fonctionnement, utilité, fiabilité… Cinq questions sur les tests sérologiques, dont l’efficacité est en cours d’évaluation

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fonctionnement, utilité, fiabilité... Cinq questions sur les tests sérologiques, dont l'efficacité est en cours d'évaluation

De nombreux laboratoires proposent de réaliser facilement des tests sérologiques, qui permettent dedétecter la présence d’anticorps contre le coronavirus. Toutefois, leurefficacité n’a pas encore été clairement démontrée, alertentles autorités sanitaires.

Ils sont l’un des outils pour assurer la réussite du déconfinement. En recherchant des anticorps, les tests sérologiques doivent permettre d’identifier si une personne a été en contact avec le coronavirus. Mais, pour l’heure, en France, les autorités veulent limiter leur utilisation. Ces tests sanguins ne doivent donc pas être confondus avec les tests PCR, qui eux s’effectuent par prélèvement naso-pharyngé. Les tests PCR sont des dépistages virologiques qui permettent d’établir un diagnostic et donc de savoir si un individu est porteur du coronavirus au moment où il est testé.

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Lafiabilité des tests sérologiques n’est pas encore démontrée et desincertitudes demeurent sur l’immunité développée par les patients, met en garde la Haute Autorité de santé (HAS) dans un avis publié lundi 18 mai. Pourtant, avec ou sans ordonnance, de nombreux laboratoires proposent d’ores et déjà de réaliser ces dépistages, à des tarifs variables. Franceinfo répond à cinq questions sur ces tests sérologiques.

1A quoi servent les tests sérologiques ?

Les tests sérologiques visent à rechercher des traces du virus dans l’organisme. Ils permettent de répondre à une question simple : « Ai-je été en contact avec le virus ? »Lorsqu’il est attaqué par un agent pathogène, le corps produit des immunoglobulines pour se défendre. Certaines d’entre elles ont un caractère neutralisant : elles empêchent l’interaction qui permet au virus d’infecter les cellules. Ces anticorps permettent, au final, d’éliminer le virus, de guérir et, en règle générale, de développer une immunité.

Les tests sérologiques cherchent à détecter ces anticorps. Ils permettent donc de savoir si une personne est malade ou a été malade, « pour compléter ou confirmer le diagnostic », a détaillé Dominique Le Guludec, présidente de la Haute Autorité de santé, lors d’une conférence de presse en ligne, le 2mai.

2Comment fonctionnent-ils ?

Plusieurs types de tests sérologiques existent. Le test automatisable dit « Elisa » (acronyme anglais de enzyme-linked immunosorbent assay) consiste en une prise de sang réalisée en laboratoire. Le sang est ensuite centrifugé et le biologiste s’intéresse au sérum, là où les anticorps sont présents. Les résultats peuvent être communiqués dans la journée.

Il existe aussi des dépistages sérologiques unitaires, comme les tests d’orientation rapide de diagnostic (TROD), réalisés par un médecin ou un pharmacien, ou encore les autotests, réalisés par le patient lui-même. Dans les deux cas, ces tests visent à déposer une goutte de sang prélevée au bout du doigt sur une bandelette qui change de couleur, selon le résultat. En France, l’entreprise NG Biotech a élaboré un test rapide sur bandelette, capable de produire un résultat en quinze minutes, avance son directeur du développement auprès de Ouest-France.

3Comment faire un test sérologique ?

Bien que ces tests soient toujours en cours d’évaluation, plusieurs laboratoires proposent d’ores et déjà de les réaliser, avec ou sans prescription médicale. Selon les laboratoires, la prise d’un rendez-vous n’est pas non plus obligatoire. Les biologistes font d’ailleurs face à une demande croissante. Entre 50 et 100 tests sont ainsi pratiqués chaque jour dans un laboratoire de Besançon (Doubs), rapporte par exemple France 3 Bourgogne-Franche-Comté. « En deux jours, on a dû faire face à 150demandes », rapporte de son côté un responsable de laboratoire de la capitale au Parisien(article payant).

En cas de suspicion de contamination par le coronavirus, inutile de se ruer dans un laboratoire pour effectuer un test sérologique. Contrairement au dépistage virologique, ces tests ne peuvent pas être réalisés dans les premiers jours qui suivent l’infection, car il faut attendre que l’organisme produise des anticorps. La HASévoque la possibilité d’effectuer une sérologie entre le 7e et le 14e jour après l’apparition des symptômes.

Quant au prix de ces tests, il n’est pas plafonné. Résultat : ils peuvent être facturés entre 20 et 50 euros, selon les laboratoires. Les tests sérologiques ne sont pas encore inscrits à la nomenclature de la Sécurité sociale, et ne sont donc pas encore remboursés. Pour l’heure, seuls les tests diagnostics PCR sont pris en charge à 100% par l’Assurance-maladie.

4Est-ce qu’ils sont fiables ?

Les tests sérologiques peuvent déjà être commercialisés grâce à un marquage « CE » apposé par le fabricant. Il signifie simplement que celui-ci déclare respecter la législation de l’Union européenne. Au 15 avril, plus de 100 types de tests avaient obtenu cetampon »CE », indique la Commission européenne dans un rapport (PDF). Mais ce marquage n’est pas un gage d’efficacité.

La fiabilité des tests sérologiques repose sur deux principaux critères. Leur spécificité d’un part, c’est-à-dire leur capacité à n’afficher un résultat positif que pour la maladie recherchée, et éviter ainsi les faux positifs. Leur sensibilité d’autre part, c’est-à-dire la probabilité que le test soit positif si la maladie est présente, et donc sa capacité à éviter les faux négatifs.

En France, l’Institut Pasteur (centre national de référence pour les virus des infections respiratoires) a été mandaté pour y voir plus clair parmi la profusion de tests proposés par l’industrie pharmaceutique. Pour l’instant, aucune liste de tests sérologiques validés n’a été communiquée.

En attendant les résultats sur leur fiabilité, « les tests sérologiques ne sont pas recommandés pour le dépistage », indique le site du gouvernement. La proportion de faux négatifs pourrait grimper jusqu’à 40% selon les tests, a estimé le ministre de la Santé, Olivier Véran, lors d’une conférence de presse, le 19 avril.

Vous avez presque une chance sur deux de ne pas être détecté, quand bien même vous faites ce test sérologique.Olivier Véran, ministre de la SantéLors d’une conférence de presse, le 19 avril

La Haute Autorité de santé se montre elle aussi prudente dans leur utilisation, mais les recommande toutefois dans quelques cas précis, notamment pour les enquêtes épidémiologiques, les diagnostics de rattrapage et la prévention de la circulation du virus dans les structures d’hébergement collectif, indique-t-elle dans un rapport, publié le 2 mai, portant sur les tests sérologiques Elisa (PDF). Dans ces situations, les tests devront être réalisés avec une ordonnance, préconise la HAS. Dans un nouvel avis publié lundi, l’autorité ajoute que les tests TROD pourront également être utilisés dans ce cadre.

Quant aux autotests, elle juge que leur recours apparaît pour l’heure « prématuré », étant donné le « peu de données scientifiques » sur leur fiabilité et les difficultés dans la lecture et l’interprétation du résultat pour le patient.

5Peuvent-ils garantir l’immunité face au virus ?

Non. « Les tests sérologiques ne permettent pas de statuer sur une potentielle immunité protectrice, ni a fortiori sur sa durée », alerte la HAS. « Après un test sérologique, je peux dire s’il y a une présence d’anticorps, mais je ne peux pas noter dans mes conclusions que la personne n’est plus contagieuse ou immunisée », explique quant à lui François Blanchecotte, président du Syndicat national des biologistes, au Parisien.

« Aujourd’hui, aucun test sérologique n’est capable de vous délivrer le passeport immunitaire dont tout le monde rêve pour le déconfinement », indiquait début mai, Dominique Le Guludec, présidente de la Haute Autorité de santé. L’immunité contractée après avoir été infecté par le coronavirus reste encore à ce jour supposée. De plus, les tests sérologiques ne permettent pas de dire si patient ayant contracté le Covid-19 est toujours contagieux ou non.

Source : France Info

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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