Histoire(s) de télévision

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Même si on la regarde sans doute encore plus en ce moment, il y a longtemps déjà que la petite boîte, enfin disons plutôt l’écran plat, inspire les musiciens. La preuve avec ces cinq groupes dont la télévision a inspiré le nom.

1) Television Personalities

Les Britanniques sont réputés pour leur humour, Dan Treacy ne fait pas exception. Il faut une bonne dose d’auto-ironie pour se faire appeler Television Personalities depuis quarante ans quand son groupe n’a jamais eu suffisamment de succès pour qu’une télévision ne s’intéresse réellement à lui. Accompagné par une flopée de collaborateurs allant et venant au gré des albums, Dan Treacy et sa voix rauque sont les seuls maîtres à bord de cette formation née du punk et influencée par les mods des années 60, auteur de nombreux disques toujours un peu brinquebalants et incertains mais attachants. Groupe culte par excellence, n’intéressant qu’une poignée de journalistes et de passionnés, Television Personalities a connu une interruption de carrière quand Dan Treacy, lourdement dépendant à l’héroïne, fut incarcéré de 1998 à 2004 pour vol à l’étalage. Revenu aux affaires en 2006, le groupe est néanmoins handicapé depuis par la santé dégradée de son chanteur à la suite d’une opération du cerveau.

2) Psychic TV

Probablement la télévision la plus cintrée de cette sélection. Formé en 1981 par Genesis P-Orridge et Peter «Sleazy» Christopherson sur les cendres de Throbbing Gristle, Psychic TV n’a jamais cessé d’osciller entre pop songs gentilles en apparence inoffensives et expérimentations dérangeantes, avec un goût prononcé pour les aventures multimédias. Au gré des mutations, des collaborations et d’une discographie labyrinthique marquée par des dizaines d’enregistrements live, Psychic TV fut également un des piliers de l’acid house anglais au milieu des années 90. Inquiétant et difficile à aborder, comme toute la pléthorique production du regretté Genesis P-Orridge, décédé en mars, la discographie de Psychic TV comporte néanmoins quelques albums essentiels comme Dreams Less Sweet en 1983.

3) Head on Television

Feu Patrick Le Lay, ancien boss historique de TF1, restera éternellement l’homme capable de mesurer le fameux «temps de cerveau disponible» dévolu chez le communi hominum à la pratique du petit écran. Avec son pseudo, ce duo parisien a beau entrer tête la première dans la télé, il consacre depuis 2014 la majeure partie de ses activités, non pas au zapping à outrance, mais à la production d’une musique électronique gentiment pop, comme de l’EDM dopé à la stévia. Relativement tubesque. Enfin, surtout pour ceux qui aiment tartiner leur craquotte d’une large couche de Nutella. Dans ce cas, le sautillant Out of Body Experiences garantit l’absence dans les prochaines heures de troubles hypoglycémiques. Au moins jusqu’à la pause déjeuner, avec naturellement Jean-Pierre Pernaud en fond sonore.

4) Television

Television, c’est l’histoire d’un groupe de post-punk new-yorkais essentiel de la fin des années 70, qui va devenir une influence majeure pour des générations d’artistes, mais aussi d’une amitié d’enfance, cabossée, entre les géniaux Tom Verlaine et Richard Hell. Dans leur Delaware natal, les deux se rêvent poètes et rejoignent le bouillon créatif de New York. En 1972, ils montent le groupe Neon Boys avec le batteur Billy Ficca, puis deviennent Television et embauchent un second guitariste, Richard Lloyd. Malgré des débuts prometteurs, la tension est à son comble entre Verlaine, appliqué à l’extrême, et Hell, toujours sur le fil du rasoir, le premier reprochant même au second de trop sauter sur scène. Hell finit par quitter le groupe pour fonder The Heartbreakers, devenant l’un des premiers punks et la principale source d’inspiration des Sex Pistols. Television, de son côté, publiera en 1977 le chef-d’œuvre Marquee Moon, suivi d’une suite un an plus tard, Adventure, avant de se séparer en juillet 1978.

5) TV on the Radio

Alors qu’en 2020 il n’est plus rare, ni surprenant que la radio soit filmée, en 2004 les Américains TV on the Radio proposaient eux de couper l’image et de ne conserver que le son. Et quel son ! Mené par le chanteur Tunde Adebimpe, le guitariste Kyp Malone et le producteur David Sitek avant de devenir un quintette, TV on the Radio a prospéré à la croisée des mondes : ni totalement arty, ni tout à fait accessible. Basé a Brooklyn, comme toute la scène des années 2000, mais fidèle à l’effervescence créative de la mégapole new-yorkaise, TV on the Radio signe dès son premier album, Desperate Youth, Blood Thirsty Babes, une musique hybride, un feu d’artifice composé de jazz, de rock, de boucles électroniques, de soul et de punk, où les Bad Brains et Prince ferraillent avec Trent Reznor et David Bowie (entre autres). Perfectionniste mais productif, le groupe, marqué par le décès en 2011 de son bassiste Gerard Smith, a publié cinq albums en une décennie, avant d’entrer en hibernation prolongée en 2014.


Alexis Bartier

Source du post: liberation.fr

Marino Stozza
Marino Stozza
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