En Pologne, une fausse e-boutique contre les violences faites aux femmes

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En Pologne, une fausse e-boutique contre les violences faites aux femmes

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Une lycéenne de Varsovie vient de créer une page Facebook, une boutique en ligne de vente de produits cosmétiques. Elle permet en réalité aux femmes de signaler des violences en toute discrétion, alors qu’elles sont cloîtrées chez elles à cause du confinement.

Avec notre correspondant à Varsovie, Thomas Giraudeau

La page ressemble à n’importe quel site de produits de beauté. Les crèmes et lotions sont présentées comme dans des publicités traditionnelles. Mais ici, la cliente communique par messages codés. Si elle veut des cosmétiques naturels, c’est qu’elle a besoin d’aide. Si elle veut les recevoir tout de suite, chez elle, en donnant son adresse, l’information est transmise à la police locale qui intervient.

Depuis le début du confinement il y a un mois en Pologne, les violences conjugales sont en forte hausse.Les associations de défense des femmes reçoivent deux fois plus d’appels. Pour les victimes, il est souvent difficile de demander de l’aide alors qu’elles sont cloîtrées chez elles avec leur bourreau. Avec cette page, elles peuvent désormais y parvenir sans attirer son attention.

«Plus de 50 messages»

L’idée a germé dans la tête de Krysia Paszko, une lycéenne de Varsovie.«Quand je l’ai créée, il y a une semaine à peine, c’était seulement destinée à mes amis, leur dire que si elles se sentent seules, elles peuvent m’appeler n’importe quand, raconte-t-elle.Je pensais recevoir unou deuxmessages, mais mon initiative est devenue très populaire. Elle a été partagée. On a déjà reçu plus de 50 messages.»

Dépassée par le nombre d’appels à l’aide, l’adolescente s’est rapprochée du Centre des droits des femmes. Les psychologues de l’association ont pris le relais, et discutent avec les victimes.«Cette fausse boutique ressemble à une vraie, elle ne créepas de suspicion chez un conjoint violent. Le fait que beaucoup de femmes écrivent sur cette page Facebook montre qu’elles s’y sentent en sécurité. Elles demandent de l’aide, nous racontent leurs souffrances, et parfois nous incitent à appeler la police», explique Joanna Gzyra-Iskandar, membre du Centre.

Une semaine seulement après la création de la page, plusieurs interventions des forces de l’ordre ont conduit à l’isolement du conjoint violent.

Source du post: RFI

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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