entre l’hôpital et la maison, ces soignants tentent de protéger leurs proches du virus

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entre l'hôpital et la maison, ces soignants tentent de protéger leurs proches du virus

Les soignants sont en première ligne, face à cette épidémie de coronavirus. Depuis un mois et le début du confinement, ils doivent gérer le travail d’un côté, la vie personnelle de l’autre, avec l’omniprésence de la maladie.

La blouse blanche leur colle à la peau, à ces deux infirmières. Ghislaine vit dans la Loire, Sarah*, dans l’Hérault. Alors difficile, surtout en cette période de confinement, de mettre de la distance entre l’hôpital et la maison. Sarah a donc mis en place un petit rituel. « Je me douche avant de partir du travail », explique-t-elle. « C’est symbolique, comme pour laisser sur place déjà quelque chose, avant de mettre ma tenue civile et rentrer chez moi, parce que je savais qu’après je n’allais pas pouvoir me dire ‘tiens je vais me faire un petit ciné’ pour décompresser. »

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Pas de cinéma, pas de cours de danse, comme Sarah en a l’habitude. Simplement la maison, avec ce virus toujours en tête. « On se documente, sur ce qu’est ce virus, comment il évolue, quel traitement possible, pour comprendre », affirme-t-elle. « Même si on ne veut pas y penser, même si on essaye de se changer les idées, en regardant des vidéos d’humoristes pour continuer à rire ou en faisant un apéro en ligne avec les collègues, le virus est toujours au-dessus de nos têtes. »

Chez Ghislaine dans la Loire, c’est un peu pareil. Même pendant les jours de repos, le coronavirus occupe ses pensées : « Depuis qu’il y a le virus, je suis complètement désorganisée, je n’arrive pas à me concentrer sur une idée. Je vais commencer quelque chose, puis je vais faire autre chose… Je n’arrive pas à dormir non plus. Je n’arrive pas à sortir de ça. »

C’est toujours penser à ceux qui sont là-bas, ceux qui sont malades.Ghislaine, infirmièreà franceinfo

Pour ces deux infirmières, il y a une peur commune, celle de transmettre le virus à leurs proches. Ghislaine ne va donc plus voir sa mère âgée, malade et qui pourtant vit seule, « et elle ne comprend pas »« Elle me dit ‘nous on est à la campagne, ça ne craint rien’, je lui dis ‘mais non, essaye de comprendre, je te protège’… Elle s’est mise à pleurer », raconte l’infirmière. « Je lui dis ‘si je ne viens pas te voir, c’est parce que je t’aime, tu comprends ? Je suis au plus près de la maladie, donc je ne peux pas me permettre de te mettre en danger’. »

Pour l’instant, Ghislaine n’a pas eu le moindre symptôme. Sarah non plus d’ailleurs, mais l’infirmière montpelliéraine a pris une décision radicale. Elle a décidé de ne plus dormir avec son compagnon. « Il faut que je fasse le maximum pour le protéger, alors quand j’ai commencé à travailler en secteur Covid-19, on a fait chambre à part, parce que je ne veux rien ramener à la maison », affirme-t-elle.

Les mesures barrières, si vous voulez, comme j’ai conscience du risque, je me les suis imposées à la maison aussi.Sarah, infirmièreà franceinfo

Cédric lui est infirmier libéral à Antibes dans les Alpes Maritimes. Il a envoyé sa candidature pour venir en renforts aux soignants dans les régions les plus touchées. L’Agence régionale de santé (ARS) l’a envoyé à Longjumeau en Île-de-France. Cédric a donc quitté sa femme et ses deux ados, direction l’Essonne pour deux semaines. Il travaille de nuit, et ses quelques heures de repos, il les passe dans un hôtel, confiné, entre « la télé, la douche et le repas ». « Forcément, je ne suis pas venu en Île-de-France pour être confiné dans un hôtel, je suis vraiment venu pour les aider. Soignant, c’est une vocation, c’est vraiment quelque chose qu’on a dans ses tripes », raconte-t-il.

Je pense que quand on est parti pour faire ça, on ne pense pas à souffler, on pense à venir pour que les autres soufflent, réellement.Cédric, infirmier libéralà franceinfo

Pour Cédric, être loin de sa famille commence à lui peser : « On a envie d’être avec ses enfants, on a envie de serrer sa femme dans ses bras, savoir qu’elle va bien. » 

Des sacrifices au travail, des sacrifices à la maison, mais ces infirmiers ne s’en plaignent pas. Ils espèrent simplement qu’après la crise, on se souviendra de leur dévouement.

* Le prénom a été modifié

Deux infirmières témoignent de leur vie en temps de covid-19, au micro de Boris Loumagne

Source : Franceinfo

Roberta Flores
Roberta Flores
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