E3C : «Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir passé le bac»

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Après la chronique «Bulletin des secondes» l’an dernier, Libération suit désormais trois élèves en classe de première. Cobayes de la réforme du lycée à la sauce Jean-Michel Blanquer, ils nous racontent tous les mois – chacun à leur tour – cette réforme du lycée entre inquiétudes, bonnes et mauvaises surprises. Ce mois-ci, Maxence, 16 ans, élève au lycée Le Garros à Auch (Gers), raconte comment il a vécu les premières épreuves de contrôle continu.

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«J’ai passé les épreuves de contrôle continu (E3C) d’histoire-géo et de langues vivantes (espagnol LV1 et anglais LV2) en début de semaine dernière. Bizarrement, je n’étais pas si stressé que ça. L’ambiance était plutôt joviale, j’avais l’impression de passer un petit contrôle. C’était assez étrange de se retrouver dans ce contexte alors qu’on jouait (bien qu’un tout petit peu) notre avenir [les trois séries d’épreuves organisées en première et en terminale comptent pour 30% de la note du bac, ndlr]. Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir passé le bac. Au début, on craignait de ne pas avoir de profs pour nous surveiller, avec l’appel national à la mobilisation. Mais finalement, ils étaient bien là. Il n’y a pas eu de blocage, contrairement à d’autres lycées. Il doit y avoir une sorte d’acceptation de la réforme.

«J’ai trouvé que les épreuves étaient assez bien organisées par rapport à d’autres établissements. Mais ce n’était pas formidable. Dans la salle, on était en disposition examen, un élève par table, mais beaucoup ont triché puisqu’ils nous laissaient les trousses, les sacs, les téléphones, tout. Les profs ne nous regardaient pas trop et ne passaient pas dans les rangs. De ce point de vue non plus, ce n’était vraiment pas un examen. Le principal problème de ces épreuves est que mon sujet d’espagnol portait sur un point que l’on n’a pas étudié. J’étais très surpris. On a travaillé depuis le début de l’année sur l’axe « Fictions et réalité » dans lequel on a traité des mythes et réalités en Espagne, mais aussi des stéréotypes et des innovations. L’épreuve portait bien sur cette séquence mais sur le thème de la science-fiction, que l’on n’avait pas encore abordé. On avait donc aucun vocabulaire spécifique à ce thème-ci, aucune tournure de phrases, aucun exemple, rien. Faire une expression écrite sur ça, c’était compliqué.

«Dans un sens, ces épreuves nous aident»

«Contrairement à notre prof d’anglais, celle d’espagnol ne nous avait donné aucune indication sur le sujet, notre enseignant d’histoire-géo non plus. En anglais, notre prof nous a dit le grand axe dont était tiré le sujet, c’est bien, car sinon on avait beaucoup à réviser. Ça réduit le stress et la quantité de travail à fournir. Mais c’est vrai que ça fait un peu privilégié et je ne sais pas si c’est vraiment juste. Concernant l’organisation des épreuves, la journée n’était pas banalisée. Comme ce n’est qu’une petite épreuve, je comprends. Cela permet d’avoir plus d’heures de cours puisque les programmes sont immenses. Mais quand on sort d’épreuves, c’est difficile de travailler. On n’était pas du tout productif. Personnellement, j’étais épuisé, je n’avais qu’une envie : rentrer chez moi. Psychologiquement, on se met tout de même en mode examen, il est difficile de revenir au rythme habituel.

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«Pour mes révisions, j’ai commencé à m’y mettre quinze jours avant car on avait déjà énormément de devoirs pendant les vacances. J’avais aussi décidé de ne pas gâcher les fêtes de fin d’année avec les E3C. En revanche, le mois de janvier a été très intense, je n’ai pas fait grand-chose d’autre que travailler. Surtout, j’aurais aimé avoir un vrai entraînement comme un bac blanc. On ne savait pas comment ça allait se dérouler, comment on allait gérer le fait de devoir faire une composition et une étude de documents en histoire-géo en seulement deux heures.

«Mais dans un sens, ces épreuves nous aident. Si on avait eu un bac tout condensé à la fin sur toute l’année je ne sais pas comment on aurait fait, les programmes sont très denses, c’est difficile de tout se rentrer dans la tête. En fin de compte, je ne sais pas vraiment si ces nouvelles épreuves sont plutôt positives ou négatives pour nous, on est un peu perdus comme on vient de les passer, d’autant qu’on sait que les E3C ont été bloquées dans certains lycées. On ne sait pas ce que ça va donner, quand on aura les résultats… on ne sait pas grand-chose, en fait.»

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Marlène Thomas

Source du post: liberation.fr

Marino Stozza
Marino Stozza
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