Jeudi polar : trois femmes et un tueur

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Notre-Dame : le chantier encore en sommeil

Elles se nomment Orna, Emilia et Ella : une, deux, trois femmes qui vont croiser à Tel-Aviv le chemin de Guil, un homme à l’allure banale, mains un peu molles, davantage branché sur le Coca zéro que sur l’alcool, une libido pas vraiment déchaînée, deux filles lycéennes et un métier d’avocat qui le pousse à voyager dans les pays de l’Est, notamment à Varsovie et Bucarest.

Orna est enseignante et mère d’un enfant fragile de neuf ans. Elle garde une rancune tenace contre son ex-mari qui l’a abandonnée pour une Allemande qui a déjà quatre enfants et se retrouve enceinte de lui, ils habitent à Katmandou où ils tiennent une auberge et Orna sent que le père s’éloigne de son fils, ce qui la pousse à redoubler d’attentions pour l’enfant. Elle a rencontré Guil sur un site de rencontres pour divorcés et elle a aimé son parfum chocolaté. L’homme ne la fait pas grimper aux rideaux mais elle a tant besoin d’être aimée qu’elle se laisse embarquer dans cette histoire sans vraiment s’en rendre compte.

Emilia est une jeune réfugiée lettone parlant à peine l’hébreu. Elle travaille comme auxiliaire de vie et s’est attachée au vieillard dont elle a la charge. Sauf que celui-ci meurt et qu’elle se retrouve sans ressources. Alors elle contacte le fils de son ancien employeur, qui n’est autre que Guil. Elle aussi a besoin d’attentions, il va être l’homme de la situation.

Ella, elle, est mariée et heureuse en ménage mais elle a besoin de s’isoler pour écrire sa thèse et se rend chaque matin dans un café pour écrire. Un jour, elle croise le regard d’un homme qui lui sourit. Guil, bien sûr. A ce stade de la lecture, on sait déjà ce qui est arrivé à Orna et Emilia, on frémit donc pour Ella.

Spécialiste de l’histoire du roman policier, Dror Mishani a une façon bien à lui de créer le suspense, tout en douceur. On aime son écriture fluide qui nous entraine dans des quartiers de Tel-Aviv moins connus que le bord de mer et dans le quotidien de femmes que la société israélienne maltraite ou rejette. Brillamment construite, son intrigue monte en puissance au fil des chapitres jusqu’à nous prendre à la gorge au moment où l’on s’y attend le moins.

Une, deux, trois par Dror Mishani, traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz, Série Noire (Gallimard), 329 pp, 19 euros.


Alexandra Schwartzbrod

Source du post: liberation.fr

Marino Stozza
Marino Stozza
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