El Chuncho de Damiano Damiani

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Critique de film 					:
					El Chuncho de Damiano Damiani

Également écrivain et acteur, Damiano Damiani débute sa carrière de réalisateur en pleine période néoréaliste du cinéma italien. Ses premiers films sont plutôt psychologiques et intimistes : Jeux précoces (1959), Les Femmes des autres (1962), L’Ennui et sa diversion, l’érotisme (1963)… À partir du milieu des années soixante, il se tourne vers le film de genre, plus grand public, en manifestant toutefois un goût certain pour la polémique. Il donne à ses films une conscience sociopolitique grâce au film qui nous intéresse ici mais également à des polars et films de mafia, La Mafia fait la loi (1967) avec Claudia Cardinale et Franco Nero ou le très réussi Confession d’un commissaire de police au procureur de la république (1971) également interprété par Franco Nero. Ses œuvres dans les années 70 dénoncent le système corrompu et lui permettent d’être classé parmi les grands réalisateurs du cinéma social et politique, à l’instar d’ Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, La Classe ouvrière va au paradis ou encore Sacco et Vanzetti, trois films interprétés par l’acteur principal d’El Chuncho : Gian Maria Volonté. Damiani met fin à sa carrière au cinéma au début des années 2000 tout en continuant à tourner de temps en temps pour la télévision, notamment dans la série de renommée internationale La Mafia avec Michele Placido. Ce solide artisan, aussi à l’aise avec des réalisations grand public à gros budgets qu’avec de petits films plus intimistes voire intellectuels, fit deux incursions dans le western italien. Tout d’abord au début du genre, en 1966, pour El Chuncho qui marqua avec succès les débuts du western politique –  également nommé « western Zapata » ou plus péjorativement « Zapata-Spaghetti » en référence au célèbre révolutionnaire mexicain. Puis en 1975, il s’égare avec Un génie, deux associés, une cloche interprété par Terence Hill, représentant un Ouest américain de pacotille et signant définitivement la fin d’un genre alors à bout de souffle.

Après les prolifiques et fastueuses années 50, le western américain s’essouffle au début des années 60, la faute au déclin des studios lié aux lois antitrust, à la télévision qui abreuvait le téléspectateur de séries médiocres mais aussi à la surabondance d’œuvres depuis plusieurs décennies. Le cinéma américain est alors en pleine mutation, de même que sa jeunesse, et le western classique est délaissé. Le cinéma italien du début des années 60, encore préservé de la télévision qui n’était pas encore entrée dans tous les foyers, en a fini avec sa période néoréaliste. Il est surtout marqué par le film de genre plutôt populaire telle la comédie italienne ou le péplum. Et déjà les prémisses du cinéma social et politique se font sentir. La société italienne est de plus en plus marquée par le communisme, le militantisme, mais également par la corruption politique et la Mafia. À cette époque, le genre péplum déjà hérité du cinéma américain s’estompe peu à peu et une génération de cinéastes de Cinecittà plus ou moins doués se tourne vers le western.

Cinéma - El Chuncho de Damiano Damiani

En 1964, Sergio Leone crée la surprise avec Pour une poignée de dollars qui pose les bases du genre : les protagonistes sont des antihéros, des misogynes, mal rasés, cyniques et individualistes. Ils sont cependant plus crédibles que les cow-boys « nice clean-cut » du cinéma américain. Les femmes y ont souvent des rôles secondaires de prostituées. À la différence des westerns traditionnels, la violence est omniprésente et exacerbée (tabassages, pendaisons, mutilations…). Le sang coule à flots et la cruauté est de mise. La dualité entre bons et méchants n’est plus aussi claire et évidente. L’humour est également très présent dans bon nombre de productions, pour le meilleur et souvent pour le pire. Les films étant tournés dans la province espagnole d’Almeria, désertique et particulièrement ensoleillée, l’action se situe bien souvent à la frontière mexicaine. Après le succès international de son premier western, Leone récidivera avec Et pour quelques dollars de plus (1965) puis Le Bon, la brute et le truand (1966) avant d’atteindre des sommets avec son œuvre maitresse Il était une fois dans l’Ouest (1968). D’autres solides artisans produisent des films qui regénèrent le genre : Sergio Corbucci avec Django (1966) ou Le Grand Silence (1968), Duccio Tessari avec Un pistolet pour Ringo (1965). Sergio Sollima élève le genre à un niveau plus social avec Colorado (1966), ou psychologique avec Le Dernier face-à-face (1967). En 1966, alors que le western américain ne délivre plus que quelques rares grands films tels El Dorado de Howard Hawks ou Alvarez Kelly d’Edward Dmytryk et que les Leone, Corbucci ou Tessari offrent aux spectateurs leurs visions de l’Ouest, Damiano Damiani, très marqué par le climat politique d’extrême gauche qui imprègne alors le cinéma italien, nous délivre son chef-d’œuvre du western politique et invente par la même occasion un nouveau sous-genre.

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L’action d’El Chuncho se situe au Mexique pendant la révolution, au début du siècle dernier. Cette révolution consista en une série longtemps ininterrompue de soulèvements armés, de coups d’État et de conflits militaires qui se produisirent entre 1910 et 1920 entre diverses factions. Des personnages historiques hauts en couleur de cette décennie mouvementée furent d’ailleurs portés à l’écran par le cinéma américain, comme dans Viva Zapata ! (1952) d’Elia Kazan ou Pancho Villa (1968) de Buzz Kulik. Damiani utilise dans El Chuncho le décor historique de cette révolution pour mieux faire transparaître à l’écran le militantisme et l’activisme d’extrême gauche qui secoue l’Italie de l’époque et aboutira aux mouvements sociaux de 1968, impliquant étudiants, ouvriers et une partie de la société civile. Il invente donc sans le savoir le « western Zapata » qui utilise les codes du western spaghetti (la violence outrancière…) tout en plaçant l’action au Mexique plutôt qu’aux États-Unis, mêlant au passage des connotations sociopolitiques mais également beaucoup d’humour. Ce nouveau sous-genre engendrera plusieurs autres belles réussites telle la trilogie révolutionnaire de Sergio Corbucci : Le Mercenaire (1968), Compañeros (1970) et Mais qu’est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ? (1972). Citons également Et Viva la Révolution ! (1971) de Duccio Tessari sans oublier Il était une fois la Révolution (1972), le chef-d’œuvre un peu mésestimé de Sergio Leone. La phrase suivante résume à elle seule le but originel du western Zapata : « Où quand la révolution mexicaine sert de prétexte aux réalisateurs de cinéma pour faire passer des idées marxistes. »

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L’interprétation du film est d’ailleurs fortement marquée politiquement par la présence à l’écran de Gian Maria Volonté et Lou Castel. Volonté revendiquait alors son adhésion au Parti communiste, et Lou Castel, alors jeune premier d’origine suédoise, acceptait à l’époque de nombreux rôles pour reverser une grande part de ses cachets à des organisations maoïstes qu’il soutenait. Il fut d’ailleurs expulsé d’Italie en 1972 pour cause d’activisme d’extrême gauche. Or il incarne dans El Chuncho l’opposé de ce que représentaient ses convictions puisque son personnage symbolise la cupidité et l’impérialisme américain. Quoi qu’il en soit, El Chuncho n’est pas un film qui idéalise la révolution mexicaine ou le combat social. Le film montre la révolution telle qu’elle était réellement : une lutte désordonnée et confuse de factions multiples aux idéaux aussi patriotiques que douteux. La fiction rejoignant la réalité, pour preuve des dissensions profondes de l’époque, l’acteur Lou castel n’adhérait pas alors au Parti Communiste italien qu’il considérait simplement de gauche et non d’extrême gauche, la différence idéologique n’étant pourtant pas si éloignée. Cela n’empêcha pas Volonté d’être solidaire lors de son expulsion, tout en précisant qu’il s’agissait d’une prise de position personnelle et non celle du Parti communiste.

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Le film témoigne également d’un grand réalisme dans la description d’un Mexique en proie à l’anarchie et à la misère. Le choix de l’utilisation de figurants issus de la population gitane rend très crédible la pauvreté du peuple mexicain ainsi que son analphabétisme. L’aridité des décors contribue au sentiment de dureté et d’indigence. Les deux personnages principaux interprétés par Volonté et Castel mettent également en évidence le cynisme de cette révolution avec d’un côté le mercenaire américain dont toutes les actions sont motivées uniquement par l’appât du gain et la cupidité, et de l’autre l’homme du peuple rustre, analphabète et trop inconscient d’être au cœur d’un projet révolutionnaire. Le film montre par moments une vision sombre et amère du combat social. N’oublions pas également que la guerre du Vietnam durait depuis déjà dix ans quand le film fut tourné. Il témoigne d’une aversion certaine pour l’impérialisme américain, symbolisé par Bill Tate et la balle en or utilisée pour abattre le général Hélias. Hélias n’est d’ailleurs qu’un sobriquet donné à Émiliano Zapata qui fut abattu suite à un complot très proche de celui dépeint dans le film, d’ailleurs historiquement fomenté par le futur et honni dictateur Venustiano Carranza, dont le nom apparaît à l’écran dès les premières secondes d’El Chuncho. Le film se veut donc également réaliste quant au contexte historique.

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Il convient toutefois de ne pas réduire El Chuncho à un film sociopolitique relatant des faits historiques. C’est également un formidable film d’aventures visuellement très réussi, qui utilise avec bonheur les codes du genre édictés par Leone : des paysages désertiques écrasés par le soleil, des personnages cyniques et sans scrupules avec des « gueules », une violence proche du nihilisme, un esthétisme immodéré et une musique rythmant l’action… Comme souvent dans le western latin, la religion est dépeinte dans l’irrespect le plus total, en témoigne le personnage du « Saint », certes capable d’actions louables envers les petites gens mais également de cruauté, y compris envers ses congénères ecclésiastiques. On retrouve tout au long du film les décors de la province espagnole d’Almeria utilisés régulièrement par Leone dans sa trilogie des dollars, de même que certains décors urbains et ruraux. Le style de mise en scène de Damiani, rythmé et d’une belle ampleur, révèle un véritable amour de l’image, un esthétisme haut de gamme qu’on retrouve dans les mouvements de caméra, le choix des décors, les couleurs ostentatoires, un montage efficace, le tout associé à une musique « morriconienne » au plus près de l’action. Parmi les partis pris esthétiques du réalisateur et inhérents au genre figurent en premières places les longs travellings lors des scènes de batailles filmées avec lyrisme et efficacité ainsi que les gros plans à la Leone sur les acteurs.

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Dans un film plein de bruit et de fureur, ces gros plans permettent à Damiani de faire ressentir au spectateur une diversité d’émotions. Ceux réalisés sur les « gueules » des Gitans transpirent la pauvreté et l’usure du soleil qui burine les visages. Ceux sur le visage de Klaus Kinski apportent une tension et une folie qui seront d’ailleurs une des marques de fabrique de l’acteur. La multitude de gros plans sur le visage de Volonté dévoile l’immensité de son talent faisant passer son personnage aux multiples facettes du cynisme à la compassion, de la violence à l’empathie, de la gravité au picaresque et ce, parfois, en l’espace de quelques secondes. Son personnage de bandit analphabète est donc plus ambigu qu’il n’y paraît : il est tout aussi rongé par l’amitié qui le lie à l’Américain que par ses convictions révolutionnaires et sociales enfouies au plus profond de lui-même. En attestent les scènes intimistes en intérieur avec « El Nino » où il fait preuve d’une véritable affection, mais également le dénouement du film où, totalement exalté, il abat ce dernier sans donner aucune explication valable, au nom sans doute d’une certaine morale et de ce qu’il affectionne plus que tout… les siens.

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Une autre particularité du film liée au personnage interprété par Gian Maria Volonté est l’humour. L’acteur, pourtant réputé sérieux voire austère, a volontairement exagéré le tempérament balourd de Chuncho afin de le rendre plus humain et d’insuffler au film une dose de comédie à l’italienne. On peut ainsi penser à Affreux, sales et méchants (1976) d’Ettore Scola ou l’humour côtoie le sordide. Chuncho apporte donc le côté picaresque et léger qui fait du film une œuvre grand public et susceptible de plaire au plus grand nombre. Il atténue la violence et la noirceur du propos, faisant parfois dériver le film jusqu’à la farce. Cet humour un tant soit peu grotesque en perturbera plus d’un, mais concourt à faire du film plus qu’une œuvre politisée : un grand divertissement spectaculaire.

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La musique de Luis Enríquez Bacalov, qui avait signé la même année celle de Django, contribue à la réussite du film : elle est tantôt folklorique et humoristique, tantôt grave et intimiste. Elle est sans nul doute inspirée des compositions alors contemporaines de Ennio Morricone, qui figure d’ailleurs au générique comme « superviseur musical ». Le film a par ailleurs bénéficié d’un gros budget : il y a du monde à l’écran, des décors naturels grandioses, les artificiers n’ont pas lésiné sur les explosifs et les cadavres se ramassent à la pelle. Le scénario de Franco Solinas est bien plus « populaire » que le sujet originel de Salvatore Laurani qui se voulait éminemment plus politisé. L’intention de ce dernier fut de réaliser lui-même le film. Mais le projet revint à Damiani, ce qui faillit provoquer le départ de Lou castel, qui après maintes hésitations accepta malgré tout de tourner sous l’égide du réalisateur. Il n’en reste pas moins que le scénario remanié par Solinas est passionnant, intelligent et bel et bien porteur de messages pour un spectateur avisé.

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Damiani, qui n’était donc pas initialement pressenti pour la réalisation, s’est imposé probablement par sa réputation à savoir capter les différentes sensibilités tout en conservant l’essence des scripts mis à sa disposition. C’est une de ses plus belles réussites et un film maîtrisé de bout en bout. C’est aussi une vraie œuvre de réalisateur, il n’a ici rien à envier à Leone. Tout comme dans les films du maître, l’intérêt visuel est évident. Certaines scènes de violences d’Il était une fois la Révolution sont d’ailleurs très proches de ce qu’on peut voir dans El Chuncho, de même que le duo Rod Steiger / James Coburn présente des similitudes avec celui formé par Volonté et Castel. Damiani aura en tout cas créé un nouveau sous-genre, inspirant au passage ses compères Corbucci et Tessari pour ne citer qu’eux.

L’interprétation est, quant à elle, plutôt leonienne. Gian Maria Volonté, véritable monstre sacré du cinéma italien, tourne avec El Chuncho son troisième et avant-dernier western. Les deux premiers étant Pour une poignée de dollars et Et pour quelques dollars de plus qui sont la genèse du genre par Leone. Le quatrième étant Le Dernier face-à-face de Sollima. Ses quatre westerns sont ce qu’il convient d’appeler la quintessence du genre. Le « Laurence Olivier italien » aura ainsi marqué le genre western avant de marquer le cinéma italien par une série de performances étincelantes, à l’apogée du cinéma politique. Il interprète ici avec brio un personnage haut en couleur aussi répugnant qu’humain… à l’image de ce que fut la révolution mexicaine.

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Klaus Kinski, qui a joué dans un nombre incalculable de films dont une pléthore de navets, fut l’un des acteurs phare du western italien, sauvant même certains films du naufrage par sa seule présence. Leone avait déjà utilisé avec bonheur sa face de gargouille dans Et pour quelques dollars de plus l’année précédente. Quant à Corbucci, il lui donnera en 1968 un rôle totalement halluciné « à la Aguirre » dans le très réussi Le Grand Silence. Il interprète ici le personnage du « Saint », le demi-frère de Chuncho, à la fois bandit et ecclésiastique faisant preuve d’une humanité douteuse. L’acteur, réputé pour être difficilement contrôlable, est ici parfaitement canalisé par Damiani. Il crève l’écran à chacune de ses apparitions par son charisme, son interprétation physique et la folie qu’il dégage. On perçoit déjà son talent qui explosera lors de sa future et tumultueuse collaboration avec Werner Herzog, aboutissant à ses films les plus connus tels Aguirre, la colère de Dieu (1972) ou encore Nosferatu, fantôme de la nuit (1979). Il retrouvera Damiani en 1975 pour Un génie, deux associés, une cloche, western assez peu glorieux au tournage particulièrement chaotique.

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Lou Castel trouve ici un de ses plus beaux rôles. Paradoxalement, la réussite de son interprétation tient à l’inexpressivité et la froideur monolithique de son personnage de tueur au visage juvénile. Hormis dans les dernières minutes du film où son personnage témoigne d’un peu de reconnaissance envers Chuncho, il est d’une inhumanité affligeante. Castel incarne ici le capitalisme et ses méfaits, et parvient à susciter une réelle aversion. Ce jeune acteur prometteur collaborera ensuite avec des cinéastes de renom comme Fassbinder, Chabrol, Wenders ou Haneke, mais ses illusions politiques l’empêcheront d’atteindre les mêmes sommets qu’un Volonté. Il a participé à quelques autres westerns italiens tels Tue et fais ta prière (1967) de Carlo Lizzani et surtout Matalo ! (1970) de Cesare Canevari, un des westerns latins les plus bizarres et hallucinatoires. Dans l’unique rôle féminin d’importance, on peut voir l’ex-James Bond girl britannique Martine Beswick de Bons baisers de Russie (1963) et Opération Tonnerre (1965) de Terence Young. Son rôle est l’archétype du personnage féminin du western italien : sans bonnes manières, sans scrupules et aux comportements plus masculins qu’efféminés. Enfin, citons également deux seconds rôles très leoniens : Aldo Sambrell, qui partagera la même année la tête d’affiche avec Burt Reynolds du Navajo Joe de Sergio Corbucci, et Spartaco Conversi.

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Le scénario de Franco Solinas est une belle réussite. Il fourmille de petits détails notamment historiques qui captent l’intérêt du spectateur. Il suscite des émotions variées et fait la place belle à l’action sans oublier l’essence même du message progressiste voulu par son acolyte Laurani. Il écrira par la suite les scripts de deux autres westerns assez similaires, Colorado de Sergio Sollima et El Mercenario de Sergio Corbucci, de même que ceux des deux œuvres anticolonialistes de Gillo Pontecorvo, La Bataille d’Alger (1966) et Queimada (1970). Fable politique et progressiste, western baroque et onirique, film d’aventures à grand spectacle, farce picaresque, œuvre psychologique a l’interprétation hallucinée… El Chuncho est tout cela à la fois. C’est pourquoi chacun pourra y trouver son compte, sans spécialement être sensible aux messages véhiculés. Le film est à recommander aux aficionados du genre mais aussi aux non-initiés. À sa sortie en salles, le public ne s’y trompa pas et fit de ce premier « western Zapata » un triomphe. Il confirma l’intérêt du public européen pour le cinéma engagé et le western, nouveaux filons du cinéma populaire italien. Sans modestie, disons-le franchement : El Chuncho est un sommet du western italien. À redécouvrir.

Source officielle de cet article : dvdclassik.com

Marino Stozza
Marino Stozza
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