Intelligence artificielle : Nous voulons une réglementation intelligente

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La Commission européenne a présenté une vision d’avenir sur l’intelligence artificielle. Une vision qui reconnaît, à juste titre, que l’Europe doit prendre davantage de mesures pour se positionner sur la carte mondiale de l’IA, mais il existe un risque réel que nos entreprises soient à nouveau submergées de réglementations. De nouvelles règles RGPD ne sont pas nécessaires. C’est ce que souligne Agoria après que l’Europe ait présenté une stratégie pour faire avancer l’Europe dans l’ère de la digitalisation.

Une chronique signée Jelle Hoedemaekers (Expert ICT), Danny Goderis (Digital Manager) et Bart Steukers (director context), Agoria

Un Livre blanc sur l’intelligence artificielle et une stratégie sur les données non personnelles, entre autres, sont d’ores et déjà prêts.

La vision se fonde sur un plan d’action sur l’Intelligence Artificielle prévoyant un investissement supplémentaire de vingt milliards d’euros, réparti sur dix ans, ce dont Agoria ne peut que se féliciter. Mais Agoria s’inquiète des conséquences de nouvelles réglementations éventuelles pour les entreprises belges. Le règlement général sur la protection des données est encore frais dans les mémoires ; il fut et reste encore un sujet complexe pour les PME. Agoria ne veut pas de nouvelles règles de type RGPD. Nous craignons, surtout parmi les PME, que cette nouvelle législation n’entraîne des coûts et des charges administratives disproportionnés. En Belgique, on observe que tant les grandes que les petites entreprises saisissent les opportunités liées à l’IA. Nous devons donc éviter un sabotage précoce d’une industrie européenne de l’IA en plein essor, ce qui serait le résultat involontaire des bonnes intentions de la Commission européenne.

Une étude réalisée par Agoria montre que seulement dix pour cent des PME industrielles belges expérimentent l’intelligence artificielle ou de nouveaux modèles d’affaires basés sur le numérique. Nous devons donc avant tout les encourager et les soutenir, avec les avertissements qui s’imposent bien sûr. Quoi qu’il en soit, le potentiel est très important. Si l’on observe le nombre d’investissements dans des scale-ups ManuTech en Europe, on voit que les investissements dans l’IA connaissent une croissance marquée, avec trois fois plus d’investissements, par exemple, que dans la blockchain ou « l’internet of things », toujours selon les chiffres d’Agoria.

La Commission européenne a déjà clairement fait savoir qu’elle ne souhaitait pas réglementer toutes les applications d’IA. L’Europe reconnaît qu’à des systèmes d’IA différents, sont liés des risques différents. Par exemple, le risque de discrimination associé à une application IA pour surveiller une machine est beaucoup plus faible que le risque associé à une application IA utilisée dans un processus de recrutement. Le Livre blanc de la Commission européenne souligne que l’Europe est numéro un dans le domaine des applications d’IA pour l’industrie manufacturière. Agoria préconise vivement que les applications d’IA dans un contexte commercial B2B soient réglementées le moins possible car les risques mentionnés ici sont clairement plus faibles que pour les applications humaines. Mais même dans ce domaine, l’IA peut avoir un impact positif. Peut-être un algorithme intelligent peut-il aider un gestionnaire dans son recrutement et lui apporter plus d’objectivité et moins de préjugés que l' »intelligence humaine ».

Le Livre blanc contient de nombreuses propositions concernant la nécessité de transparence et de contrôle humain des systèmes d’IA. Pour Agoria, il est logique que certaines questions soient traitées pour les systèmes à haut risque, par exemple dans le secteur de la santé. Mais ici, nous devons nous efforcer de trouver un équilibre sain entre transparence et pragmatisme dans la mise en œuvre. Qui, aujourd’hui, a une connaissance complète de la logique des algorithmes de Waze, Netflix et bien d’autres applications qui facilitent notre vie quotidienne ? Waze nous propose l’itinéraire le plus facile, Netflix notre film préféré. C’est le résultat qui compte.

Enfin, Agoria plaide pour que la législation existante, comme le RGPD, les règlements sur les dispositifs médicaux et les directives européennes sur la sécurité des produits et des machines, soit utilisée comme point de départ. Il est donc particulièrement important d’écouter les parties prenantes et les entreprises qui participent à l’évolution de la législation. Agoria souhaite répondre à l’appel de la Commission qui demande un feed-back sur son Livre blanc. Nous voulons voir émerger les nombreuses possibilités qu’offre l’IA, et éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Source de cet article : Lalibre.be

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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