Est-il vrai que les pharmaciens ont l’interdiction de vendre des masques de protection ?

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Question posée par Pierre le 14/04/2020

Bonjour,

Votre question fait référence à un coup de gueule passé par le pharmacien Bruno Fellous et la médecin Martine Perez, le 13 avril sur CNews dans l’émission de Jean-Marc Morandini. Les deux professionnels de santé critiquent le fait qu’en France, «on n’a pas le droit de vendre des masques» alors que les pharmaciens pourraient s’approvisionner grâce à leurs propres réseaux et que leurs clients leur réclament ces outils de protection obligatoires dans d’autres pays.

C’est vrai : en France, les pharmaciens ne peuvent pas vendre de masques de protection. Comme l’explique le ministère de la Santé sur son site : «Afin de préserver les ressources en masques de protection dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, le Premier ministre a réquisitionné par décret du 3 mars l’ensemble des stocks et productions de masques sur le territoire national.» D’autres décrets ont précisé les modèles de masques respiratoires et antiprojections visés et indiquent que cette mainmise «est applicable, jusqu’au 31 mai 2020, à l’ensemble du territoire de la République».

Interdiction de vendre des masques chirurgicaux ou FFP2

En pratique, comme l’explique l’Ordre des Pharmaciens sur son site, les pharmacies sont approvisionnées en masques chirurgicaux et FFP2 issus du stock d’État. Mais ces masques sont délivrés uniquement et gratuitement aux professionnels de santé, qui en obtiennent un nombre hebdomadaire correspondant à leur profession. Un médecin en obtient ainsi 18 par semaine, contre 6 pour une sage-femme ou un kinésithérapeute. Les pharmaciens sont tenus de remplir un document permettant de suivre la traçabilité des masques délivrés, dans lequel ils notent les informations personnelles des personnes approvisionnées.

En ce qui concerne les clients lambda, l’ordre des pharmaciens confirme dans un courrier adressé au ministre de la Santé, lundi, que «les pharmacies d’officine ne distribuent pas de masques chirurgicaux ou FFP2 au public» et alerte sur le fait que cette restriction génère «une incompréhension majeure, et souvent de l’agressivité, ce qui nécessite de la part des pharmaciens beaucoup de patience, d’explications et de temps». L’ordre des pharmaciens précise également dans son «question-réponse», que les patients ne peuvent pas obtenir de masque même s’ils bénéficient d’une prescription médicale, notant que : «La direction générale de la santé a donné des consignes claires de ne pas honorer les prescriptions médicales de masques qui sont réservés aux professionnels. À ce jour, si un médecin juge nécessaire que le patient porte un masque, il doit lui en donner un issu de son propre stock.»

Les pharmaciens veulent vendre des masques en tissu

Contraints de ne délivrer les masques chirurgicaux et FFP2 uniquement qu’aux professionnels de santé, les pharmaciens ont exprimé leur souhait dans un communiqué de presse du 6 avril, de pouvoir vendre des masques alternatifs, en tissu et à usage non sanitaire, à la population. Ne figurant pas dans la liste des marchandises autorisées en pharmacie, «ces masques ne peuvent pas être vendus en officine, à l’heure actuelle», écrit l’ordre des pharmaciens. Mais l’organisme professionnel a trouvé un type de masque qui peut être commercialisé : il s’agit des masques FFP1, c’est-à-dire les «masques coquilles, vendus habituellement dans les magasins de bricolage». L’ordre des pharmaciens considère qu’ils peuvent être vendus car il s’agit d’équipements de protection individuelle respiratoire, qui figurent sur la liste des marchandises dont les pharmaciens peuvent faire le commerce dans leur officine. Il précise que «ces masques n’ont pas de finalité médicale et n’ont pas vocation à être utilisés dans ce cadre».

Malgré la réquisition de l’ensemble des masques par le gouvernement, des cas de pharmaciens qui ont continué de vendre ces protections ont été évoqués par la presse. Dans un article du 23 mars, le Parisien raconte que des pharmaciens à Lyon et à Annecy risquent six mois d’emprisonnement et 10 000 euros d’amende pour avoir violé le décret gouvernemental.

Cordialement

Ecoutez le podcast hebdo des coulisses de CheckNews. Cette semaine : Guerre des masques : l’Etat se sert-il dans les commandes des régions ?


Jacques Pezet

Source du post: liberation.fr

Maria Rodriguez
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