Coronavirus: l’état du monde face à la pandémie

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Coronavirus: l’état du monde face à la pandémie mardi 21 avril

Plus de 2,5 millions de cas de Covid-19 ont été officiellement déclarés dans le monde dont 80% en Europe. Les gouvernements du vieux continent réfléchissent aux bonnes mesures à suivre pour limiter le nombre de nouveaux cas durant le déconfinement progressif. Plus à l’ouest, sur le continent américain, la situation s’aggrave.

L’épidémie de Covid-19 a tué 20796 personnes en France depuis début mars, dont 531 décès enregistrés depuis lundi, mais la pression sur les hôpitaux continue progressivement de s’alléger, a annoncé mardi le directeur général de la Santé. Au total, 12900 personnes sont décédées à l’hôpital, soit 387 de plus depuis lundi, et 7896 dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux (+144), a déclaré Jérôme Salomon lors de son point presse quotidien. Mais le nombre de personnes hospitalisées et en réanimation poursuit sa lente décrue.

Le gouvernement veut rester prudent et continue de s’interroger sur les bonnes règles du déconfinement qui devrait débuter le 11 mai. Le ministres doivent remettre mercredi à Matignon une première mouture de leurs plans. Ils seront ensuite assemblés par le coordinateur Jean Castex à la tête d’une équipe d’une dizaine de personne comprenant deux anciens directeurs généraux de la Santé, des préfets et hauts-fonctionnaires mais aussi une chercheuse en sciences comportementales. Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a évoqué mardi un retour à l’école étalé sur trois semaines, par niveaux de classe avec des groupes ne dépassant jamais les 15 élèves.

Le 11 mai seuls 6% de la population aura été infectée par le coronavirus selon l’Institut Pasteur, un niveau trop insuffisant pour éviter une deuxième vague.

Danemark : pas de gros événements jusqu’à septembre

Au Danemark, aucun rassemblement de plus de 500 personnes ne sera autorisé avant le 1er septembre. Cette mesure a pour but d’éviter une «super contamination», a expliqué ce mardi la cheffe du gouvernement Mette Frederiksen. Comme beaucoup de ses voisins le pays lève progressivement les restrictions liées à la lutte contre le coronavirus. Actuellement les rassemblements de plus de 10 personnes sont également interdits jusqu’au 10 mai. Les écoles et petites entreprises telles que les salons de coiffure et de tatouage ont déjà rouverts. Les collèges, lycées, restaurants et bars devraient rouvrir le 11 mai.

En Allemagne, le port du masque obligatoire

L’Allemagne entame elle aussi un déconfinement progressif. A partir de la semaine prochaine le port du masque deviendra obligatoire dans les transports en commun à Berlin comme dans 10 Etats allemands sur 16. Dans certains cas cette obligation vaut également dans les commerces.

Avec plus de 143000 cas officiellement recensés pour environ 4600 décès, la pandémie est «sous contrôle et gérable» en Allemagne selon le ministre de la Santé Jens Spahn.

Grèce : une ville accueillant des migrants mise en quarantaine

Cent cinquante migrants ont été testés positifs au coronavirus dans un hôtel du sud de la Grèce. L’édifice accueille au total 470 réfugiés et a été placé en isolement le 16 avril dernier. Un premier test positif mené sur une femme enceinte avait lancé l’alerte. Les autorités grecques ont mis en quarantaine la ville de Kranidi située à 5 kilomètres de l’hôtel. Toutes les personnes ayant été en contact avec des demandeurs d’asile devraient être testées, a affirmé le maire de la ville. Le ministère de l’Immigration a décidé de prolonger jusqu’au 10 mai le confinement imposé à tous les camps en Grèce.

La Grèce, sous confinement strict depuis le 12 mars, fait état à ce stade de 2245 contaminations au coronavirus et 116 morts dans l’ensemble du pays. Le gouvernement a annoncé ce mardi travailler sur un plan de déconfinement progressif qui prévoit notamment la reprise des services judiciaires à partir du 27 avril.

Pour un « accès équitable » aux futurs vaccins

Les 193 membres de l’Assemblée générale de l’ONU ont adopté par consensus une résolution réclamant un «accès équitable» aux «futurs vaccins» contre le Covid-19. Pour ce faire, il faut « renforcer la coopération scientifique internationale afin de combattre le Covid 19 et d’intensifier la coordination», précise le texte initié par Mexico. Il revient maintenant au secrétaire général des Nations unies de s’assurer que les moyens engagés permettent de «garantir un accès et une distribution justes, transparents, équitables, efficaces, aux outils de prévention, aux tests de laboratoire, aux médicaments et futurs vaccins Covid-19».

Derrière le coronavirus, la menace de famine

Le nombre de personnes au bord de la famine risque de doubler en 2020 à cause du Covid-19 ce qui engendrerait une catastrophe humanitaire mondiale. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a dévoilé ses projections mardi. Ce nombre a déjà augmenté de 113 à 135 millions entre 2018 et 2019 mais il pourrait explosé en 2020 en passant à 265 millions de personnes menacés par la famine, un chiffre influencé par les conflits et les problèmes climatiques mais surtout par l’impact économique de la pandémie.

Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le patron du PAM a rappelé que chaque jour déjà «environ 21000 personnes meurent dans le monde de causes liées à la faim».

Trump veut suspendre l’immigration

Pour protéger les emplois des Américains face à «l’ennemi invisible», le président Donald Trump a annoncé son intention de «suspendre temporairement» l’immigration aux Etats-Unis. Un décret présidentiel pourrait ainsi stopper la délivrance de visas de travail et de cartes de résident permanent (Green Card). 22 millions d’Américains ont perdu leur travail en raison du confinement imposé pour faire face au Covid-19. Le pays est le plus touché par l’épidémie qui a causé la mort de plus de 42000 personnes.

Le Mexique en phase 3

Au Mexique l’augmentation de plus en plus rapide du nombre de cas a poussé le gouvernement a déclaré le pays en phase 3 face à l’épidémie de coronavirus. Les autorités craignent une saturation du système hospitalier. Pour l’heure le pays compte officiellement près de 9000 cas et 712 morts. Le pic du nombre de nouveaux cas quotidiens est attendu autour du 10 mai. Toute activité non-essentielle a donc été suspendue jusqu’au 30 mai. Les autorités ont exhorté les Mexicains à rester chez eux même si le confinement n’est pour l’instant pas obligatoire.

Iran : libération provisoire de 1000 détenus étrangers

La justice iranienne a annoncé ce mardi la libération provisoire de plus de 1000 détenus étrangers. La semaine dernière un panel d’experts des droits humains des Nations unies avaient appelé l’Iran à élargir sa liste de détenus bénéficiant d’une permission de sortie aux «prisonniers de conscience et aux binationaux et étrangers.» La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah serait cependant toujours détenue. La République islamique ne reconnaît pas la double nationalité. Depuis mars 100000 prisonniers ont bénéficié d’une libération temporaire au moins jusqu’au 20 mai.

Taiwan : les excuses du ministre de la Défense

Le ministre taiwanais de la Défense a présenté ses excuses après la découverte de cas de coronavirus dans la marine nationale. Il a affirmé être prêt à quitter ses fonctions si on le lui demandait. 27 marins ont été contaminés à bord d’un navire de la marine de retour de mission dans l’archipel des Palaos en Micronésie. Tous les passagers ont été placés en quarantaine mais des recherches sont actuellement en cours pour identifier les milliers de personnes qu’ils auraient pu contaminer. Taiwan était jusqu’à présent relativement préservé par l’épidémie du coronavirus.


Un stand mobile pour dépister le Covid-19 en Israël

Israël a entamé dimanche le déconfinement. L’activité économique reprend prudemment : selon le ministère de la Santé, de vendredi à dimanche, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 dans le pays était désormais inférieur au nombre de personnes qui guérissaient. Le pays a mis en place une politique de dépistage assez large pour les personnes présentant des symptômes du coronavirus, que ce soit dans les hôpitaux, des stations « drive-in » (accessibles en voiture) ou désormais avec des cabines mobiles.

Reportage à Tel Aviv de notre correspondant, Guilhem Delteil

Dans sa cabine, Michael Attal est séparé des personnes venant se faire tester par une paroi vitrée. Ainsi protégé, nul besoin d’équipement spécifique pour ce kinésithérapeute de la mutuelle Maccabi. Un microphone lui permet de s’adresser aux patients et à travers deux hublots, il peut placer les bras dans d’imposants gants en caoutchouc afin de réaliser le test. Pour le responsable de cette station de dépistage, cette cabine mobile représente une avancée : «Elle est surtout très efficace car elle nous permet de réaliser des tests beaucoup plus efficacement qu’avant. Cela nous prenait environ 8 minutes avec tout l’équipement blanc qu’on connaît. Là, les personnes sont invitées à venir et au rythme de toutes les 4 ou 5 minutes, on peut faire un test.»

Entre chaque patient, l’extérieur de la cabine peut être facilement désinfecté. Cette technologie répond ainsi aux critères d’hygiène essentiels et à un besoin du système de santé juge le docteur Kuhn, l’un des concepteurs de ce projet: «Le dépistage dans les hôpitaux n’est fait que pour les cas critiques et les patients en état grave. Qu’en est-il du reste de la population qui a le virus ? Ceux qui ont des symptômes moins graves mais dont on doit savoir s’ils sont malades ou non pour pouvoir les isoler ?»

Actuellement, cette cabine est un prototype mais d’autres sont en cours de construction et seront installées dans les prochains jours en Israël. Certains pays ont aussi manifesté leur intérêt pour cette technologie.

Source de cette publication : RFI

Maria Rodriguez
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