Huit semaines de confinement, une ardoise à 120 milliards d’euros

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Le corona bat Arnaud Montebourg à son propre jeu

Etude après étude, tous les chiffres confirment la violence du choc de l’épidémie de coronavirus et de l’impact du confinement sur l’activité. Dans sa nouvelle livraison rendue publique ce lundi, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) estime qu’en retenant la date du 11 mai pour la sortie de confinement, cela se traduira par120milliards d’euros de perdus pour l’activité, soit deux milliards par jour. «Pendant la période de confinement, le produit intérieur brut (PIB) est réduit de32%», correspondant à cinq points de PIB sur l’ensemble de l’année 2020, précise l’OFCE.

Elle estime qu’en la concentrant sur l’activité des seules entreprises, cette réduction de l’activité atteint 42%, soit 42 milliards d’euros. Au total, «près de 60% de la baisse de revenu national est absorbée par les administrations publiques»à travers la hausse du déficit, mais «35% est au compte des entreprises, ce qui pose la question du rebond après l’épisode de confinement». Dans cette optique, l’OFCE suggère un plan de relance «bien ciblé» afin de minimiser la casse et le coût social d’une crise qui risque de dégénérer en une «spirale récessive» sans fin.

55 milliards d’épargne forcée
L’ampleur de la reprise dépendra notamment beaucoup de celle de la consommation, ce qui amène l’OFCE à se pencher sur la question de l’épargne. Car, avec le confinement et la focalisation des ménages sur une consommation réduite aux besoins essentiels (alimentation, énergie,etc.), les Français ont potentiellement accumulé55milliards d’euros d’épargne forcée qu’ils pourront soit partiellement consommer avec la reprise de l’activité, soit mettre de côté en vue de jours difficiles. Selon le modèle de l’OFCE, si l’intégralité de cette épargne venait à être consommée, le déficit public ne s’aggraverait que de20milliards d’euros (au lieu de65milliards), soit 0,9 point de PIB. La perte annuelle d’activité serait alors ramenée à2% de PIB au lieu de5%.

Le gouvernement prévoit pour sa part un recul de l’activité de 8% sur 2020 et 9% de déficit public. Des projections qui tiennent compte d’ajustements de coûts déjà plusieurs fois revus à la hausse depuis le début du confinement, sans compter ceux, à venir, des plans de relance en préparation.

Face à ces incertitudes, l’OFCE retient l’hypothèse que «l’épargne accumulée pourrait ne pas être consommée complètement et rapidement» et ce d’autant qu’en parallèle, les ménages devraient voir leurs revenus se réduire de9milliards d’euros pendant le confinement. Dont2milliards pour les seuls indépendants qui, en l’absence de mécanisme de chômage partiel, ne peuvent compter que sur une indemnisation mensuelle de1500euros. D’où sa crainte de voir une spirale récessive auto-entretenue se mettre en place avec une hausse des faillites provoquée par des «impacts sectoriels massifs», comme dans la restauration ou le secteur de l’événementiel (foires et salons,etc.) aboutissant à une hausse du chômage entraînant à son tour de nouvelles baisses de la consommation et de baisse de l’activité,etc.

Investissement en chute libre

Facteur aggravant, les entreprises pourraient au total réduire leurs budgets d’investissement de moitié, estime l’OFCE, de manière à compenser des pertes d’activité qu’elles mettront des années à rattraper. Autrement dit et très schématiquement, si l’effort budgétaire apporté par la puissance publique permet d’absorber environ les deux tiers du choc actuel, il reste encore un tiers qui ne l’est pas. Un manque à financer d’une quarantaine de milliards d’euros qui donne une petite idée de l’ampleur du plan de relance nécessaire pour amortir au maximum le choc actuel.


Christophe Alix

Source du post: liberation.fr

Maria Rodriguez
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