Quatre travailleurs sur dix déclarent partir au travail la «boule au ventre»

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Covid-19 : les stratégies de déconfinement à suivre selon l'Inserm

Comment les salariés travaillent-ils pendant l’épidémie de Covid-19 et le confinement ? Celles et ceux qui sont en premières lignes sont-ils suffisamment protégés ? Quelles sont les conditions de travail de ceux qui télétravaillent ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles tente de répondre une enquête lancée il y a une semaine par deux syndicats de la CGT.

Intitulée «Le travail sous épidémie : une enquête nationale, pour le bien public», cette dernière menée par la fédération des ingénieurs, cadres et professions intermédiaires (Ugict) et les cégétistes de la Dares (organisme de statistiques rattaché au ministère du Travail) balaie de nombreux sujets : activité partielle, droit de retrait, mesures de protection, télétravail, risques psychosociaux, dialogue social… Elle vise à «établir des données quantitatives et qualitatives quant au respect du droit des travailleur·es par leur employeur», explique l’Ugict. Objectif, à terme : «Eclaircir le brouillard actuel sur les liens entre le travail et l’épidémie.» Et ainsi «pes[er] pour renforcer le poids des travailleurs et travailleuses dans les décisions publiques à venir».

En huit jours, 11 000 salariés ont répondu à leurs questions. Soit un peu moins d’un tiers de l’objectif visé par les concepteurs de ce questionnaire. Mais la matière déjà récoltée permet de dégager de premiers enseignements. Et «confirmer les craintes d’une détérioration considérable des conditions de travail, à la fois pour les salarié·es et agent·es de la fonction publique», note-t-on du côté de l’Ugict. Un constat qui vaut tant pour les travailleurs contraints de continuer à se rendre sur leur lieu de travail que pour ceux en télétravail, confinés chez eux.

Pour le syndicat, deux tendances se dessinent avec ces premiers résultats. Déjà fortement relayée par les syndicats, notamment dans le secteur de la grande distribution, ou encore de la logistique, comme chez Amazon, la peur de la contamination, liée notamment au manque de matériel de protection, est un sujet d’inquiétude important.

Peur de la contamination

Selon l’enquête, parmi celles et ceux qui continuent à se rendre sur leur lieu de travail, quatre répondants sur dix déclarent partir au travail la «boule au ventre» de crainte de contracter ou de transmettre le Covid-19. Or, un tiers de ces répondants toujours sur le pont dans les usines et les entreprises, estiment que leur activité professionnelle maintenue n’est «pas ou peu essentielle pour le pays» en cette période. Et pourrait donc être temporairement arrêtée comme le réclament plusieurs syndicats, dont la CGT. Un choix qui a d’ailleurs été celui de plusieurs pays voisins, tels que l’Italie ou l’Espagne, qui ont fait le choix de maintenir seulement leurs activités indispensables (même si les autres activités ont depuis repris en Espagne).

Autre tendance, l’enquête met aussi en évidence certaines contraintes liées télétravail et le renforcement des difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie privée, notamment pour les parents en télétravail. Selon les premiers résultats, ils sont plus de huit sur dix à être contraints de garder leurs enfants tout en travaillant. De quoi compliquer la tâche pour nombre d’entre eux.

Source du post: liberation.fr

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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