Edouard Philippe : «Les épreuves du bac ne pourront pas se dérouler au mois de juin»

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Le corona bat Arnaud Montebourg à son propre jeu

«Le bac 2020 ne se déroulera pas dans des conditions normales», a annoncé jeudi soir le Premier ministre, Edouard Philippe. Ce qui est à peu près acquis, disons acquis définitivement, c’est que les épreuves du bac ne pourront pas se dérouler au mois de juin comme elles le sont chaque année, ni au mois de juillet» puisque des concours de l’enseignement supérieur, reportés, auront lieu au même moment. «Il va falloir organiser les épreuves sur un mode totalement neuf et original», a-t-il ajouté.

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Sagement confiné dans sa maison, on imagine l’historien Claude Lelièvre bondir de son fauteuil. «Ah ça, pour être inédit… ça l’est ! Jamais une chose pareille ne s’est produite», nous assurait-il quelques heures plus tôt. Jamais dans le passé, les épreuves du bac n’ont été annulées. Ni en temps de guerre, ni même lors des épisodes de mai 1968. La question s’était tout de même posée, mais le ministre de l’époque, Alain Peyrefitte, n’avait rien voulu entendre. Il avait remplacé les épreuves écrites par des oraux – ce qui restait tout de même un examen terminal.

Un bac sans épreuve du tout ?

Cette fois, le bac option coronavirus pourrait bien être délivré sans que les candidats ne passent aucune épreuve. En se basant uniquement sur le contrôle continu. L’option que semble privilégier Edouard Philippe, bien qu’il n’ait pas été très clair : «Si les cours peuvent reprendre dans de bonnes conditions au cours du mois de mai ou du mois de juin, ça pourrait être un contrôle continu complet.» Ce qui veut donc dire que les élèves se verraient attribuer – ou pas – leur diplôme du bac à partir uniquement des notes obtenues au cours des trois trimestres de terminale.

Il a émis une deuxième option, tout en indiquant qu’elle était compliquée à mettre en place. «J’ai demandé au ministre de l’Education d’étudier la possibilité de conjuguer à ce contrôle continu une épreuve organisée à la fin du mois de juin.» Avant d’ajouter, comme pour déjà l’écarter : «Je pense que c’est sur la piste du contrôle continu le plus complet qu’il va falloir se pencher».

Le recours au contrôle continu ne résout pas tout, et s’accompagne de beaucoup de questions, pas simples à résoudre. En vrac : sur quelles notes s’appuyer ? Les évaluations du premier et deuxième trimestre suffisent-elles alors même que les derniers mois ont été très agités dans de nombreux lycées notamment avec le mouvement autour de la réforme des retraites ? A moins qu’ils n’envisagent d’inclure des notes obtenues pendant le confinement ? Quelle valeur pourraient avoir des devoirs faits à la maison, quand on sait les inégalités de situation matérielle et familiale ? A l’inverse, comment espérer que les élèves continuent d’«apprendre à la maison», comme le martèle le ministre de l’Education, si on leur annonce demain que le bac est déjà plié ? Autre interrogation qui agite beaucoup les lycées pros : comment évaluer les élèves dans les disciplines pratiques ? Jean-Michel Blanquer doit tenir un point presse ce vendredi matin pour préciser les arbitrages et répondre aux interrogations. Nombreuses.

Source du post: liberation.fr

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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