, comédie, western, polar/thriller, fantastique/science-fiction, drame, guerre, et patrimoine. Pour voir notre première sélection cliquez ici, la deuxième, la troisième, la quatrième, la cinquième.

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Nombre de films de notre sélection sont disponibles sur LaCinétek, et tous sont accessibles en VOD sur les sites dédiés.

Si vous cherchez un film familial

Le conte de Madame Leprince de Beaumont La Belle et la Bête (1757) a connu bien des interprétations au cinéma, mais aucune ne surpasse celle de Jean Cocteau de 1946 avec Jean Marais et Josette Day. Des ajouts, tels que les bras et mains domestiques, si frappantes, proviennent du conte La Chatte blanche de Madame Marie-Catherine d’Aulnoy du XVIIe siècle. L’image noir et blanc signée Henri Alekan surpasse toutes les couleurs du monde, même dans les films les plus récents. Les décors et costumes de Christian Berard, alliés à lumière d’Alkan, sous la gouverne de Cocteau, créent une poésie visuelle qui a influencé Tim Burton pour son Edward aux mains d’argent (1991) ou Francis Ford Coppola dans son Dracula (1992).

Le formidable maquillage de Jean Marais transformé en Bête, né d’une collaboration entre Cocteau, Marais et le maquilleur Hagop Arakelian, reste un des plus beaux du cinéma, souvent copié, jamais égalé.

La dernière version éponyme du conte par Christophe Gans (Le Pacte des loups), interprétée par Vincent Cassel et Léa Seydoux, ne démérite pas en 2014, avec une mise en images somptueuse. Un XVIIIe siècle merveilleux, aux décors peaufinés et aux couleurs chatoyantes, habite le film en développant des aspects du conte absents chez Cocteau, comme la ruine du père (André Dussolier), la trahison des frères, les géants de pierre… Un beau film trop mésestimé.

Si vous voulez rire un bon coup

L’Américain Mel Brooks est un cas. La plupart de ses films relève de parodies : du western, avec Le Shérif est en prison (1974), des films d’épouvante des années 1930-40 dans Frankenstein Jr., des films d’Hitchcock dans Le grand Frisson (1977), de la science-fiction dans La folle Histoire de l’espace (1987)… C’est Les Producteurs qui ouvre le bal en 1968, où Mel Brooks créait son style unique en mettant en boîte les shows de Broadway.

Jouant beaucoup du burlesque, il privilégie le visuel aux dialogues, en jouant d’une lourdeur assumée, allant jusqu’à l’absurde. Il découvre du même coup son acteur fétiche, Gene Wilder. Brooks adapte son propre scénario, où deux producteurs de spectacles montent le show le plus improbable possible, une comédie musicale glorifiant Hitler, conçue par des Juifs. Le but est de créer un fiasco qui leur permettrait de toucher la prime d’assurance.

Mais la plus grande réussite de Brooks et Wilder demeure Frankenstein Jr., où ils détournent les adaptations de Frankenstein des années 1930-40, avec respect, poésie et surtout un sens de l’absurde irrésistible. Les décors, notamment le laboratoire dont des éléments proviennent des originaux, la photo expressionniste remarquable de Gerald Hirschfeld, les seconds rôles : Peter Boyle (le monstre), Teri Garr, Madeline Kahn, Gene Hackman, et la découverte de l’incroyable Marty Feldman, participent à une réussite totale acclamée par la critique et le public.

Si l’aventure vous en dit

Cléopâtre (1963,) de Joseph L. Mankiewicz, est à la fois un film historique, d’aventures, un drame passionnel et une tragédie. Epique, il l’est autant dans son spectacle exceptionnel que dans son tournage. En préproduction dès 1957, il sort seulement six ans plus tard en laissant une facture de 44 millions de dollars (340 millions de dollars équivalent 2016), un budget jamais égalé. Le spectacle est colossal, avec une des scènes les plus extraordinaires jamais réalisées, l’entrée de Cléopâtre à Rome devant César.

Elizabeth Taylor est sublime dans le rôle-titre, Rex Harrison en César vieillissant, impérial, Richard Burton en Marc Antoine, héroïque, puis pathétique. Le scénario et les dialogues de Mankiewicz relèvent d’une dramaturgie shakespearienne, la mise en scène est somptueuse, la musique d’Alex North exceptionnelle… Cléopâtre est le plus beaux péplum jamais réalisé. D’une durée de plus de quatre heures, son réalisateur avait conçu un film en deux parties de six heures au total, que l’on rêve de voir un jour.

Si vous êtes un peu àl’Ouest

Les Proies, réalisé par Don Siegel avec Clint Eastwood en 1971, est un grand film paradoxal. Western, il est dénué des grands espaces et chevauchés habituels : le film est un huis clos situé dans un pensionnat de jeunes filles. A la fin de la Guerre de Sécession (1861-65), un soldat nordiste mourant (Eastwood) est recueilli et soigné dans la petite communauté d’une institution féminine du Sud. Rétabli, il exerce son pouvoir de séduction sur la directrice, son assistante et leurs pensionnaires, afin d’assurer sa sécurité, alors que les troupes sudistes, acquises à ses protectrices, rôdent dans les parages. Mais son autosuffisance va créer des jalousies chez ses hôtes qui vont bouleverser ses plans.

Eastwood dégage une séduction virile fascinante dans ce drame sophistiqué, où le manipulateur devient le manipulé dans un crescendo minuté au cordeau. Le film de Siegel est bien supérieur au remake qu’en donna Sofia Coppola sorti en 2017, pourtant nanti du beau casting composé de Colin Farrell, Nicole Kidman et Kirsten Dunst.

Si vous voulez mener l’enquête

Le Grand sommeil (1946), de Howard Hawks, avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall, est un des films phares de l’âge d’or du film noir, inauguré avec Le Faucon maltais de John Huston en 1941. Adapté du roman éponyme de Raymond Chandler, un des fondateurs du genre avec Dashiell Hammett, il réunit tous les codes du genre. Philip Marlow (personnage récurrent de Hammett, joué par Bogart) est engagé par un riche général pour sortir sa fille Carmen d’un chantage. Il rencontre sa sœur Viviane (Lauren Bacall), liée à la pègre locale, dont il tombe amoureux. Intrigues et sous-intrigues s’imbriquent dans un ballet passionnel et meurtrier, dont l’intérêt s’efface au profit des personnages et les sentiments contradictoires qui les habitent.

Si l’action, les relances et le rythme perdurent pendant tout le film, la psychologie est dominante. C’est un peu le crédo du film noir, entretenir l’intérêt par l’action à l’écran, pour s’intéresser à ce qui motive les personnages. On a souvent dit que l’on ne comprenait rien au Faucon maltais ou au Grand Sommeil, mais s’ils sont devenus des films mythiques, c’est bien que l’intérêt est ailleurs.

Si vous voulez en faire un drame

David Cronenberg a créé une œuvre étrange et cohérente depuis ses premiers petits films d’horreur (Frissons, Scanners), jusqu’au succès public de La Mouche (1987), pour atteindre le statut d’ »auteur » avec Faux semblants en 1989. Il adapte un fait divers où deux jumeaux gynécologues s’échangeaient leurs conquêtes féminines à leur insu, jusqu’à ce que l’un tombe amoureux d’une de leurs patientes. Cette relation entraîne la déchéance de leur complicité fusionnelle pour atteindre un point de non-retour.

Cronenberg dirige Jeremy Irons dans le double rôle des frères Mantle, grâce à une technique sophistiquée d’effets spéciaux permettant de les voir dans le même plan. Geneviève Bujold est au cœur de leur tourment, dans ce film mélancolique qui bascule progressivement dans la tragédie. Faux semblants est caractéristique de la froideur clinique coutumière du cinéaste, sans pour autant négliger l’émotion. Il est en cela soutenu par la musique de son compositeur fétiche Howard Shore, dont la partition participe à la profonde tristesse du film.

Si vous voulez courir sous les bombes

En 1970, M. A. S. H. de Robert Altman remportait la Palme d’or à Cannes et créait le scandale. Le film était dans le viseur pour ses scènes d’hôpital de campagne durant la Guerre de Corée (1950-53), plutôt sanguinolentes. Deux chirurgiens renommés, portés sur l’alcool et le sexe, aux tendances antimilitaristes, sèment la panique dans le camp avec un sens de la dérision nihiliste, mais salvateur, pour tenir dans un conflit auquel personne ne comprend rien.

Sorti alors que la Guerre du Vietnam est au comble de la protestation aux Etats-Unis, M. A. S. H., situé au temps de la Guerre de Corée donc, est une métaphore revendiquée sur la Guerre du Vietnam. Les deux chirurgiens, interprétés par Donald Sutherland et Elliott Gould, géniaux, incarnent la vague protestataire aux Etats-Unis, avec un humour désabusé qui rencontre l’esprit de la contre-culture qui, à la fin des années 1960, s’est répandue dans toute la jeunesse, comme dans le magazine Mad. Hilarant et subversif, le film est à l’origine d’une célèbre série TV déclinée sur 11 saisons et 251 épisodes de 1972 à 1983.

Si vous voulez avoir peur

Petit focus sur le satanisme au cinéma. Les films sont nombreux, même en les détachant de la sorcellerie, qui constitue un sujet en soit. Rendez-vous avec la peur de Jacques Tourneur en 1957 est fondateur, sur la découverte d’une secte sataniste par un parapsychologue. Toujours dans la cour des films de série B, Les Vierges de Satan de Terrence Fisher de la célèbre Hammer Films, adapte en 1968 le roman de Dennis Wheatley, démonologue et occultiste émérite, avec Christopher Lee et Charles Gray. Le film est l’exact contemporain du célèbre et plus prestigieux Rosemary’s Baby de Roman Polanski, avec Mia Farrow et John Cassavetes, sur une jeune femme enceinte convaincue de porter l’Antéchrist : paranoïa ou machination ?

Mais c’est en 1973 que sort la montagne russe des films d’horreur, L’Exorciste de William Friedkin, qui provoque un vent de panique dans toutes les salles de cinéma du monde. Histoire d’une adolescente possédée par le diable (inspiré d’une histoire vraie), le film en a traumatisé plus d’un et a entraîné une vague de films satanistes invraisemblable.

Le plus important d’entre eux est La Malédiction de Richard Donner, avec Gregory Peck et Lee Remick, en 1976, où un diplomate américain destiné à la présidence, adopte sans le savoir le fils du diable. Succès énorme, le film aura deux suites, décevantes. En investissant les arcanes de la politique américaine, l’antéchrist du film fait écho au récent scandale du Watergate qui coûta sa présidence à Richard Nixon, destitué suite à ses investigations malignes contre ses adversaires politiques.

Un dernier ersatz satanique demeure l’excellent Angel Heart (1987) de Alan Parker, avec Robert De Niro et Mickey Rourke et Charlotte Rampling. Mené comme un film noir des années 1950, Angel Heart bénéficie d’une mise en scène brillante, avec une révélation finale inattendue et finement amené.

Si revisiter le patrimoine vous tente

Erich Von Stroheim fut une star du cinéma mondial, plus connu en France pour ses rôles mémorables dans La Grande illusion ou Les disparus de Sain-Agil que comme réalisateur. Surnommé « l’homme que vous aimerez haïr » dès 1916, l’acteur connût une carrière de réalisateur mémorable dans les années 1920 à Hollywood, avec deux très grands films, Folies de femmes en 1921 et Les Rapaces en 1924.

Folies de femmes ouvre la politique de production du studio Universal, inauguré en 1915 par Carl Laemmel, le plus ancien d’Hollywood. Plutôt mineur à ses débuts, malgré ses infrastructures qui en font le plus grand plateau au monde, Universal s’engage en 1921 dans une stratégie consistant à produire une fois par an un film d’envergure, véritables ancêtres de nos blockbusters actuels. Le premier est Folies de femmes, confié à Erich Von Stroheim, immigré allemand aux Etats-Unis en 1909, qui devient rapidement acteur, puis assistant réalisateur, notamment de D. W. Griffith sur Intolérance (1916). Folies de femmes reflète les thèmes majeurs du maître : l’argent, le sexe et l’infirmité. Situé à Monte-Carlo, le film reconstitue en studio la célèbre station balnéaire, avec son mythique Hôtel de Paris, son rocher, ses salles de jeux et palaces. Du jamais vu à l’époque.

Démesuré, le film est d’une longueur exceptionnelle de 6h44, réduite dans sa version actuelle à 2h24. Histoire d’une escroquerie menée par un trio de faux aristocrates immigrés russes, Folies de femmes dénonce les instincts pervers où s’entremêlent le vice et l’argent, avec un cynisme et une explicité picturale qui vaudront au cinéaste, au final, d’être évincé des studios américains. Folies de femmes demeure, avec Les Rapaces – sur un sujet assez proche mais projeté dans un milieu modeste – un pilier de l’histoire du cinéma.

https://www.youtube.com/watch?v=YlJj6a89ktA

Réfractaire à l’arrivée du parlant (1927) et choisissant la France comme pays d’accueil, Erich Von Stroheim ne réalisera plus après 1933, mais demeurera un immense acteur et l’écrivain d’un seul et unique roman, Paprika, l’histoire d’un amour impossible lors de la chute de l’empire des Habsbourg.

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Source officielle de cet article : francetvinfo.fr

Roberta Flores
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