virus dans l’eau non potable mais « aucun risque à boire celle du robinet », assure la mairie

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des traces de virus dans l'eau non potable mais « aucun risque à boire celle du robinet », assure la mairie

Aucun risque à boire de l’eau du robinet. La mairie de Paris a souhaité ce lundi clarifier la situation, au lendemain de la suspension de l’usage du réseau non potable à Paris.

Dimanche, la municipalité avait annoncé la suspension de ce réseau, notamment utilisé pour nettoyer les rues ou arroser les jardins. En cause, la découverte de traces de Covid-19 dans ces eaux.

>Deux réseaux distincts

Malgré cette découverte, la mairie de Paris l’assure: « il n’y a aucun risque à boire l’eau du robinet ». D’abord, aucune trace de coronavirus n’a été détectée dans l’eau du robinet, ensuite le réseau d’eau non potable et le réseau d’eau potable sont totalement distincts et évoluent dans des canalisations séparées.

« On a bien deux réseaux strictement indépendants (…). Aujourd’hui, il n’y a pas de sujet sur l’eau potable, car l’eau potable fait l’objet de traitements très lourds », a martelé Célia Blauel, adjointe en charge de l’environnement, au cours d’une conférence de presse ce lundi.

Le réseau d’eau potable subit notamment des traitements par ultraviolet, mais aussi l’injection de chlore, ce qui n’est pas le cas du réseau d’eau non potable, simplement nettoyé des gros déchets, avant d’être utilisé pour le nettoyage des rues ou encore l’arrosage de certains espaces verts.

>Comment ces traces de Covid ont été détectées?

Les traces du virus ont été détectées par des chercheurs des laboratoires de la qualité des eaux d’Eau de Paris qui travaillent depuis une dizaine d’années sur les virus présents dans l’eau.

Microbiologistes et virologues ont mis en place une méthodologie au début de l’épidémie pour suivre ce virus dans les eaux. C’est cette analyse qui a permis de trouver des traces infimes du virus dans l’eau non potable de la ville.

« On a pu trouver et confirmer la faible trace de génome viral (…). On a trouvé 1000 petits bouts de génome de virus par litre d’eau non potable, ce qui est 3 à 5000 fois inférieur aux concentrations dans les eaux usées brutes », explique Laurent Moulin, microbiologiste et responsable Recherche et développement du laboratoire d’Eau de Paris.

Ces mesures ont été faites au-delà des suivis classiques. A tel point que « si nous n’avions pas regardé, nous n’aurions pas trouvé », résume Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo.

>Y a-t-il un risque?

La mairie de Paris a annoncé avoir saisi l’ARS (Agence Régionale de Santé) pour évaluer ce risque. En attendant, elle a suspendu l’utilisation de l’eau non potable, en particulier à cause de son utilisation avec des lances à haute pression. C’est sur « l’aérosolisation » de l’eau que la question pourrait se poser.

Les agents de la propreté qui ont eu recours à ces lances à eau ont été munis « de protections renforcées » depuis le début du confinement, assure la mairie de Paris: masques FFP2, gants, sous-gants ou encore lunettes de protection et visières.

Quant à savoir si boire de l’eau du réseau non potable pourrait transmettre le virus, les scientifiques sont dubitatifs.

« Le risque par rapport aux modalités de transmission de la maladie c’est essentiellement par voie respiratoire, en terme d’ingestion on n’a pas de cas rapporté. Si par mégarde on peut être amené à boire cette eau non potable, a priori on n’a pas de risque particulier », insiste Alban Robin, directeur R&D et qualité de l’eau à Eau de Paris, qui rappelle qu’il est de toute façon fortement déconseillé en temps normal de boire cette eau.

Les analyses vont par ailleurs se poursuivre dans les semaines à venir.

>Les rues nettoyées à l’eau potable

Depuis dimanche, le réseau d’eau non potable n’est plus utilisé pour nettoyer les rues. C’est désormais de l’eau potable qui va être utilisée pour le nettoyage, ce qui pose des problématiques techniques. D’ordinaire, les camions du service du nettoyage vont se remplir auprès de bornes spécifiques.

« Nous avons commencé à installé des kits de raccordement sur les bornes incendies pour remplir les engins et continuer à laver les rues », explique l’adjoint en charge de la propreté, Paul Simondon.

L’eau potable avait déjà été utilisée pour nettoyer les rues il y a deux ans, précise la mairie, après un incident dans une usine à Austerlitz qui avait privé un tiers de Paris de son réseau d’eau non potable pendant six mois.

Si la mairie de Paris n’a pas l’intention d’arrêter le nettoyage des rues, il pourra être adapté. En moyenne, 500 m3 d’eau par jour sont utilisés par les services de la propreté. « On va voir ce que permettent d’utiliser les branchements sur les bornes à incendie, ça dépendra des besoins. Il y a des besoins de salubrité dans des endroits où il faut absolument continuer à laver », conclut Paul Simondon.

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Marino Stozza
Marino Stozza
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