Face au Covid-19, chaque PME doit construire son kit de survie

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La Biélorussie, une menace démocratique et sanitaire pour l’Europe

Une chronique de Charles Markowicz, comptable-fiscaliste, médiateur agréé Costmasters.

Toutes les PME ne survivront pas à la violence du Covid-19. Pour le faire, elles doivent se doter d’un plan de survie à brève échéance et de mesures de récupération à moyen terme.

Les études se succèdent pour nous prédire un cataclysme économique dû au Covid-19. La société d’analyses financières Graydon affirme que 25% des entreprises belges ne surviraient pas à deux mois sans chiffre d’affaires et qu’un autre quart ne seraient pas assurées de surmonter cette épreuve. Pour BECI, la Chambre de Commerce de Bruxelles, la moitié des entreprises perdent déjà la moitié de leurs revenus. Les professionnels des chiffres le constatent aussi parmi leurs clients.

Au niveau macro-économique, un lockdown jusqu’à fin avril ferait perdre 1 à 2% de PIB et le chômage augmenterait de 2 à 4%. Ces chiffres doubleraient en cas de prolongation du confinement à fin juin. Ils imposent aux entreprises de réagir en tentant de limiter la casse pour ensuite rebondir avant le retour à la normale.

Tous les secteurs ne seront pas égaux devant l’impact et les pertes. Un graphe de cercles concentriques illustre leur situation. Les plus touchés actuellement, à l’épicentre des conséquences, sont le tourisme, la culture, l’Horeca et le transport. Peux eux le chiffre d’affaires perdu l’est probablement définitivement.

Formant un deuxième cercle, d’autres secteurs seront moins impactés car leur chiffre d’affaires sera partiellement perdu et partiellement reporté. On y trouve l’aviation, les constructeurs automobiles, l’industrie en général, les centres commerciaux. Peut-être aussi les coiffeurs et certains commerçants.

Viennent ensuite les activités de services tellement diverses qu’il faut les distinguer selon leurs clientèles : plus celles-ci sont visées par les restrictions plus les prestataires de services le seront par ricochet. Puis encore les sociétés immobilières qui subiront un choc à court terme (par l’abandon ou le report de loyers) mais devraient être moins pénalisées à long terme. Le dernier cercle regroupera les secteurs qui auront bénéficié de la crise de manière ponctuelle ou durable.

Toutes les entreprises ne seront pas égales devant la reprise. Le tourisme et l’horeca dépendront de la possibilité de voyager et du retour du pouvoir d’achat des citoyens. Il faudra aussi compter avec d’éventuels changements de comportements, que certains appellent de leurs vœux, modifieraient le tissu économique pour le meilleur ou le pire.

A partir de ces perspectives, chaque entreprise voulant se relever devrait adopter un plan d’attaque en deux volets : un plan de survie à court terme et un plan de redéploiement à moyen terme.

Le plan ou kit de survie aborde d’abord le bien-être du dirigeant. Cela paraît égoïste, mais avant le décollage d’un avion, les hôtesses vous rappellent toujours qu’en cas de dépressurisation, vous devriez mettre votre propre masque avant d’aider vos proches. Vient ensuite le moment d’écouter les collaborateurs (leurs préoccupations et craintes, difficultés personnelles ou financières) avant de les motiver à la reprise pour de futurs succès.

Il inclut aussi prioritairement les aspects financiers : combien de temps l’épargne disponible permet-elle de tenir ? Est-il opportun de vendre une partie de son patrimoine ? Quels sont les frais fixes et variables de la société, en quoi le train de vie peut-il être maintenu ou doit-il être comprimé ? Toutes les charges et tout le compte d’exploitation doivent être passés en revue à 2, 6 et 12 mois. Les plans personnel et professionnel étant souvent connectés pour les entrepreneurs, les deux doivent être scannés.

C’est aussi le moment de contacter les partenaires extérieurs que sont les fournisseurs et les clients importants : partager les préoccupations de ses clients sans intention de leur vendre quoi que ce soit, simplement pour renforcer la relation et viser le long terme. De même avec ses fournisseurs et envisager, pourquoi pas, des conditions d’achats ou de paiements temporaires. Une réduction ou un report de paiement de son loyer est parfaitement envisageable. Les banques vous accorderont peut-être des facilités de paiements plus ou moins volontairement. Certains confrères et les associations professionnelles sont d’autres partenaires à considérer en ces temps inédits.

Le plan de redéploiement à moyen terme devrait quant à lui s’appuyer sur l’analyse des forces et faiblesses du secteur et de l’entreprise. Nombre de sociétés vivent au jour le jour, sans prévisions, sans suivi régulier et sans jamais se remettre en question. L’après Covid-19 sera l’occasion de repartir sur d’autres bases, peut-être de manière plus moderne (marketing, distribution, télétravail) et d’adopter de nouvelles valeurs.

Toutes les PME ne survivront pas à cette pandémie. L’arrêt quasi-total de nos activités et le chamboulement de notre gestion du temps apporte l’opportunité de prévoir le rebond. En éloignant son nez du guidon comme disent certains, en travaillant plus « sur » et moins « dans » l’entreprise selon une autre expression. Avec une analyse des revenus et des frais, l’appui de nos proches, de nos collaborateurs internes ou externes et de nos partenaires privilégiés.

Source de cet article : Lalibre.be

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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