Emmanuel Macron doit fixer « un cap » pour envisager de « faire redémarrer l’économie », réclame le Medef

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Emmanuel Macron doit fixer "un cap" pour envisager de "faire redémarrer l'économie", réclame le Medef

La question du temps de travail doit être posée, « c’est une évidence », réagit le président délégué du Medef.

Le président délégué du Medef Patrick Martin attend du président de la République Emmanuel Macron qu’il « fixe un cap » dans son allocution lundi 13 avril au soir, pour envisager de « faire redémarrer l’économie » après la pandémie de coronavirus et le confinement, déclare-t-il sur franceinfo. Patrick Martin défend aussi la proposition du président du Medef, car « c’est une évidence », la question du temps de travail devra être posée, les salariés voudront « sauver leur boîte et par voie de conséquence, [leur] propre peau ».

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franceinfo : Qu’attendez-vous de l’allocution d’Emmanuel Macron ?

Patrick Martin : C’est qu’il fixe un cap, ce qui n’est pas évident entre l’impératif absolu de sécurité sanitaire, mais également la nécessité de faire redémarrer l’économie, dans un pays qui connaît la plus forte récession parmi les pays développés, avec des menaces terribles sur la survie des entreprises et des emplois.

Les patrons n’ont pas de leçon d’humanité à recevoir.Patrick Martin, président délégué du Medef à franceinfo

D’abord parce qu’à titre personnel, dans leur entourage ou individuellement, ils peuvent être touchés par cette foutue épidémie. Ensuite, parce que les entreprises se sont formidablement mobilisées pour donner des masses aux hôpitaux, pour reconvertir les outils de production. Il faut avoir en tête que c’est un fait unique, quasiment dans l’histoire, la crise ne vient pas de l’économie, donc les entreprises, leurs salariés, leurs actionnaires ne doivent pas être la variable d’ajustement de cette crise.

Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, estime qu’il faut dès maintenant poser la question du temps de travail, des jours fériés, des congés payés pour accompagner la reprise. Est-ce vraiment le bon moment ? N’est-ce pas incongru ?

Ce qu’a dit Geoffroy Roux de Bézieux, c’est une évidence. Beaucoup de pays sont en train de se réarmer. Surtout, ce qu’il faut avoir en tête, c’est que les dispositifs de soutien, de report de charges, de prêts PGE, tout ça, ça ne fait que reporter des échéances. Un prêt, ça se rembourse, jusqu’à preuve du contraire. Or, nos entreprises actuellement connaissent un effondrement de leur chiffre d’affaires. Certains secteurs sont carrément à zéro en activité et, par voie de conséquence, un effondrement de leur rentabilité, donc dans l’intérêt général, il faut qu’on se réarme, il faut qu’on prépare le redémarrage. Je le redis toujours dans le strict respect de la sécurité sanitaire. Ça se fera au cas par cas et de toute façon, c’est le cas depuis le début de cette crise, c’est dans un dialogue permanent avec les organisations syndicales. Donc, n’allons pas chercher de mauvaises querelles au moment où il faut au contraire que le pays se serre les coudes. Il faut penser à l’avenir. Il y a des millions d’emplois qui sont en cause. Il y a des entrepreneurs qui sont le dos au mur qui, croyez-moi, sont totalement angoissés. Ce n’est pas incongru de poser le débat de cette manière. Ça se fera de toute façon en concertation avec les syndicats.

La CFDT trouve cette proposition indigne. Que répondez-vous ?

La CFDT n’a pas la même attitude « en off ». Quand on est dans la vraie vie, je dirais qu’il y a un certain nombre d’accords qui ont été signés avec des discussions, des négociations exigeantes, chacun étant dans son rôle, mais dans l’immense majorité des cas, on aboutit à des accords de reprise du travail. Donc, il y a deux discours qui, finalement, dans l’ambiance actuelle très fébrile, n’apportent pas grand chose de sa part. La priorité absolue, c’est la sécurité sanitaire. Maintenant, on a la démonstration qu’en mettant en place des bonnes pratiques, en disposant des bons outils et notamment des masques, on peut reprendre en réorganisant le travail, la production. Les salariés sont parfaitement conscients que les entreprises souffrent terriblement. Les entreprises ne sont pas des abstractions. Ce ne sont pas seulement des actionnaires qui seraient à l’abri du Covid-19. L’entreprise, c’est une collectivité dont les salariés, ce bon sens fera que dans le respect des normes sanitaires, un certain nombre d’entre eux, je pense l’immense majorité, voudra sauver leur boîte et par voie de conséquence, sa propre peau en tant que salarié.

Source: Franceinfo

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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